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    Arletty, actrice française de son vrai nom Léonie Bathiat (1898-1992)

    Arletty, actrice française de son vrai nom Léonie Bathiat (1898-1992)

    Prod DB

    La publication, dans un livre événement, des lettres de l'actrice à son amant allemand, sous l'Occupation, braque les feux sur une passion interdite. Son plus mauvais rôle fut sa plus grande histoire d'amour. Récit.

    Finalement, de toute cette histoire, on ne connaît qu'une célèbre formule, attribuée à la gouaille provocante d'Arletty : "Mon coeur est français, mais mon cul est international !" Une "réplique" - peut-être apocryphe, d'ailleurs... - qui semble résumer à elle seule le parfum de soufre planant, depuis soixante ans, sur la relation que la comédienne entretint avec un bel officier allemand sous l'Occupation. L'inconscient collectif imaginait de troubles réceptions sur fond de croix gammées et une rumeur tenace prétendait même qu'Arletty avait été tondue à la Libération... 

    La réalité fut assez différente.

     

    L'Express peut aujourd'hui éclairer d'un jour nouveau la plus sulfureuse liaison de l'Occupation, en révélant en avant-première le contenu de la correspondance inédite de la "môme de Courbevoie" avec son officier de la Luftwaffe.

     

     

    Publiée la semaine prochaine par les éditions Textuel, elle nous fait découvrir une fiévreuse passion amoureuse qui - surprise ! - a continué bien après la guerre. 

     
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    Un mot, d'abord, sur le parcours tortueux de ces lettres :

     

    restituées à Arletty, non sans élégance, par la propre épouse de l'amant allemand au début des années 1960, elles ont mystérieusement atterri, après la mort de la comédienne, chez un marchand d'autographes de Genève, où une célèbre collectionneuse suisse, Anne-Marie Springer, les a achetées. C'est cette dernière qui a décidé de les rendre publiques aujourd'hui, sous forme de fac-similé, dans un magnifique volume intitulé Amoureuse et rebelle (Textuel), où l'on trouvera également deux correspondances poignantes d'Edith Piaf et d'Albertine Sarrazin. 

     

     

    Comme dans un roman galant du xviiie siècle, l'idylle se noue dans une loge de théâtre. Le 25 mars 1941, salle du Conservatoire, à Paris, Josée de Chambrun, fille de Pierre Laval, présente à son amie Arletty un officier allemand :

     

     

    Hans-Jürgen Soehring et Arletty

    il s'appelle Hans Jürgen Soehring, il est assesseur au conseil de guerre de la Luftwaffe à Paris. "Ce jeune homme singulièrement beau et d'une parfaite indifférence devait bouleverser ma vie", dira celle que la France entière adulait pour ses piquantes prestations dans Hôtel du Nord ou Fric-Frac. 

    Arletty a 42 ans ; Soehring, dix de moins.

     

    Né à Constantinople en 1908, ayant tenté sans succès de faire fortune en Argentine avant de devenir magistrat en Allemagne, lecteur fervent des poètes romantiques, s'exprimant dans un français parfait, mâchoire volontaire, regard métallique, l'Allemand dégage une impression d'autorité et de douceur.

     

    Signe particulier :

    il a les oreilles en pointe. Arletty le surnomme d'emblée "Faune".

     

    Toutes les lettres qu'elle lui écrira commenceront par ce mot magique, jeté dans la fièvre de son ample écriture bleu turquoise : "Faune". Elle, elle signera "Biche". 

     

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    Hans Jürgen Soehring

    Quelques semaines plus tard, la biche et le faune se donnent rendez-vous près de Paris, au château de Grosbois, siège de la Luftwaffe, où

     

    l'on tourne Madame Sans-Gêne. "Service, service, la cantinière était à l'heure, en costume d'amazone, badine en main. Et c'est ainsi que tout commença... Voilà tous mes forfaits !" écrira drôlement Arletty dans son livre de souvenirs, La Défense (Ramsay), au détour de l'un des très rares passages où il est question de "Hans S.".

     

    Leur passion est immédiate, totale, ravageuse. Dès qu'ils le peuvent, ils se retrouvent dans le luxueux appartement que loue la comédienne au 13, quai de Conti, à deux pas de l'Académie. A l'heure où la France vit au rythme des tickets de rationnement et des exécutions d'otages, on dîne de homards et d'huîtres de Marennes, on boit du champagne, fenêtres ouvertes sur la Seine. Puis le Faune s'installe au piano à queue pour une improvisation.

     

    Colette, Guitry, Valéry passent de temps en temps.

     

    On voit le couple aux premières à l'Opéra, on les aperçoit lors d'une escapade amoureuse à Megève. Ils ne se cachent pas. "J'étais soehringuisée au maximum !" résumera Arletty à son biographe et confident, Denis Demonpion. 

     

     

    A ce stade, évidemment, une question que l'on ne peut esquiver : Hans Jürgen Soehring était-il nazi ? Membre du Parti national-socialiste avant guerre, il fut un magistrat allemand loyal sans être fanatique, avant d'intégrer l'aviation.

     

    Certes, sous l'Occupation, il est un des hommes de confiance de Göring à Paris - une photo montre les deux hommes montant dans une immense Mercedes... Arletty sera d'ailleurs présentée au maréchal du Reich lors d'une réception.

     

    Mais il semble que sa liaison affichée avec la Garance des Enfants du paradis ait quelque peu nui à la carrière de Soehring.

     

    En 1943, il est envoyé se battre dans le ciel d'Italie, du côté de Monte Cassino. Après la guerre, il ne sera pas inquiété et sera même nommé consul de RFA en Angola,

    en 1954.

     

    Alors, ce Soehring, à la fois lecteur de Goethe et ami de Göring ?

     

    "Il savait nager", éludera énigmatiquement Arletty... 

     

     

    A la Libération, la comédienne, elle, va couler.

     

    Elle symbolise à elle seule cette "collaboration horizontale" honnie des Français, même si elle n'a pas tourné de films compromettants avec la Continental, la société contrôlée par les Allemands.

     

     

    En juillet 1944, pourtant, Soehring l'avait conjurée de fuir avec lui.

     

    Elle refuse. Affolée, le 23 août, Arletty entame une errance à vélo dans la nuit parisienne, avec la hantise d'être reconnue par des libérateurs à la détente facile.

     

     

    Elle atterrit chez des amis, à Montmartre, puis se cache chez une comtesse à Choisy-le-Roi et, enfin, à l'hôtel Lancaster, à deux pas des Champs-Elysées.

     

    Le 20 octobre 1944, deux messieurs viennent l'arrêter. Ce qui nous vaut un nouveau bon mot de la "môme de Courbevoie".

     

    A l'un des policiers qui l'interroge : "Alors, comment ça va ?",

     

    elle répond : "Pas très résistante..." 

     

     

    Interrogatoires, onze nuits dans un cachot de la Conciergerie, puis transfert au camp d'internement de Drancy.

     

    Contrairement à la légende, Arletty ne sera jamais tondue.

     

    Elle est libérée quelques semaines plus tard et assignée à résidence au château de la Houssaye, en Seine-et-Marne.

     

    Avec interdiction de tourner. Finalement, le 6 novembre 1946, le Comité national d'épuration la condamne à un "blâme", peine assez bénigne.

     

    Parmi les griefs qui lui sont reprochés :

     

    "A connu officier allemand en 1941. Liaison amoureuse avec ce dernier." 

     

    Les juges ne croient pas si bien dire. Ils l'ignorent, bien entendu, mais, en cet après-guerre, l'idylle avec l'"officier allemand" se poursuit secrètement.

    Les lettres passionnées exhumées aujourd'hui le prouvent.

     

    Le 18 mars 1946 :  "Ma vie, mon âme t'appartiennent."

     

    Le 18 septembre :

     

    "Je désespère. Sauve-moi."

     

    Le 9 novembre : "je t'aime si fort..." Mais les circonstances historiques séparent les deux amants : Arletty est assignée à résidence et Soehring vit à Marquartstein, près de Munich, dans la zone d'occupation américaine. Pour le rejoindre, la comédienne, qui a pris ses quartiers dans la chambre 312 du Plaza Athénée grâce à la générosité du propriétaire, un ami, a besoin d'une autorisation administrative qui ne vient jamais.

     

    Alors, "Biche" envoie des Lucky Strike en Bavière et "Faune", en indécrottable romantique, lui retourne des orchidées de montagne. Mais Arletty se sent si seule ! "Après avoir été la femme la plus invitée de Paris, je suis la femme la plus évitée", grince-t-elle. 

     

     

    Sitôt son horizon judiciaire éclairci, elle saute dans un train gare de l'Est et rejoint son amant en Bavière. Ils passent Noël 1946 ensemble. Soehring la demande en mariage. Refus, la comédienne plaçant toujours son indépendance au-dessus de tout.

     

    Six mois plus tard, la pestiférée du cinéma français se retrouve de nouveau face à une caméra, celle de Carné, pour La Fleur de l'âge.

     

    "Aujourd'hui, premier maquillage depuis le 31 mars 1944", écrit-elle, émue, à Soehring. Le tournage emmène l'équipe à Belle-Ile.

     

    Arletty rêve d'y jouer les Robinson avec son amant allemand. "J'ai acheté pour toi, aujourd'hui, avant de quitter cette île, une petite maison bretonne", lui révèle-t-elle le 26 juillet 1947. 

     

     

    Las ! le Faune n'y mettra jamais les pieds. Les deux amants se retrouveront bien, en 1949, à Paris. Mais l'intuitive Arletty sent qu'une autre femme est entrée dans la vie de l'Allemand. Leur passion s'éteint doucement.

     

    Certes, lorsque Soehring est nommé consul à Luanda, c'est Arletty qui va récupérer ses chaussures chez un bottier parisien, pour les lui envoyer en Afrique. Les lettres se font plus rares, pourtant. 

     

     

    Entre-temps, l'ancien officier de la Luftwaffe a été nommé ambassadeur de RFA à Léopoldville (Congo), où, au passage, il se lie d'amitié avec Claude Imbert, futur fondateur du Point. Le 9 octobre 1960, il part se baigner dans le fleuve Congo, avec son fils de 12 ans. Soudain, il est emporté par le courant et disparaît dans les eaux limoneuses.

     

    Ne surnage que son chapeau de paille. Son corps ne sera jamais retrouvé.

     

     

    Fin romanesque. Arletty est sonnée.

     

    Elle lui survivra trois décennies, s'éteignant en 1992, aveugle, à 94 ans.

     

    "Soehringuisée" à tout jamais.

     

    Après le Faune, cette femme au tempérament de braise n'a plus eu le moindre amant. Ni français ni international. 

     

     

     

    http://www.lexpress.fr/culture/cinema/le-beau-nazi-d-arletty_725138.html

     

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    Catherine Frot
     
     
    Catherine Frot MARTIN BUREAU / AFP

    Je ne serais pas arrivée là si…

    … Si ma grand-mère paternelle n’avait pas été une grande fidèle de la Comédie-Française, qui me racontait toutes les pièces qu’elle allait voir. Elle était commerçante et a été abonnée pendant quarante ans au Français. Elle m’a communiqué son amour du théâtre.

    Quels souvenirs gardez-vous de ses récits ?

    Elle ne s’est jamais remise de la représentation du Dindon. Elle rejouait sans cesse les répliques et partait dans des fous rires. Le plaisir rayonnant que je voyais sur son visage, c’était magique.

    Cela vous faisait rêver ?

    Cela m’impressionnait. Je recevais sa joie et surtout son amour des acteurs – Jacques Charon, Jean Le Poulain… C’était comme si elle les avait toujours connus.

    Elle ne vous a jamais emmenée avec elle au théâtre ?

    Non. Par contre, elle est venue me voir dans l’une de mes premières pièces. A peine entrée sur scène, elle a crié : « C’est ma petite fille ! » Tout le monde a entendu.

    Votre première envie professionnelle n’était pas la scène…

    Gamine, je voulais être géologue. Mon père, ingénieur, nous racontait sans cesse comment la Terre s’était fabriquée, nous expliquait la forme des montagnes. Je ramassais des cailloux, j’aimais leur graphisme, leurs taches, la possibilité d’évasion lorsqu’on les regarde ; comme dans la peinture de Pierre Soulages, que j’adore. Mais je me suis aperçue que je ne pouvais pas faire un métier scientifique. J’étais trop attirée par le domaine artistique.

    Pourquoi ?

    Parce que je voulais faire l’inverse de mes parents. Un peu par rebellion. Je refusais de faire de longues études. Avocat, médecin, etc., c’était « non ». J’aime depuis toujours l’état contemplatif. Très tôt, la notion de transformation était pour moi une idée artistique. La nature se transforme en peinture, les acteurs se transforment en personnages, cela m’a toujours interpellée.

    Votre première transformation, c’était Zavattine dans la cour de l’école ?

    Oui. J’étais en CM2. Dans la cour de récréation, il y avait comme une piste autour de trois arbres. Je m’y installais. Tous les enfants se mettaient autour de moi. C’était un rendez-vous quotidien.

    Pourquoi Zavattine ?

    Mon père nous sortait beaucoup au cirque et au cinéma, voir les grands comiques de l’époque, Jacques Tati, Chaplin… Lorsque j’ai découvert Zavatta, cela a été un choc énorme. Voir ce grand clown acrobate, qui pouvait rester immobile à l’horizontal, cela m’a subjuguée.

    Qu’est-ce qu’elle faisait, cette Zavattine ?

    C’était spontané. C’était plus fort que moi. Je disais par exemple : « Alors aujourd’hui, Zavattine va au marché, avec sa grand-mère ». Cela durait le temps de la récréation et ça cartonnait ! Ce fut mon premier public. Quand j’étais enfant, avec mon frère et ma sœur, on représentait beaucoup mes parents en spectacle : je jouais le rôle de mon père, ma sœur faisait ma mère et mon frère faisait les enfants. Mon père ricanait. Mais l’idée de devenir actrice est arrivée bien plus tard, un peu par hasard.

    Dans votre jeunesse, vous avez vécu beaucoup de déménagements, un divorce, vous dites n’avoir jamais ressenti de « sérénité familiale » ?

    C’est vrai. La notion de déracinement me pesait. Maintenant, j’accepte le chaos de la vie. Mais auparavant, j’avais du mal, j’avais besoin de repères. Je reste très proche de mon père. Ma mère, professeur de mathématiques, qui est maintenant décédée, je l’avais perdue de vue. C’est peut-être pour cela que j’ai eu des périodes d’instabilité.

    Petite, vous vous sentiez « atypique ». C’est-à-dire ?

    C’est la notion de se sentir un petit peu en marge, la difficulté à entrer dans les cadres. Mais je ne suis pas une vraie rebelle, je reste assez raisonnable. En revanche, j’ai vraiment des rêves et ils sont puissants. C’est comme quand je regarde de la peinture – ce qui me passionne – je cherche l’or, ce qui va me troubler, me bouleverser. Presque froidement. Je suis attirée par tout ce qui est extraordinaire, mais pas forcément spectaculaire. Dans mon travail, j’ai vraiment l’occasion d’aller chercher cela.

    Qui vous a encouragée à être comédienne ?

    Mes professeurs de théâtre me disaient toujours : « Il faut continuer dans cette voie, Catherine ». La première a été la comédienne et metteur en scène Marcelle Tassencourt, au conservatoire de Versailles. Mais, au départ, je me suis dirigée vers le théâtre comme n’importe quel ado. Ensuite, j’ai intégré des écoles du premier coup, mes professeurs me soutenaient. Je voyais que j’avais des facilités.

    L’école de la rue Blanche, le Conservatoire national et une proposition d’intégrer la Comédie-Française, que vous déclinez…

    Plus ou moins. Ce sont eux qui ont d’abord dit non. J’ai eu une première proposition à 16 ans. Un jour, mon père a reçu un coup de téléphone de Pierre Dux. C’était pour le rôle d’Agnès dans L’École des femmes. Finalement, ils ont retenu Isabelle Adjani. Trois ou quatre ans plus tard, on m’a proposé à nouveau d’intégrer la Comédie-Française. Mais je faisais alors partie de la jeune compagnie du Chapeau rouge, cela me plaisait beaucoup et je n’ai pas retenu l’idée du Français. Notamment à cause de mon premier échec. Mon père m’a dit : « Tu es folle ».

    Lorsque vous vous engagez dans ce métier de comédienne, avez-vous le soutien de vos parents ?

    Oui, de mon père. Mais il voulait absolument que je fasse la Comédie-Française, il était très critique sur la compagnie de théâtre. C’était un cauchemar, on a eu des grandes fâcheries à l’époque. J’ai travaillé neuf ans en troupe de manière intense, avec Pierre Pradinas, Jean-Pierre Darroussin, Yann Collette… On faisait tout, même les décors, et on a créé un lieu pendant le festival off d’Avignon. J’ai eu plusieurs vies dans ce métier. Le cinéma est venu plus tard.

    Pourtant, autour de la trentaine, après le film Escalier C, le cinéma, vous n’y croyez plus…

    Parce qu’il ne faisait pas appel à moi. J’avais décidé de quitter la compagnie pour faire un chemin plus solitaire. Je sentais que j’étouffais un peu, que je passais à côté d’autres choses, et pourtant c’était unefamille passionnante, amicalement et artistiquement. J’ai eu quelques années de vide. Je me questionnais, je me demandais si j’allais continuer. Je me disais, « ce n’est pas à 35 ans que tu vas faire une carrière de cinéma ». Mais à l’époque, j’avais un mari qui m’encourageait à ne pas lâcher, à accepter de faire des choses plus modestes, à me reconstruire.

    Le tournant, c’est le film de Cédric Klapisch, Un air de famille ?

    Oui, pour la popularité que ce film m’a apportée. J’avais 39 ans. Ce qui s’est passé était plus fort que moi. Je prends très à cœur mes personnages, je ne les lâche pas. Celui de Yolande dans Un air de famille était a priori considéré comme méprisable. J’ai eu envie qu’on l’aime parce que c’est un personnage de bonté, de pureté, comme un diamant caché : on ne la voit pas mais elle brille. J’adore ces personnages-là, j’en ai joué plusieurs. Odette Toulemonde ou Winnie dans Oh les beaux jours, c’est pareil. Ce sont des gens mis au ban, auxquels personne ne s’intéresse, mais qui ont un cœur gros comme ça.

    Qu’est-ce qui vous attire dans ces personnages ?

    Ces femmes n’ont pas peur, mais ne voient pas le mal autour d’elles. Elles ont une forme d’innocence face à l’existence. Cela m’attire. C’est Jacques Villeret dans Le dîner de cons, c’est l’idiot de Dostoïevski, ou celui de Jean-Luc Godard (joué d’ailleurs par Jacques Villeret). Ce sont des personnages inébranlables, que l’on retrouve partout.

    La pièce de Samuel Beckett, Oh les beaux jours, a, semble-t-il, beaucoup compté…

    Je me suis retrouvée face à une montagne. J’ai mis cinq ans à la monter, à trouver le bon metteur en scène, la bonne équipe pour m’aider à réaliser ce monologue infernal de Beckett. Mais j’aime la difficulté. Je ne voulais pas me contenter d’une carrière avec des personnages, drôles, sympas. Cela ne me suffisait pas du tout, du tout, du tout. Il me faut un os à ronger, que ce soit copieux. J’aime me surprendre, et je ne veux jamais me lasser de ce que j’ai à faire. L’interprétation d’une pièce comme

     

    Oh les beaux jours – que j’aimerais d’ailleurs reprendre – est inépuisable.

     

    Ce texte est extraordinaire. Je l’avais vu à 18 ans avec Madeleine Renaud. Roger Blin, le metteur en scène, m’avait reçue chez lui, il y avait des livres partout, il m’avait conseillé certaines lectures, ce fut une rencontre très importante.

    D’où vient ce besoin, ce goût, pour la difficulté ?

    Mon père a une forte personnalité, un peu extrême sur le dépassement de soi-même. J’étais très sportive quand j’étais jeune, lui aussi. Quand on était ensemble, il prenait toujours des risques. La notion de se surpasser était toujours présente, physiquement. Ce besoin de difficulté vient de là, sans doute. En voyant Zavatta, j’ai aussi ressenti cette notion de dépassement. Tout comme lorsque j’ai découvert El Greco, au Prado à Madrid, à l’âge de 13 ans. Cela positionne les choses à un endroit. On peut choisir de l’oublier, moi je n’y arrive pas. Donc je tente.

    Quelle est cette phrase de Jouvet que, paraît-il, vous gardez toujours avec vous ?

    Ah oui ! Je peux vous la dire par cœur. C’est Jouvet, en scène, qui raconte le sentiment de l’acteur face à son public : « Tous ses yeux qui vous regardent, cette vie intense et muette que l’on ressent en soi par ses regards, comme dans une salle de musée quand tous les tableaux vous regardent, cela donne un sentiment d’intimité, de volupté, comme un rêve, on en vient à douter de sa propre existence, on en est transformé. » A chaque fois que je dis cette phrase, j’en ai des frissons. Jouvet raconte le processus intime de l’acteur. Quand le rideau se lève, les deux secondes où il devient un autre. C’est d’une beauté pure. Le mois dernier, j’ai trouvé une autre citation de Jouvet qui me plaît aussi beaucoup : « On fait du théâtre parce qu’on a l’impression de n’avoir jamais été soi-même et qu’enfin on va pouvoirl’être. » Cette phrase est fantastique.

    Vous ne savez pas qui vous êtes ?

    La vie me semble plus floue que mon travail. Je suis quelqu’un d’assez hésitant. Le problème du choix dans la vie est un souci pour moi. Cette vie, je l’ai voulue, et en même temps ça me dépasse. J’ai plus de mal à parler de moi que de mes personnages. Honnêtement.

    Un César pour Marguerite, puis un Molière pour Fleur de Cactus, comment vivez-vous ces récompenses ?

    Je me sens petite et grande à la fois, comme mes personnages. Je suis émotive, j’aimerais l’être moins. Il y a vingt ans, j’avais été récompensée pour Un air de famille au théâtre et au cinéma. Le doublé, c’est ma spécialité ! Dans vingt ans, je remets ça ! Dans Fleur de Cactus, je me suis rarement sentie autant au diapason entre moi-même et la scène. J’ai vraiment aimé cette sensation, il y a quelque chose de gourmand et le public le ressent. Michel Fau propose vraiment un autre regard sur le théâtre, il est brillant. Quant à moi, en jouant Beckett, Barillet et Gredy, j’ai l’impression de faire œuvre utile. Je ne comprends pas cette coupure en France entre théâtre privé et public.

    Lors de la cérémonie des Césars, votre fille adoptive vous a accompagnée…

    C’était fort. Suzanne a vraiment voulu venir. On avait répété ensemble les chants pour Marguerite, elle m’enregistrait, on rigolait. Suzanne est d’origine mauritanienne. Je l’ai adoptée bébé. Elle va avoir 20 ans, elle m’impressionne et je veux la protéger. Elle n’a pas du tout envie d’être actrice, elle fait des études d’anthropologie et de droit européen.

    Sur quel film avez-vous eu le plus de retour du public ?

    Pour Vipère au poing. J’ai reçu énormément de courriers, de jeunes entre 10 et 15 ans. Et puis pour Odette Toutlemonde. Cela me fait plaisir d’être considérée comme une actrice populaire. Lors de la sortie de Vipère au poing, le film a été descendu par la critique. On disait que j’étais dans un contre-emploi ridicule. Je suis allée me coucher pendant deux jours, et le week-end, coup de fil des distributeurs : « ça y est, ça part ». Le film a fait plus d’un million d’entrées. Je ne regrette pas d’avoir pris ce risque, il faut grandir.

    Votre nature comique teintée de mélancolie, où la puisez-vous ?

    Je ne peux pas me situer, ni dans la comédie, ni dans la tragédie.

     

    Quand on doit essayer d’être dans une vérité, une justesse, elle est entre ce qui est drôle et ce qui ne l’est pas. Je ressens la vie, l’humanité de cette manière, c’est pour cela que j’adore le cinéma anglais, notamment celui de Mike Leigh. Je suis là pour donner de l’émotion.

     

    ARTICLE de Madame SANDRINE BLANCHARD, journaliste le MONDE

     

    http://www.lemonde.fr/journaliste/sandrine-blanchard/


    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2016/05/29/catherine-frot-je-me-sens-petite-et-grande-a-la-fois_4928445_3246.html#ieItYQKmmHsu42i7.99

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    BAUR Harry

    Production :

    Acteur Français

    Biographie :

    Harry Baur, de son vrai nom Henri-Marie Rodolphe Baur, est un acteur français né le 12 avril 1880 à Montrouge et décédé le 8 avril 1943 à Paris suite aux tortures infligées par la Gestapo.

    Ses cendres reposent au cimetière St Vincent de Paris.

     


    De parents catholiques alsaciens, il étudit au collège de Saint-Nazaire.

     

    Très jeune, il part pour Marseille, pour fuir l'éducation religieuse que sa famille veut lui imposer. Il intègre d'ailleurs la section rugby de l'Olympique de Marseille.


    C'est à l'école d'Hydrographie de Marseille qu'il décroche les 1ers prix de tragédie pourLe Cid et L'Avare.

    BAUR Harry
    Il devient le secrétaire de Mounet-Sully et joue, à partir de 1904, dans de nombreux théâtres parisiens. En 1914, il est réformé à la suite d'un début de paralysie faciale. Ceci ne l'empêche pas de jouer. Il tient entre autres le rôle de César à la création de Fanny. En parrallèle, il collabore à la rubrique cinématographique du Crapouillot et signe parfois sous le pseudonyme d'Orido de Fhair.


    Encore dans les mêmes temps, il joue pour le cinéma français encore muet comme dansLa Légende Du Bon Chevalier (1909), L'Assommoir (1909) de Marcel Carné d'après Emile Zola, L'Evasion De Vidocq (1910), Shylock (1910), Le Messager De Notre Dame (1910), La Fille Des Chiffonniers (1912) avec Mistinguett et La Voyante (1923) avec Sarah Bernhardt dans son dernier film.

     

    En 1910, il épouse Rose Grane jusqu'à son décès en 1930 lors d'un voyage en Algérie. Ils eurent 3 enfants.

     

    L'avènement du parlant lui rend son immortalité, et tout commence avec le film David Golder (1930). Son succès durera 10 années sans faute jusqu'au tournage de L'Assassinat Du Père Noël (1941) avec Robert LeVigan où il impose un visage d'argileau caractère ombrageux et matois.

     

    Acteur français de renom, il est à l'affiche des meilleurs films du patrimoine français Poil De Carotte (1932) avec Robert Lynen (qui connaîtra la même mort que lui),

     

    La Tête d'un Homme (1933), Les Misérables (1934) d'après Victor Hugo où il incarne un Jean ValJean exceptionnellement inimitable,

     

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    Crime et Châtiment (1935) ou encore Un Carnet De Bal (1937) avec Marie Bell, Fernandel, Raimu et Louis Jouvet.

     

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    En 1936, il épouse Rika Radifé, actrice de théâtre, avec qui il n'aura pas d'enfants, et reste avec elle jusqu'à son décès le 8 avril 1943.

     

    Sa dernière apparition était dans le film allemand Symphonie Eines Lebens (1942).

    Faussement dénoncé comme étant juif communiste, il est arrêté en 1942, puis emprisonné et torturé par la Gestapo. Ses tortionnaires ayant finalement conclu qu'il ne l'était pas, il est libéré quatre mois plus tard, ne pesant plus qu'une quarantaine de kilos. Il ne se remettra jamais des tortures subies lors de son emprisonnement...

     

     

    Filmographie complète :

    • 1908 : Beethoven de Victorin-Hippolyte Jasset
    • 1908 : Le Bon Cambrioleur (anonyme)
    • 1909 : Arsène Lupin de Michel Carré
    • 1909 : L'Assommoir de Albert Capellani
    • 1909 : Don César de Bazan de Victorin-Hippolyte Jasset
    • 1909 : Hector est un garçon sérieux (anonyme)
    • 1909 : La Jeunesse de Vidocq ou Comment on devient policier (anonyme)
    • 1909 : La Légende du bon chevalier de Victorin-Hippolyte Jasset
    • 1909 : La Miniature de Michel Carré
    • 1909 : Les petits iront à la mer (anonyme)
    • 1909 : L'enlèvement de Mademoiselle Biffin (anonymes)
    • 1909 : Les Noces de Canuche de Michel Carré
    • 1909 : Octave (anonyme)
    • 1909 : Les Suicidés de Louf de Michel Carré
    • 1910 : Les Aventuriers du Val d'Or (anonyme)
    • 1910 : L'Évasion d'un truand de Michel Carré
    • 1910 : Le Four à chaux de Michel Carré
    • 1910 : Sur la pente de Michel Carré
    • 1910 : La Haine de Albert Capellani
    • 1910 : La Note de la blanchisseuse Frisette, blanchisseuse de fin de Georges Denola
    • 1910 : Le Mauvais pilote (anonyme)
    • 1910 : Les Messagers de Notre-Dame de Léon Boulnois
    • 1910 : L'évasion de Vidocq de Georges Denola
    • 1911 : Vidocq de Gérard Bourgeois
    • 1912 : Les Amis de la mort (anonyme)
    • 1912 : Le Cheveu d'or de Pierre Bressol
    • 1912 : Le Secret du lac (anonyme)
    • 1913 : Monsieur Lecoq de Maurice Tourneur
    • 1913 : Le Naufragé de Michel Carré
    • 1913 : Le Roman de Carpentier (anonyme)
    • 1913 : Shylock, le marchand de Venise de Henri Desfontaines
    • 1915 : Chignon d'or de André Hugon
    • 1915 : Strass et Cie de Abel Gance
    • 1916 : Quand l'amour meurt de Raoul d' Auchy
    • 1916 : Le Suicide de Sir Letson de Jacques de Baroncelli
    • 1917 : 48, avenue de l'Opéra de Georges Denola
    • 1917 : L'Ame du bronze de Henry Roussell
    • 1917 : Sous la griffe de Albert Dieudonné
    • 1918 : L'Angoisse dans la nuit (anonyme)
    • 1923 : La Voyante de Léon Abrams, Louis Mercanton
    • 1930 : David Golder de Julien Duvivier
    • 1931 : Le Cap perdu de Ewald Andreas Dupont
    • 1931 : Cinq gentlemen maudits (Les) de Julien Duvivier
    • 1931 : Le Juif polonais de Jean Kemm
    • 1932 : Criminel de Jack Forrester
    • 1932 : Poil de carotte de Julien Duvivier
    • 1932 : Rothschild de Marco de Gastyne
    • 1932 : La Tête d'un homme de Julien Duvivier
    • 1932 : Les Trois mousquetaires de Henri Diamant-Berger
    • 1933 : Cette vieille canaille de Anatole Litvak
    • 1934 : Les Misérables - Film tourné en trois époques : Une tempête sous un crâne, Les Thénardier, Liberté, liberté chérie de Raymond Bernard
    • 1934 : Golgotha de Julien Duvivier
    • 1934 : Le Greluchon délicat de Jean Choux
    • 1934 : Les Nuits moscovites de Alexis Granowsky
    • 1934 : Un homme en or de Jean Dréville
    • 1935 : Crime et châtiment de Pierre Chenal
    • 1935 : Le Golem de Julien Duvivier
    • 1935 : Moscow nights (Les nuits moscovites) de Anthony Asquith
    • 1935 : Samson de Maurice Tourneur
    • 1935 : Tarass Boulba de Alexis Granowsky
    • 1935 : Les Yeux noirs de Victor Tourjansky
    • 1936 : Les Hommes nouveaux de Marcel L'Herbier
    • 1936 : Nitchevo de Jacques de Baroncelli
    • 1936 : Paris de Jean Choux
    • 1936 : Un grand amour de Beethoven d' Abel Gance
    • 1937 : Mollenard de Robert Siodmak
    • 1937 : Nostalgie de Victor Tourjansky
    • 1937 : Sarati le terrible de André Hugon
    • 1937 : Les Secrets de la Mer Rouge de Richard Pottier
    • 1937 : Un carnet de bal de Julien Duvivier
    • 1938 : La Tragédie impériale de Marcel L'Herbier
    • 1938 : Le Patriote de Maurice Tourneur
    • 1939 : L'Homme du Niger de Jacques de Baroncelli
    • 1939 : Le Président Haudecoeur de Jean Dréville
    • 1940 : Volpone de Maurice Tourneur
    • 1941 : L'Assassinat du Père Noël de Christian-Jaque
    • 1941 : Péchés de jeunesse de Maurice Tourneur
    • 1942 : Symphonie eines Leben (Symphonie d'une vie) de Hans Bertram

     

     

     

    SOURCES / http://www.bd-cine.com/fiche_intervenant.php?id=94

     

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  • Mireille Balin

     

    Mireille Balin, femme, fatale pour Gabin dans de grands films d'avant-guerre, échappe aux griffes de la Continental.

     

    On la voit, toujours séduisante et mystérieuse dans divers films, dont L'Assassin a peur la nuit (Delannoy, 1942) et Dernier atout (Becker, 1942).

    Balin

    Amoureuse, elle aussi, elle vit une histoire passionnée avec un officier d'origine viennoise.

     

    Découverte à la Libération dans une cachette de la région de Nice avec son amant, elle est brutalisée, violée et jetée en prison.

     

     

     

     

     

     

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    ARLETTY

    Production :

    Actrice Française

    Biographie :

    Arletty, de son vrai nom Léonie Marie Julie Bathiat, est une actrice française née le 15 mai 1898 à Corbevoie, et décédée le 23 juillet 1992 à Paris.

     

     

    Sa mère Marie Dautreix est lingère et son père Michel Bathiat, chef du dépôt des tramways originaire de l'Auvergne. Elle fait de bonnes études dans une institution privée, puis entreprend d'étudier la sténographie chez Pigier. 

     

    La Guerre de 1914 fauche sur le champ de bataille son premier amour qu'elle surnommait "Ciel", à cause de la couleur de ses yeux.

     

    En 1916, son père meurt, écrasé par un tramway.

     

    Arletty, son frère et sa mère se trouvent expulsés du dépôt.

     


    Elle se laisse alors séduire par un banquier, de confession israélite, Jacques-Georges Lévy.

    Ils ont le même âge. Il l'amène dans sa villa 18, Avenue Alphonse de Neuville, à Garches.

    Ils ont pour voisins Coco Chanel et André Brulé.

     

     

     

     Arletty, actrice française de son vrai nom Léonie Bathiat (1898-1992)

    Jacques-Georges lui fait connaître le théâtre, les grands couturiers, les bons restaurants et la plus haute société parisienne. Mais elle le quitte.


    Puis, un jour, elle rencontre Paul Guillaume, l'homme qui imposa l'Art Nègre et le Cubisme. Il lui conseille de tenter sa chance au théâtre.

     

     

    Afin de la pistonner, il lui donne une lettre de recommandation pour le directeur du Théâtre des Capucines, qui  l'engage comme petite femme de revue.

     Arletty

    En souvenir d'une héroïne de Guy de Maupassant, on décide de l'appeler Arlette. Elle rajouterra un “i” au bout, puis transformera le i en y pour faire plus “chic anglais up to date”.

     

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    En 1930, le cinéma parlant commence à s'imposer en France, Arletty avait refusée de tourner dans les films muets, accepte un petit rôle dans le film La Douceur d'Aimer. Elle ne s'apprécit pas mais continue de tourner dans quelques films :

     

     

    Arletty

     

     

    Un Chien Qui Rapporte(1931), Une Idée Folle (1932), Mademoiselle Josette, Ma Femme (1933) avec Annabella, Je Te Confie Ma Femme (1933) et Pensions Mimosa (1934) entre autres.

     

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    En 1938, elle est dirigée dans un film qui l'impose comme vedette : Hôtel Du Nord avec Annabella et Jean-Pierre Aumont. 

     

    En 1939, Jacques Prévert la révèle sous un jour différent en lui composant le rôle de Clara du Jour se Lève (1939) avec Jean Gabin.
    Elle tient à diversifier ses styles de composition.

     

    Elle tourne donc dans 2 comédies : Fric-Frac (1939) 

    et Criconstances Atténuantes(1939).

     


    En 1941, Arletty tourne dans le célébrissime Madame Sans-Gêne.

     

    Elle interprète si bien son rôle qu'il semble être spécialement écrit pour elle.

     

    En 1942, se sont dans Les Visiteurs Du Soir où elle s'impose malgré son âge.

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    En 1943, Les Enfants Du Paradis avec Pierre Brasseur qui l'immortalise dans ce chef-d'oeuvre mondial. Cependant le tournage rencontre des difficultés et le film ne verra le jour qu'au début de 1945 alors qu'Arletty est en résidence surveillée.

     

     

    On retient d'Arletty, qui n'a jamais tourné pour la Continental,

    elle a toujours refusé de tourner pour la Continental !

    sa Madame Sans-Gêne réalisée par Roger Richebé (1941) et ses rôles magnifiques chez Carné:

    Les Visiteurs du soir (1942) et Les Enfants du para­dis (1943-45).


    Mais, à la Libération, elle est arrêtée et jugée à cause de sa liaison amoureuse avec un général de l'armée allemande.

    Elle était enceinte, a perdu son bébé, son amant l'a demandée en mariage, elle a refusé,

     

    Arletty

     

     

    Pendant 4 ans, Arletty se fait discrète afin d'éviter tout problème avec la guerre en France. En 1947, elle revient avec un nouveau film avec La Fleur De L'Age mais le film demeure inachevé pour raison de faillite. Buffalo Bill Et La Bergère subira le même sortEn 1949, Arletty fait enfin sa rentrée sur les écrans avec Portrait d'un Assassin

    avec Pierre Brasseur et Erich Von Stroheim ne connaît qu'un succès très moyen.

     

     

     

    Elle connaît le succès avec 2 pièces de Tennessee Williams qu'elle reprend : Un Tramway nommé Désir (en 1950) et La Descente d'Orphée (en 1959)

     

     

    Entre temps, elle tourne encore dans quelques films comme Le Père De Demoiselle (1953), Huis Clos (1955), Le Passager Clandestin(1957), Maxime (1958) avec Charles Boyer et Michèle Morgan, Un Drôle De Dimanche (1958) avec Bourvil, Danielle Darieux et Jean-Paul Belmondo.
     

     

     

    En 1962, elle fait partie du casting exceptionnel du film Le Jour Le Plus Long avec Henry Fonda, Bourvil, Richard Burton, Sean Connery, John Wayne, Robert Mitchum, Sal Mineo, Mel Ferrer entre autres.

     

     

    Un grave accident des yeux la contraint d'abandonner les studios.

     

    Se sera dernière apparition au cinéma français Le Voyage à Biarritz avec Fernandel. Tempo Di Roma sera son dernière film avec Charles Aznavour.

    Elle ne s'est jamais mariée et n'eut aucun enfant.

    Filmographie complète :

    • 1930 : La Douceur d'aimer de René Hervil : Une dactylo
    • 1931 : Un chien qui rapporte de Jean Choux : Josyane Plaisir
    • 1932 : Enlevez-moi de Léonce Perret : Lulu
    • 1932 : Une idée folle de Max de Vaucorbeil : Anita, une danseuse
    • 1932 : La Belle Aventure de Reinhold Schünzel et Roger Le Bon : Mme Desminières
    • 1933 : Je te confie ma femme de René Guissart : Totoche
    • 1933 : Le Voyage de monsieur Perrichon de Jean Tarride : Anita
    • 1933 : Un soir de réveillon de Karl Anton : Viviane
    • 1933 : La Guerre des valses de Ludwig Berger, Raoul Ploquin : La chocolatière
    • 1934 : Pension Mimosas de Jacques Feyder : Parasol
    • 1934 : Le Vertige de Paul Schiller : Emma
    • 1935 : La Garçonne de Jean de Limur : Niquette
    • 1935 : Amants et Voleurs de Raymond Bernard : Agathe
    • 1935 : La Fille de madame Angot de Jean Bernard-Derosne : Mme Ducoudray
    • 1935 : Aventure à Paris de Marc Allégret : Rose de Saint-Leu
    • 1936 : Le Mari rêvé de Roger Capellani : Ève Roland
    • 1936 : Faisons un rêve de Sacha Guitry : Participation dans le prologue du film
    • 1936 : Messieurs les ronds-de-cuir d'Yves Mirande : La belle-sœur de La Hourmerie
    • 1936 : Feu la mère de madame - court métrage de Germain Fried : Yvonne, l'épouse de Lucien
    • 1936 : Mais n'te promène donc pas toute nue - court métrage de Léo Joannon : Clarisse Ventroux
    • 1937 : Mirages ou Si tu m'aimes d'Alexandre Ryder : Arlette
    • 1937 : Désiré de Sacha Guitry : Madeleine, la femme de chambre
    • 1937 : Aloha, le chant des îles de Léon Mathot : Ginette
    • 1937 : Les Perles de la couronne de Sacha Guitry et Christian-Jaque : La reine d'Ethiopie
    • 1938 : Hôtel du Nord de Marcel Carné : Mme Raymonde, la prostituée
    • 1938 : La Chaleur du sein de Jean Boyer : Bernadette, la plus jeune mère
    • 1938 : Le Petit Chose de Maurice Cloche : Irma Borel
    • 1939 : Circonstances atténuantes de Jean Boyer : Marie-Jeanne dite « Marie qu'a d'ça »
    • 1939 : Fric-Frac de Claude Autant-Lara et Maurice Lehmann : Loulou
    • 1939 : Le jour se lève de Marcel Carné : Clara, la partenaire de Valentin
    • 1940 : Tempête de Dominique Bernard-Deschamps : Ida Maulaincourt
    • 1941 : Madame Sans-Gêne de Roger Richebé : Catherine Hubscher, blanchisseuse
    • 1942 : Boléro de Jean Boyer : Catherine, l'amie d'Anne-Marie
    • 1942 : Les Visiteurs du soir de Marcel Carné : Dominique, troubadour dépêché par le diable
    • 1942 : L'Amant de Bornéo de Jean-Pierre Fzydeau et René Le Hénaff : Stella Losange, artiste en renom
    • 1942 : La Femme que j'ai le plus aimée de Robert Vernay : La Divette, la locataire
    • 1942 : La Loi du 21 juin 1907 - court métrage de Sacha Guitry : Gertrude
    • 1943 : Les Enfants du paradis - première époque Le boulevard du crime de Marcel Carné : Garance, la beauté
    • 1943 : Les Enfants du paradis - deuxième époque L'homme en blanc de Marcel Carné : Garance, la beauté
    • 1947 : La Fleur de l'âge - film inachevé de Marcel Carné
    • 1948 : Madame et ses peaux-rouges (Buffalo Bill et la bergère) - film inachevé de Serge T. de Laroche
    • 1949 : Portrait d'un assassin de Bernard-Roland : Marthe
    • 1950 : Georges Braque - documentaire d'André Bureau : Arletty assure le commentaire
    • 1951 : L'Amour, Madame de Gilles Grangier : Elle-même
    • 1951 : Gibier de potence de Roger Richebé : Mme Alice
    • 1953 : Le Père de Mademoiselle de Marcel L'Herbier et Robert-Paul Dagan : Edith Mars
    • 1954 : Le Grand Jeu de Robert Siodmak : Mme Blanche
    • 1954 : Huis clos de Jacqueline Audry : Inès
    • 1954 : L'Air de Paris de Marcel Carné : Blanche Le Garrec
    • 1956 : Mon curé chez les pauvres d'Henri Diamant-Berger : Nine, l'épouseuse
    • 1956 : Vacances explosives de Christian Stengel : Arlette Bernard
    • 1958 : Le Passager clandestin de Ralph Habib : Gabrielle, l'amie de Lotte
    • 1958 : Et ta sœur de Maurice Delbez : Lucrèce du Boccage
    • 1958 : Un drôle de dimanche de Marc Allégret : Juliette Harmier
    • 1958 : Maxime d'Henri Verneuil : Gazelle
    • 1959 : Paris la belle - court métrage documentaire de Pierre Prévert et Marcel Duhamel : Arletty assure le commentaire
    • 1960 : Les Primitifs du XIIIe - court métrage documentaire de Pierre Guilbaud : Arletty assure le commentaire
    • 1961 : Les Petits Matins ou Mademoiselle stop de Jacqueline Audry : Gabrielle la maîtresse de Rameau
    • 1962 : La Loi des hommes de Charles Gérard : La comtesse
    • 1962 : La Gamberge de Norbert Carbonnaux : La mère d'Albert
    • 1962 : Le Jour le plus long (The Longest day) de Ken Annakin et Andrew Marton : Mme Barrault
    • 1962 : Tempo di Roma de Denys de La Patellière : Cri-cri
    • 1962 : Le Voyage à Biarritz de Gilles Grangier : Fernande
    • 1967 : Dina chez les Rois - court métrage documentaire de Dominique Delouche : Arletty assure le commentaire et lecture d'un poème
    • 1977 : Jacques Prévert - moyen métrage documentaire de Jean Desvilles : Voix d'Arletty et témoignages
    • 1985 : Carné, l'homme à la caméra - documentaire de Christian-Jaque : Voix de la caméra

     

     

    SOURCES / http://www.bd-cine.com/fiche_intervenant.php?id=93

     

     

     

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  •  Brigitte Bardot un actrice pleine de fraîcheur qui a mis le monde à ses pieds !

     

     

    Elle parle peu. Mais c’est souvent de manière « cash ».

     

    Brigitte Bardot

    Pour preuve, cette inter­view « par écrit » (via mail) accor­dée à Gala, à laquelle la Femme que Dieu créa (avec l’aide non négli­geable de Roger Vadim en 1956) répond sans détour.

     

     

     

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    Sur Cathe­rine Deneuve, comme sur François Hollande et sur le livre qui selon elle le salit, mais aussi sur Alain Delon, sur le mariage, mais aussi sur ce qui « l ‘émeut et ce qui l’étouffe ».

     

     

     

     

    Et puis sur ce « temps qui passe », pour elle, toujours,

    « sans nostal­gie ».

     

     

    A quelques jours de l’an­ni­ver­saire de ses quatre-vingts ans (le 28 septembre), Gala a eu l’oc­ca­sion de parta­ger un peu de l’in­ti­mité d’une person­na­lité qui aura marqué le XXe siècle à tout jamais.

     

    Un échange rendu possible par les éditions Hugo et Cie, qui viennent de publier Bardot-Gains­bourg, Passion fulgu­rante.

     

     

    Gala: Qu’est-ce qui vous avait conduit à arrê­ter votre carrière à 39 ans?

     

     

     

    Brigitte Bardot: Une soudaine envie de donner à ma

    vie un sens moins super­fi­ciel.

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    Gala: Quel était le sens de cette retraite?

     

     

    B.B.: Comme l’amour des animaux était depuis toujours profon­dé­ment ancré en moi, j’ai décidé en 1973 de leur dévouer le restant de ma vie.

    Gala: Rien à voir avec Greta Garbo qui, elle, ne voulut lais­ser que la meilleure image d’elle-même sur pelli­cule?

     

     

     

    B.B.: Mais vous m’avez déjà vue copier quelqu’un? Greta Garbo ou une autre…?

    Gala: Quels films impor­tants avez-vous, peut-être, refu­sés à la suite de cette déci­sion de dispa­raître des écrans?

     

     

    B.B.: Oh, beau­coup qui furent d’ailleurs ensuite des grands succès, surtout des projets améri­cains, notam­ment un film avec Marlon Brando pour lequel on me propo­sait des sommes astro­no­miques…

     

     

     

    Gala: Aujourd’­hui, nombre d’ac­trices avec moins de noto­riété que vous se voient propo­ser des contrats.

     

    Quel fut votre rapport au monde du luxe et de la mode?

     

     

    B.B.: Je fuis le monde du luxe et de la mode.

     

     

    Gala: Que vous a procuré de prêter votre visage et votre silhouette à Marianne?

     

    Brigitte Bardot - 1962.jpg

    B.B.: Une fierté immense car je fus la première person­na­lité à incar­ner la Répu­blique.

     

     

    Gala: Que vous « doivent » peut-être les femmes françaises? Pensez-vous avoir fait évoluer, malgré vous, leur condi­tion vers plus de liberté person­nelle ?

    B.B.: Personne ne me doit rien, j’ai simple­ment vécu ma vie comme j’en avais envie, à mes risques et périls.

    Gala: Juliette Gréco, Jeanne Moreau, Cathe­rine Deneuve furent elles aussi des égéries françaises aux yeux de l’étran­ger. Avec le temps, comment les obser­vez-vous?

     

     

     

    B.B.: Je pense qu’elles ont eu le talent de durer. Je déplore cepen­dant que Cathe­rine Deneuve soit deve­nue la « Cruella » de la four­rure!

     

     

     

    Gala: Un livre passion­nant revient sur votre histoire avec Serge Gains­bourg. Si c’était à refaire, vous revi­vriez cette histoire de la même manière?

     

     

     

    B.B.: J’ai déjà tout dit sur cette histoire fulgu­rante, et il suffit de lire le livre qui vient de paraître. Et puis, j’ai aimé d’autres hommes que lui et Bernard d’Or­male, mon mari actuel, en prio­rité.

     

     

     

    Gala: Quel souve­nir gardez-vous de Jean Gabin? Étiez-vous plus impres­sion­née par l’homme ou par l’ac­teur?

     

     

     

    B.B.: J’ai été impres­sion­née par les deux: l’homme et l’im­mense acteur.

    Gala: Et Alain Delon?

     

     

     

    B.B.: Nous sommes extrê­me­ment proches. Nous avons des rapports très tendres et chaleu­reux.

     

     

    Gala: Qui sont les acteurs avec qui vous avez préféré tour­ner?

     

     

     

    B.B.: Je ne sais et puis je m’en fiche.

    C’est le passé et je ne reviens jamais en arriè­re…

     

     

     

    Gala: Vous venez de tenir des propos de recon­nais­sance envers François Hollande, vous êtes l’une des rares à le faire d’ailleurs ce qui ne manque pas de surprendre « les obser­va­teurs » comme on dit.

     

     

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    B.B.: J’ai simple­ment eu la cour­toi­sie de le remer­cier de l’at­ten­tion qu’il porte en géné­ral à mes demandes.

    Nous allons d’ailleurs voir ce qu’il répon­dra à ma dernière lettre ouverte que j’ai adres­sée au gouver­ne­ment le 8 septembre dernier…

     

     

     

     

    Gala: Que pensez-vous de ce que provoque le livre de son ancienne compagne?

     

    Pour amour, ou par désa­mour, vous auriez pu aller aussi loin?

    B.B.: Je ne l’ai pas lu et ne le lirai pas.

     

     

    Le contenu des poubelles ména­gères me dégoûte.

     

    Bouche exagérée et chevelure sauvage... BB dans "Voulez-vous danser avec moi", en 1959 !

    Gala: Qu’a repré­senté le mariage pour vous? Fut-il syno­nyme de épanouis­se­ment? Ou l’in­verse?

     

     

    B.B.: J’ai toujours adoré me marier.

     

     

    Gala: Beau­coup de livres sortent pour célé­brer votre anni­ver­saire. Ça vous amuse, vous flatte, ça vous ennuie ou cela vous indif­fère?

     

     

     

    B.B.: Cela m’émeut mais cela m’étouffe aussi un peu…

     

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    Gala: C’est une photo de vous en couver­ture de Elle qui vous fit remarquer et permit de faire votre premier film.

    Quel rapport main­te­nez-vous avec la presse?

     

     

     

    B.B.: Je lis très rare­ment des maga­zines car j’ai des choses plus impor­tantes à faire notam­ment avec la gestion de ma fonda­tion.

     

    Brigitte Bardot

    En ce milieu des années soixante, Brigitte Bardot est chez elle à Saint-Tropez, à la Madrague, en compagnie de son ami et photographe – peut-être le seul – Ghislain Dussart. L’histoire qui a permis ce cliché très intime, est celle d’une amitié profonde entre BB et Dussart. La légende veut qu’à l'objectif amoureux de Ghislain Dussart, Brigitte Bardot n'a rien caché. Rare et inédit, ce portrait de l’actrice diffuse, via deux yeux charbon cachés sous des tonnes d’or, toute l’intimité qui régnait entre les deux complices. Elle ignore l’objectif, elle regarde Jicky « un être qui fut, durant ma vie entière, un frère, un conseiller, un ami fidèle, un autre moi-même, en plus d’un photographe hors pair, laissant une image sublimée de mes moindres faits et gestes », comme elle l’avoua pudiquement après sa mort.

     

    Ghislain Dussart - Agence Gamma-Rapho

    Ghislain Dussart – également connu sous le nom de Jicky – ou « le photographe officiel de Brigitte Bardot », un titre officieux que lui avait décerné l’actrice, rencontrée en 1963 sur le tournage du Mépris de Jean-Luc Godard. D’abord photographe de cinéma (Viva Maria !, Boulevard du rhum) et de presse (Paris Match, Harper’s Bazaar, Vogue et Playboy), l’artiste abandonna finalement l’objectif au début des années soixante-dix afin de se consacrer à la peinture et au collage. Parmi ces derniers, aujourd’hui très rares, certains furent réalisés d’après ses propres photos de Brigitte Bardot. 

     

    LIEN - http://www.photosdelegende.com/les-precedentes-photos/28-brigitte-bardot.html

     

     

     

     

    Gala: La cause des animaux reste la vôtre. Que reste-t-il à conqué­rir?

     

     

     

    B.B.: Il reste encore tant à faire, tant d’hor­reurs. La vie des animaux n’est pas prise en consi­dé­ra­tion ni leurs souf­frances. Ils sont toujours consi­dé­rés comme des objets de rapports et sont massa­crés quoti­dien­ne­ment pour du fric dans la plus grande indif­fé­rence.

     

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    Gala: Et si vous deviez vous réin­car­ner en un animal?

     

     

     

    B.B.: Un cheval sauvage, libre et indé­pen­dant.

     

    Crédits photos : MANCIET/SIPA

     

     

     

     

     

     

     

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    Romain Gary
    LA PROMESSE DE L'AUBE
     
    La promesse de l'aube est une autobiographie retraçant la vie de Romain Gary, notamment sa relation avec sa mère. Le père est absent mais la mère possessive rêve d'un avenir grandiose pour son fils.
     
    Romain Gary
     
     
    La promesse de l'aube est surtout un roman sur l'amour maternel. Le récit se veut autobiographique, bien que certains passages tiennent plus de la fiction que du vécu, mais le véritable objet du livre n'est pas tant de retracer la vie de l'écrivain que de rendre hommage à sa mère. La mère de l'auteur est à ce titre le personnage principal du roman, c'est son amour et son ambition pour son fils qui vont le porter au-delà de tout ce qu'il aurait pu espérer pour lui-même (Gary mènera une carrière militaire et diplomatique sous les honneurs et est le seul écrivain à avoir reçu deux fois le prix Goncourt (un sous le pseudonyme d'Émile Ajar).
     
    Romain Gary avec sa mère
     
     
    La troisième partie est consacrée aux années de guerre, il reçoit des lettres d’elle qui l’encouragent. Ayant rejoint l’aviation de la France libre, il combat en Grande-Bretagne, en Afrique (dont l'Éthiopie et lors de la campagne de Syrie) et termine la guerre avec le grade de capitaine.
     
    Il est fait Compagnon de la Libération et se voit proposer d’entrer dans la diplomatie pour «services exceptionnels». Il publie alors en 1945 Éducation européenne en Angleterre. Revenant à Nice à la fin de la guerre, il découvre que sa mère est morte trois ans et demi avant son retour à l'hôtel-pension Mermonts (Nice) : elle avait chargé une amie de lui transmettre au fur et à mesure des centaines de lettres écrites avant de mourir.
     
     
     
    Romain Gary et Jean Seberg
    Romain Gary, né Roman Kacew à Vilnius en 1914, est élevé par sa mère qui place en lui de grandes espérances, comme il le racontera dans La promesse de l’aube. Pauvre, «cosaque un peu tartare mâtiné de juif», il arrive en France à l’âge de quatorze ans et s’installe avec sa mère à Nice. Après des études de droit, il s’engage dans l’aviation et rejoint le général de Gaulle en 1940.
     
    Son premier roman,Éducation européenne, paraît avec succès en 1945 et révèle un grand conteur au style rude et poétique. La même année, il entre au Quai d’Orsay. Grâce à son métier de diplomate, il séjourne à Sofia, New York, Los Angeles, La Paz.
     
    En 1948, il publie Le grand vestiaire, et reçoit le prix Goncourt en 1956 pour Les racines du ciel. Consul à Los Angeles, il quitte la diplomatie en 1960, écrit Les oiseaux vont mourir au Pérou (Gloire à nos illustres pionniers) et épouse l’actrice Jean Seberg en 1963. Il fait paraître un roman humoristique, Lady L., se lance dans de vastes sagas :
     
    La comédie américaine et Frère Océan, rédige des scénarios et réalise deux films. Peu à peu les romans de Gary laissent percer son angoisse du déclin et de la vieillesse : Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable, Clair de femme.
     
     
    Jean Seberg se donne la mort en 1979.
     
     
    En 1980, Romain Gary fait paraître son dernier roman, Les cerfs-volants, avant de se suicider à Paris en décembre. Il laisse un document posthume où il révèle qu’il se dissimulait sous le nom d’Émile Ajar, auteur d’ouvrages majeurs :Gros-Câlin, La vie devant soi, qui a reçu le prix Goncourt en 1975,Pseudo et L’angoisse du roi Salomon.
     
     
     
     
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  • Description de cette image, également commentée ci-après 

    Leelee Sobieski

     

    Leelee (ou LeeLee) Sobieski, née Liliane Rudabet Gloria Elsveta Sobieski le 10 juin 1983 à New York, est une actrice américaine.

     

     

    Leelee Sobieski

    Biographie


    Leelee Sobieski est née d'un père français, l'artiste peintre et acteur Jean Sobieski qui joua dans des westerns spaghetti et plusieurs films français et d'une mère américaine, l'écrivain Élisabeth Salomon.

     

    Elle prétend être une descendante du roi Jean III Sobieski de Pologne

     

    . Mariée une première fois avec Matthew Davis de 2008 à 2009, elle se remarie en 2010 avec Adam Kimmel et a deux enfants, Louisanna Ray Kimmel et Martin Kimmel.

     

    leelee sobieski 88 minutes 17

    Carrière


    Leelee Sobieski commence à être connue du grand public durant son adolescence grâce à son rôle dans le film Deep Impact de Mimi Leder en 1998 et celui d'une lolita dans le film Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick, l'année suivante, alors qu'elle n'avait pas quinze ans lors du tournage des scènes où elle interprète une nymphette.

     

     

    Sa connaissance de la langue française lui permet de jouer des rôles principaux dans L'Idole de Samantha Lang en 2002, La fille d'un soldat ne pleure jamais de James Ivory en 1998 ou le feuilleton télévisé Les Liaisons dangereuses de Josée Dayan en 2003.

     

    Filmographie

    Films[

     

    1997 : Un Indien à New York (Jungle 2 Jungle) de John Pasquin : Karen Kempster
    1998 : Deep Impact de Mimi Leder : Sarah Hotchner Beiderman
    1998 : La fille d'un soldat ne pleure jamais (A Soldier's Daughter Never Cries) de James Ivory : Charlotte Anne Willis à 14 ans
    1999 : Collège Attitude (Never been kissed) de Raja Gosnell : Aldys Martin
    1999 : Eyes Wide Shut, de Stanley Kubrick : la fille de Milich
    2000 : Un été sur terre (Here on Earth) de Mark Piznarski : Samantha Cavanaugh
    2001 : 1943 l'ultime révolte (Uprising) de Jon Avnet : Tosia Altman
    2001 : La Prison de verre (The Glass House) de Daniel Sackheim : Ruby Baker
    2001 : Une virée en enfer (Joy Ride) de John Dahl : Venna
    2002 : Max de Menno Meyjes : Liselore von Peltz
    2002 : L'Idole de Samantha Lang : Sarah Silver
    2006 : Lying de M. Blash : Sarah
    2006 : The Elder Son de Marius Balchunas : Lolita
    2006 : The Wicker Man de Neil LaBute : Sister Honey
    2006 : In a Dark Place de Donato Rotunno : Anna Veigh
    2006 : Heavens Fall de Terry Green : Victoria Price
    2007 : King Rising, Au nom du roi (In the Name of the King : A Dungeon Siege Tale) d'Uwe Boll : Muriella
    2007 : Walk All Over Me de Robert Cuffley : Alberta
    2007 : 88 minutes de Jon Avnet : Lauren Douglas
    2008 : Finding Bliss de Julie Davis : Jody Balaban
    2009 : Night Train de Brian King : Chloe White
    2009 : Public Enemies de Michael Mann : Polly Hamilton
    2009 : The Mad Cow de Jamie Bradshaw et Alexander Doulerain : Abby Gibbons
    2010 : Acts of Violence d'Il Lim : Olivia Flyn
    2010 : The Last Film Festival de Linda Yellen : Stalker

     

     


    Télévision[

     


    1994 : Le Baiser du papillon (Reunion) de Lee Grant : Anna Yates
    1995 : A Horse for Danny de Dick Lowry : Danielle « Danny » Fortuna
    1999 : Jeanne d'Arc de Christian Duguay : Jeanne d'Arc
    2003 : Les Liaisons dangereuses de Josée Dayan : Cécile de Volanges
    2005 : Hercule de Roger Young : Déjanire

     

     


    Séries télévisées


    1995 : Charlie Grace : Jenny Grace
    1996 : Une maman formidable (Grace Under Fire) (Positively Hateful) : Lucy (épisode Positivement haïssable)
    1996 : Infos FM (NewsRadio) (épisode Arcade)
    1996 : The Home Court : Leslie ( épisode Love, Death & Soda)
    1998 : FX, effets spéciaux : Tanya (épisode Le Mauvais Œil (Evil Eye))
    2002 : Frasier : Sheila (épisode Enemy at the Gate)
    2010 : Drop Dead Diva : Samantha Colby (épisode A Mother's Secret)
    2010 : The Good Wife : Alexis Symanski (épisode Breaking Up)
    2012 : NYC 22 : Jennifer "Maison blanche" Perry
    Distinctions[modifier | modifier le code]
    Prix de "La pire actrice" lors des Razzie Awards 2009 pour 88 minutes
    Prix de "La pire actrice" lors des Razzie Awards 2009 pour King Rising, au nom du Roi
    Prix de la "Meilleure actrice dans une mini-série ou un téléfilm" lors des Golden Globes 2003 pour 1943 l'ultime révolte (2001) (TV)
    Lauréat du "Prix young hollywood award de la star féminine de demain" lors des Young Hollywood Awards 2000
    Prix de la "Meilleure performance pour un drame romantique" lors des Teen Choice Awards 2000 pour Un été sur terre (2000)
    Prix de la "Meilleure actrice dans une mini-série ou un téléfilm" lors des Satellite Awards 2000 pour Jeanne d'Arc (1999) (TV)
    Prix de la "Meilleure actrice dans une mini-série ou un téléfilm" lors des Golden Globes 1999 pour Jeanne d'Arc (1999) (TV)
    Lauréate du Prix de la "Meilleure actrice dans une mini-série ou un téléfilm" lors des YoungStar Awards 1999 pour Jeanne d'Arc (1999) (TV)
    Prix de la "Meilleure actrice dans une mini-série ou un téléfilm" lors des Primetime Emmy Awards 1999 pour Jeanne d'Arc (1999) (TV)Afficher l'image d'origine
    Prix de la "Meilleure performance pour une jeune actrice" lors des YoungStar Awards 1999 pour Collège attitude (1999)
    Prix de la "Meilleure actrice prometteuse" lors des Chicago Film Critics Association Awards 1999 pour La fille d'un soldat ne pleure jamais
    Prix de la "Meilleure jeune actrice" lors des Young Artist Awards 1999 pour La fille d'un soldat ne pleure jamais

     

     

     

     

     

     

     

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  • Une enfant des banlieues…

    Nicole CourcelNicole Courcel (1948)

     

     

    Nicole, de son vrai nom Andrieu, vit le jour à Saint-Cloud, dans la banlieue parisienne, le 21 octobre 1931, fille unique d'un papa journaliste d'origine toulonnaise et d'une maman monégasque.

     

    Elle a un frère et trois neveux. Elle passa sa prime enfance au n°45 de la rue de Courcelles (ça ne s'invente pas !) dans le dix-septième arrondissement de Paris d'autant plus que… cinquante ans plus tard elle habitera au n°75 de cette même artère !

     

    1940, c'est la guerre.

     

    Elle a neuf ans au divorce de ses parents et suit sa maman chez sa grand-mère maternelle vivant à Monaco où elle poursuit ses études primaires au pensionnat des Dames de Saint-Maur; puis à Marseille, le temps d'un bombardement, avant de rejoindre avec quelques larmes le pensionnat des sœurs de Brive-la-Gaillarde.

     

    Il fait partie de ses plus mauvais souvenirs, responsable sans doute de l'agnosticisme qu'elle ne renia jamais.

     

    Nicole Courcel en 1932 à Paris [STR / HARCOURT/AFP/Archives]

     

     

    La suite sera tout autre, accueillie avec bonté qu'elle fut par sa grand-mère, retirée à Martel, un bien joli village du Quercy.

     

     

     

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    C'est aussi à Martel que naît son gout du théâtre.

     

    Entreprenante, elle monte une “troupe” jouant jusqu'aux villages voisins, allant même offrir ses “recettes” aux maquisards.

     

    A seize ans, elle quitte le village, chargée de joyeux souvenirs.

     

    N'ayant pas brillé à l'école, surtout à cause de mathématiques particulièrement rébarbatifs et catastrophiques, elle est fort heureusement récupérée par le français et… la gymnastique.

     

    Ce qui explique le séjour qu'elle fera en Angleterre dans un collège laïque avec deux excellentes copines ne s'exprimant qu'en français, complices de ses quatre cent coups et pas tout à fait innocentes de son insensibilité à la langue de Shakespeare.

     

    Elle se rattrapera par la suite.

     

    En 1946, elle retrouve Paris, avec la joie d'apprendre que Jacques BeckerJacques Becker termine 

    «Antoine et Antoinette» (1946) film dans lequel, disons-le une fois pour toute, elle n'apparaît pas.

     

    Deux années s'écoulent et l'on retrouve Becker en pleine préparation

     

     

    de son «Rendez-vous de juillet»(1949), son générique n'étant pas encore arrêté. Intéressée, Nicole pense utile de s'inscrire aux cours d'art dramatique de Madame Bauer-Thérond, puis pour huit mois à ceux de René SimonRené Simon.

     

     

    Elle attend que Becker ait réglé certains problèmes de production et qu'il puisse enfin envisager le tournage pour participer au traditionnel défilé des postulantes.

     

    Après mûres réflexions, Becker avouera que c'est son " physique d'ange et son air de garce" qui s'avéra le plus attractif et le plus convainquant.

     

     

     

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    Il la modèle sans trop de peine en jeune fille existentialiste fréquentant les cabarets de jazz du Paris de l'après-guerre.

     

    L'héroïne porte le nom de Courcel, que l'actrice en herbe adoptera comme pseudonyme.

     

    Les augures annoncèrent d'excellentes nouvelles, le film connaîtra un énorme succès et Nicole, comblée, fêtera ses dix-huit printemps.

     

     

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    «La Marie du port» (1949)…

    Nicole CourcelNicole Courcel (1956)

     

     

    C'est tout autre chose pour «La Marie du port» (1949), une excellente peinture de caractères tourné à Port-en-Bessin par un Marcel Carné sortant de trois années d'absence.

     

     

     

    C'est après beaucoup d'hésitations qu'il lui offre le rôle initialement prévu pour Anouk Aimée retenue sur d'autres plateaux.

     

    Il finit par l'accepter en petite serveuse ambitieuse et sournoise telle qu'imaginée

    par Georges Simenon, mais en lui imposant une teinte de cheveux plus foncés et de surcroît nantie d'une couronne tressée.

     

    Quant au reste, il se plia finalement aux arguments… de Gabin, véritable initiateur du film et défenseur de la “petite”.

     

    Finalement, le clap est donné sur cette histoire d'une passion qui se meurt, d'une autre qui naît.

     

    Appuyée par André Bernheim, son agent artistique, Nicole y donne la mesure de son jeune talent.

     

     

    Les années cinquante seront denses et dans l'ensemble concluantes.

     

    L'actrice entame la décade amoureuse de son cousin marinier dans 

     

    «Les amants de Bras-Mort» (1950); 

     

     

    «Gibier de potence» (1951) nous la montre en pure jeune fille ayant retrouvé sa blondeur, toute ronde et vivant des passions perturbées avec le beau Georges Marchal qu'elle retrouvera pour une brève liaison davantage fatale, puisque 

     

    «Les amours finissent à l'aube» (1953).

     

    C'est librement historique et revêtu de ses apparats de Roi-soleil que Sacha Guitry la métamorphose en resplendissante Madame de Chalis dans son 

     

     

    «Si Versailles m'était conté» (1953).

     

     

    Jacqueline Audry qui lui réserve le rôle de l'amie d'une condamnée du «Huis clos» sartrien (1954); ses désirs d'échapper au triste sort des 

     

     

    «Marchandes d'illusions» (1954) et

     

     

    de sortir des faux rêves des «Clandestines» (1954) lui permettent de dessiner de personnages beaucoup moins lisses; enfin, elle contribue au succès retentissant que lui offrent les péripéties d'une famille de bons Français moyens

     

     

    avec «Papa, maman, la bonne et moi» (1954) et

     

    sa suite logique «Papa, maman, ma femme et moi» (1956).

     

     

    Une importante parenthèse théâtrale s'ouvre au Théâtre Sarah-Bernhardt, puis en tournée avec «Les sorcières de Salem» (1954) dont elle incarne la jeune Abigaël, possédée du démon de la vérité en envoyant d'innocentes victimes à la guillotine.

     

     

    Pièce largement inspirée de l'affaire Rosenberg, plaidoirie contre le maccarthysme que la majorité de la critique défendit farouchement et avec une vigueur peu commune.

     

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    Saluée par cette critique, bénéficiant même de la couverture de "Paris-Match",

     

    c'est cependant Mylène DemongeotMylène Demongeot qui reprendra son rôle pour la version cinématographique.

     

     

    «Gervaise» (1955) de René Clément figure à jamais parmi ses plus grands regrets, le rôle qu'elle convoitait lui échappa malgré l'approbation du réalisateur, les producteurs imposant l'Autrichienne Maria SchellMaria Schell, co-production oblige.

     

    La consolation vint lors de son envol vers la Suède, dans la région des lacs et des forêts, pour «La sorcière» (1956) une jeune sauvageonne qu'incarne Marina VladyMarina Vlady, victime d'une haine absurde de villageois ignorants et qui doit faire face à sa rivale (Nicole), en propriétaire terrienne amoureuse d'un exploitant voisin (Maurice Ronet); 

     


     

     

     

    «Le cas du docteur Laurent» (1957) marque d'heureuses retrouvailles avec un Gabin médecin dans un arrière-pays montagnard, dont elle défend la thèse de l'accouchement sans douleur.

     

     

     

    Elle termine la décade avec «Le testament d'Orphée» (1959) de Jean Cocteau qui en fait une mère maladroite, effrayée, au point de laisser tomber son bébé de ses bras.

     

     

     

    Les “sixties”…

    Nicole CourcelNicole Courcel (196X)

     

     

    Les années soixante s'ouvrent avec un insipide péplum, 

     

    «Les vierges de Rome» (1960) tourné à Belgrade (!) pour lequel elle se trouve gracieusement entourée de Louis Jourdan et de son ami Michel Piccoli, tous deux en jupettes, responsables de leurs éclats de rires irrépressibles hors caméra.

     

     

     

    Changement de décors avec «Le passage du Rhin» (1960), grand prix à la Mostra de Venise, dans lequel elle incarne une journaliste collaboratrice durant l'Occupation.

     

     

     

    Infirmière amoureuse, elle passe «Les dimanches de ville d'Avray» (1962) en compagnie d'un ex-pilote amnésique culpabilisé par la mort d'une petite fille.

     

     

    «Verspätung in Marienborn/Le train de Berlin est arrêté» (1963), une co-production franco-allemande, la confine en garde-malade accompagnant un patient à travers les deux Allemagnes.

     

     

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    Jolie espionne défiant «Nick Carter et le trèfle rouge» (1965) face à un Eddie Constantine ayant remisé son costume de Lemmy Caution.

     

    Elle termine la décennie avec une furtive apparition en patronne de boîte de nuit dans «La nuit des généraux» (1966) d'Anatole Litvak.

     

     

     

    Paul Vecchiali, qu'elle apprécie beaucoup, l'avait sollicitée pour sa première réalisation, 

     

    «Les petits drames» (1961), dont le négatif fut détruit lors d'un incendie avant le tirage des copies d'exploitation.

     

    C'est donc avec joie qu'elle affronte «Les ruses du diable» (1965) en patronne de guinguette et déjoue, en fille de joie, les sortilèges nocturnes de «L'étrangleur» (1970).

     

     

    La crise du cinéma français s'ouvre à l'aube des années 70 :

     

    qualité des films ou celle des réalisateurs, des acteurs ? Concurrence de la télévision ?

     

    Toujours est-il que la chute des spectateurs est impressionnante et que les rôles féminins bien rémunérés sont réservés à quelques “bankable(s)”, adjectif qui fera son chemin.

     

     

    Nicole n'en fait pas partie alors que les critiques avertis l'avaient titularisée comme une actrice de première qualité en pleine possession de ses moyens.

     

     

    Malgré le soutien de ses agents artistiques qui se succèdent, elle reste seule à assumer son chemin.

     

    Elle, qui avait si bien veillé à l'éclectisme de ses choix, finit par croire, comme certaines de ses amies, qu'elles sont devenues bizarrement et subitement mauvaises à tel point que l'on ne veut plus d'elles et qu'il faut bien tourner ce qu'on leur propose même si elles ne sont pas très fières du résultat !

     

     

    Ses dernières apparitions cinématographiques se limiteront à sept films, certains pour ce que l'on appelle une participation. Ainsi l'épouse d'un truand perceur de coffres-forts

     

    dans «Un officier de police sans importance» (1972) ; un peu plus présente dans 

     

    «Le rempart des béguines» (1972) pour une amitié contestée alimentée de rapports amoureux d'une femme de 40 ans envers la fille de son amant; 

     

     photo aff_rempart_beguines-2.jpg

     

     

    «L'aventure, c'est l'aventure» (1972) de Lelouch qui la dirige en prostituée revendicatrice et syndicaliste; 

     

     

    L'actrice française Nicole Courcel a joué dans L'aventure c'est l'aventure de Claude Lelouch.

     

    «La gifle» (1974) où elle est la maîtresse en désamour d'un Lino Ventura confronté à des déboires professionnels et déboussolé par les libertés de sa gamine.

     

     

     

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    Deux films qu'elle apprécia à juste titre, deux jours de tournage avec Lelouch ou Pinoteau davantage valorisants que certains films avec des rôles plus longs mais terriblement ennuyeux.

     

    Enfin, «L'esprit de famille» (1979), une chronique familiale chargée de problèmes relationnels, nous permet de la retrouver une dernière fois en mère soucieuse souvent confrontée à ses quatre filles.

     

    Film gentillet, qui marque ses adieux cinématographiques.

     

      photo 13_Nicole_Courcel.jpg

     

    Théâtre et télévision…

    Nicole CourcelNicole Courcel (1972)

     

     

     

    Déçue par la médiocrité des rôles offerts par un cinéma qui ne lui convient plus, Nicole Courcel revient vers un théâtre intellectuellement plus dense, plus fidèle et qui lui apporte de plus grandes satisfactions.

     

    Plus jeune, on lui avait même proposé d'aller créer «Romancero» 

    de Jacques Deval à Broadway ce qui aurait pu lui apporter une reconnaissance internationale, mais elle refusa pour des raisons personnelles touchant sa vie privée, une vie privée qu'elle sut défendre en toutes circonstances, parfois farouchement.

     

     

     

    En France, elle connut une suite de beaux titres et de succès mérités que l'on ne peut passer sous silence : 

     

    «La bonne soupe» (1958) de Félicien Marceau;«Le cheval évanoui» (1966) de Françoise Sagan, création qu'elle dut arrêter, enceinte de deux jumelles qu'elle perdit; 

     

    «Douce-amère» de et avec Jean Poiret (1970); «Cher menteur» (1975)

    avec Paul Meurisse; 

     

     

    «Même heure, l'année prochaine» (1976/1977) avec Jean Piat,

    et «Une journée particulière» d'après le film d'Ettore Scola dont elle reprit le rôle défendu par Sophia Loren; etc.

     

     

    Simultanément, la télévision lui offrit aussi quelques belles compositions, engendrant de bons souvenirs : 

     

     

    «Les Boussardel» (1972), cinq épisodes d'une saga familiale de la haute bourgeoisie parisienne; 

     

    «Madame Bovary» (1974) en Emma, un tournage dans le cadre magnifique de Gerberoy et doublement merveilleux car enceinte de Julie; 

     

     

    «Quatre femmes, quatre vies» (1981),

     

    quatre portraits de femmes issues de milieux différents, une série écrite sur mesure pour elle;

     

     

    le «Dialogue des carmélites» (1983)

    sous la Terreur en glaçante mère Marie de l'Incarnation face à l'échafaud; 

     

     

    «Allo Béatrice» (1984) à l'écoute des femmes en détresse; 

     

     

     

     

    «La milliardaire», un thriller de Jacques Ertaud; 

     

    «Le destin des Steenfort» (1999) une trilogie dramatique au centre des maîtres de l'orge; et son ultime prestation en grand-mère commanditaire de meurtres dans le «Milady» (2004) de l'infatigable Josée Dayan.

     

     

    Chroniqueuse auprès de Caroline Tresca dans l'émission «Télé Caroline», Nicole Courcel fit également partie du conseil des sages d'Antenne2 chargé de défendre les œuvres de qualité.

     

     

    Elle fonda et fut pendant quinze ans la secrétaire générale de l'Union Syndicale des Artistes

    (de 1969 à 1984) dont elle finit par se retirer, déçue par l'absences de cotisations, de militants et de responsables.

     

    Courageuse et battante, on la vit souvent accompagnée d'amies fidèles, telles Brigitte Auber et Evelyne Dandry.

     

     

    Invitée par Unifrance, Nicole Courcel représenta dignement le cinéma français en maint endroit du globe, les festivals, ceux de Cannes, de Knokke-le-Zoute (1949) en Belgique, de Berlin, de Caracas, de Punta del Este en Uruguay, de Mar del Plata en Argentine reçue pour la circonstance par Evita Perón, l'icône controversée, de Moscou pour la semaine du cinéma français accompagnée entre autres de Gérard Philipe, à Londres avec Martine CarolMartine Carol son amie, pour une Royal Performance, etc.

     

     

    Sa vie de femme…

     

     

    Nicole CourcelNicole Courcel (1990)

    La vie de Nicole Courcel ne fut pas toujours rose.

     

    Sa carrière connut des hauts et des bas. 1992 fut particulièrement une année difficile.

     

    Elle s'était lancée dans la restauration en ouvrant le "Clodenis", un établissement new look dans le XVIIIème arrondissement de Paris.

     

     

    Mal géré par la personne en qui elle avait placé toute sa confiance, le restaurant se trouva en faillite et fut vendu par adjudication.

     

     

    Elle n'eut d'autre ressource pour faire face à cette catastrophe financière que d'accepter l'hypothèque de son appartement et l'heureux soutien de sa maman.

     

     

    On ne peut parcourir la vie de Nicole Courcel sans citer Julie. L'actrice a 43 ans lorsque, le 27 février 1974, elle devient la mère sans mari de Julie. En 1980, Robert Laffont édite les deux-cent pages de son récit, un écrit honnête, franc, à cœur ouvert, un livre plein de tendresse et d'amour, avec lequel elle s'adresse à la première personne à Julie, son petit “bout” de six ans : un livre, une longue lettre dirons-nous, qu'elle intitule «Julie Tempête».

     

    Devenue adulte, Julie se lance dans la photographie, notamment pour "Elle".

     

     

     

    Quatre ans plus tard, elle se tourne vers la gastronomie et devient une présentatrice très appréciée pour ses émissions culinaires et ses livres de recettes, notamment de «C à vous» à «Fourchette et sac à dos» sur France Télévisions.

     

    Jolie, rayonnante, excellente chroniqueuse, elle convole en justes noces fin août 2010 dans un petit village girondin avec le neurochirurgien Stéphane Delajoux.

     

     

    Nicole Courcel fut une femme libre, exemplaire, épanouie, très intelligente.

     

    Célibataire amoureuse, elle a aimé les hommes et certains le lui ont rendu, pas toujours au mieux.

     

    Elle ne renie rien de ses amours discrètes dont nous ignorons l'identité,

    et c'est très bien ainsi.

     

     

    Chère Nicole Courcel, nous vous devons beaucoup.

     

    Nous avons gardé le souvenir de votre voix chaude et caressante.

     

     

    Nous avons retenu cette belle expression, ce somptueux compliment qu'une journaliste vous fit à la veille de votre cinquantième anniversaire en s'exclamant : 

     

    "Quand Nicole Courcel aura 50 ans, notre certitude sera de savoir qu'elle n'aura toujours que deux fois 25… ".

    Aujourd'hui, nous avons peine à le croire, vous n'avez guère plus que 3 fois 25 ans !

     

     

    Documents…

     

     

     

    Sources : propos recueillis auprès de Nicole Courcel lors de l'hommage qui lui fut rendu dans un ciné-club francilien, le 22 janvier 1993, de même que ceux de notre tout récent contact, pour lesquels nous tenons à la remercier, enfin la lecture de son très beau livre de souvenirs «Julie Tempête» (1980 Editions Robert Laffont) fut loin d'être négligée.

     

    Pour le reste, documents personnels, plusieurs images glanées ça et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je nous n'avons pas toujours gardé trace de l'origine.

     

     

    Enfin, notre Collectionneuse, Marlène Pilaete, a consacré une page à 

     

    Nicole Courcel dans sa galerie numéro 8.

     

    Citation :

    "Nicole Courcel est l'actrice type : sans chichis, disponible, juste et humble.

     

    Je conserve d'elle un souvenir magique et mon affection à son égard restera indéfectible.

     

    Elle m'a gentiment, et consciencieusement, mis le pied à l'étrier.

     

     

    La femme est d'une beauté rare et personnelle.

     

    Son appétit de la vie l'a peut-être empêchée de devenir la star qu'elle mérite d'être".

    Paul Vecchiali
    Yvan Foucart (septembre 2012)
     
     
    Filmographie Actrice

    1946 ANTOINE ET ANTOINETTE de Jacques Becker

    1947 LES AMOUREUX SONT SEULS AU MONDE de Henri Decoin

    1948 AUX YEUX DU SOUVENIR  de Jean Delannoy

    1949 RENDEZ-VOUS DE JUILLET de Jacques Becker

    1949 LA MARIE DU PORT de Marcel Carné

    1950 LES AMANTS DE BRAS MORT de Marcel Pagliero

    1951 GIBIER DE POTENCE de Roger Richebé

    1952 LES AMOURS FINISSENT A L'AUBE de Henri Calef

    1953 LE COLLÈGE EN FOLIE de Henri Lepage

    1953 LE GRAND PAVOIS de Jack Pinoteau

    1954 SI VERSAILLES M'ÉTAIT CONTÉ de Sacha Guitry

    1954 MARCHANDES D'ILLUSIONS de Raoul André

    1954 HUIS-CLOS  de Jacqueline Audry

    1954 PAPA, MAMAN, LA BONNE ET MOI de Jean-Paul Le Chanois

    1954 LES CLANDESTINES de Raoul André

    1955 L'INSPECTEUR CONNAÎT LA MUSIQUE de Jean Josipovici

    1955 LA SORCIÈRE de André Michel

    1955 PAPA, MAMAN, MA FEMME ET MOI de Jean-Paul Le Chanois

    1956 L'INSPECTEUR AIME LA BAGARRE de Jean Devaivre

    1956 CLUB DE FEMMES de Ralph Habib

    1956 LE CAS DU DOCTEUR LAURENT de Jean-Paul Le Chanois

    1957 LA PEAU DE L'OURS de Claude Boissol

    1957 LA BELLE ET LE TZIGANE de Jean Dréville et Márton Keleti

    1959 LE TESTAMENT D'ORPHÉE de Jean Cocteau

    1959 EIN MANN GEHT DURCH DIE WAND  de Ladislas Vajda

    1960 LES AMOURS DE PARIS de Jacques Poitrenaud

    1960 LE PASSAGE DU RHIN de André Cayatte

    1960 LES VIERGES DE ROME de Vittorio Cottafavi et Carlo Ludovico Bragaglia

    1960 VIVE HENRI IV, VIVE L'AMOUR de Claude Autant-Lara

    1961 LES DIMANCHES DE VILLE-D'AVRAY de Serge Bourguignon

    1961 LES AVENTURIERS DU KASAI de Yves Allégret

    1963 LE TRAIN DE BERLIN EST ARRÊTÉ de Rolf Haedrich

    1965 LES RUSES DU DIABLE de Paul Vecchiali

    1965 NICK CARTER ET LE TRÈFLE ROUGE de Jean-Paul Savignac

    1966 LA NUIT DES GÉNÉRAUX de Anatole Litvak

    1966 LES CRÉATURES de Agnès Varda

    1970 L'ÉTRANGLEUR de Paul Vecchiali

    1971 L'AVENTURE C'EST L'AVENTURE de Claude Lelouch

     

     

     

     

    1972 LE REMPART DES BÉGUINES de Guy Casaril

    1972 UN OFFICIER DE POLICE SANS IMPORTANCE de Jean Larriaga

    1974 LA GIFLE de Claude Pinoteau

    1974 THOMAS de Jean-François Dion

    1978 L'ESPRIT DE FAMILLE de Jean-Pierre Blanc

     

     

    Télévision

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    SI DIEU ÉTAIT UN HOMME ALORS ÇA SERAIT LUI  !

     

    ---------------------------------------------------------------------

     

     

     

    Viggo Mortensen s'est imposé sur le tard. Commençant comme dans des seconds rôles solides, passant par quelques fulgurances 

    (dans The Indian runner de Sean Penn),

     

     il aura fallu une opportunité inattendue, lui permettant d'obtenir le rôle d'Aragorn dans l'adaptation brillante du classique de Tolkien, 

     

    Le Seigneur des anneaux par Peter Jackson. 

     

    Il devient en 2001 une icône du cinéma d'aventure (registre qu'il cultivera dans Hidalgo et Capitaine Alatriste). 

     

    C'est auprès de David Cronenberg que cet artiste complet (poète, photographe et peintre à ses heures), abordera des rivages plus sombres. 

     

    Entre prestance physique et sensibilité profonde, il vient donner chair au héros de La Route, réalisé par John Hillcoat 

     

    ---------------Débuts difficiles et destins brisés

     

     

    Viggo naît d'une mère new yorkaise et d'un père d'origine danoise le 20 octobre 1958. 

     

    Son enfance est singulière et aventureuse puisqu'il la passe en Amérique du sud. 

     

    Un diplôme tirant partie de ses facultés polyglottes en poche, Viggo sort de l'université en 1980 pour affronter le vaste monde. 

     

    Après quelques boulots improbables, il se prend de passion pour le métier d'acteur et s'y consacre tout entier. 

     

    Sa première apparition d'importance a finalement lieu dans Witness, film taillé sur mesure pour Harrison Ford. Peter Weir remarque le jeune acteur et étoffe son rôle au départ très secondaire. 

     

    Il décroche des rôles dans des petits films comme Fresh horses 

    ou Prison de Renny Harlin en 1988, film d'horreur sur fond d'enfer carcéral. 

     

    Au début des années 90, il apparaît dans Leatherface, massacre à la tronçonneuse 3. Viggo Mortensen a connu des débuts difficiles et une période de vaches maigres, faite de déceptions et de frustrations qui en aurait découragé plus d'un.

     

    L'Enfant miroir de Philip Ridley est l'un de ses premiers grands films, où il incarne le frère irradié par des essais nucléaires du jeune héros.

     

     Le rôle de la révélation survient en 1991 avec The Indian runner de Sean Penn. Il y est le frère à problèmes d'un policier intègre et bien intentionné, David Morse, qui tente de le détourner de ses démons. 

     

    Il incarne un personnage irrémédiablement brisé par le Vietnam, menant une existence intense et sans issue.

     

    Sa carrière prend alors un autre tour. Mais la prestance de l'acteur ne sert que des rôles de méchants (comme dans L'extrême limite avec Wesley Snipes en 1994).

     

     Il est alors dans des séries B comme American Yakuza.

     

     Il côtoie Harvey Keitel dans The Young Americans en 1993. Mais c'est face à un autre monstre sacré qu'il fait une prestation marquante, dans L'Impasse de Brian de Palma avec Al Pacino. Ce dernier est en quête de rédemption. 

     

    Mortensen apparaît comme le spectre de son ancienne vie, bandit jadis magnifique, à présent piteusement cloué à son fauteuil roulant, geignant sur sa splendeur passée et mouchardant pour les flics.

     

     Il s'embarque ensuite dans l'aventure sous-marine de Tony Scott, USS Alabama, pris dans la bataille entre Denzel Washington et Gene Hackman. Viggo a pu à cette époque incarner un Lucifer tourmentant son archange Christopher Walken dans The Prophecy en 1995.

     

    Il a également retrouvé Philip Ridley pour Darkly Noon.

     

     

    Enfin son étoile commence à briller et le qualifie pour des rôles plus importants.

     

     

     

     

     

    -----------Compositions solides et avènement d'un roi-----------

     

     

    Viggo Mortensen est choisi pour incarner l'un des soupirants d'Isabelle Archer, héroïne éprise de liberté de Portrait de femme, réalisé par Jane Campion et adapté du roman de Henry James.

     

    Il est ensuite piégé dans un tunnel avec Sylvester Stallone dans Daylight. 

     

     

     

    En 1998, il est l'instructeur de la rude Demi Moore dans A armes égales de Ridley Scott, se préparant méticuleusement pour son rôle comme il a coutume de le faire en suivant un entraînement strict. 

     

    Pas toujours du meilleur tonneau, ces grosses productions imposent pourtant Viggo comme un solide acteur de composition.

     

    Il peut aborder des oeuvres très différentes. Il participe à la première réalisation de Kevin Spacey en 1997, Albino aligator. Il campe l'artiste qui entretient une liaison torride avec Gwyneth Paltrow dans Meurtre parfait. 

     

     

     

    Ce remake du classique hitchcockien Le Crime était presque parfait en appelle un autre, l'hommage de Gus Van Sant à un autre chef d'oeuvre, Psycho en 1998. Viggo, dont on a enfin compris le potentiel et la facilité à passer d'un registre à un autre, pourra faire partie d'une romance avec Sandra Bullock, 28 jours en sursis. 

     

    Il sera surtout d'un très beau petit film, le Choix d'une vie de Tony Goldwyn en 2000, en hippie tirant une femme au foyer de sa torpeur (Diane Lane) en marge du festival de Woodstock.

     

     

     

    La carrière de Viggo Mortensen est alors solidement lancée. 

     

    ------------------Rien n'annonce pourtant l'entrée dans la légende qui s'annonce. 

     

     Viggo Mortensen hérite du rôle d'Aragorn au dernier moment, en remplacement 

    de Stuart Townsend. Il s'envole donc pour la Nouvelle Zélande et s'imprègne du personnage. 

     

    On le découvre sous les traits de Grands Pas dans Le Seigneur des anneaux : 

    la Communauté de l'anneau.

     

     Il s'inscrit dans la tradition des grands héros d'aventure (rappelant dans certaines séquences Douglas Fairbanks).

     

     Il nourrit surtout son rôle d'une majesté qui s'affirme au fil de la trilogie.

     

     Il confère à Aragorn sa dimension spirituelle, celle d'un homme qui se souvient de sa noblesse et reprend à contrecoeur une lignée royale brisée. 

     

    Viggo campe un être tourmenté :

    par son ascendance qui n'a pas su résister au pouvoir de l'anneau, par le destin qui lui est imposé et par l'amour qu'il éprouve pour Arwen, princesse elfe qui renonce à son immortalité pour lui.

     

     

     

     --------------Au terme de la fresque, l'acteur a composé un héros emblématique, 

    d'une puissance rare. !!

     

     

     

    Entre aventure et noirceur

     

     

    On retrouve Mortensen dans un autre récit aventureux, Hidalgo de Joe Johnston en 2004, où il est un cowboy engagé dans une course à travers le désert arabe, sur un beau cheval Mustang. 

     

    Sa carrière prend un autre tour lorsqu'il rencontre David Cronenberg pour incarner le héros de A History of violence. 

     

    En Américain moyen dont on découvre peu à peu le trouble passé, Mortensen dépeint de nouveau une nature inattendue qui se révèle peu à peu dans toute sa violence, cachée par son quotidien insoupçonnable. 

     

    Il retrouve le metteur en scène en 2007 pour Les Promesses de l'ombre.

     

     Il est plongé dans le sombre microcosme de la mafia russe officiant à Londres.

     

    Viggo est l'homme de main loyal d'un parrain respecté et ami proche de son fils instable campé par Vincent Cassel.

     

     D'abord, glacé et impassible, il va peu à peu se compromettre pour aider Naomi Watts dans sa quête. 

     

    Une fois encore, l'évolution du personnage est spectaculaire et n'est pas ce qu'il semblait de prime abord.

     

     

     

    --------- Viggo Mortensen

     

    Profitant de son aisance autant en espagnol que dans le maniement de l'épée, Mortensen tient le rôle principal de Capitaine Alatriste d'Agustin Diaz Yanes en 2008. 

     

    Adapté d'un roman d'envergure d'Arturo Pérez-Reverte, ce récit de cape et d'épée aurait pu être superbe et profiter de son charismatique interprète et de son contexte foisonnant. 

     

    Le résultat trop classique et académique s'avère pourtant décevant. Ed Harris réalise avec Appaloosa un western contemplatif et engage Viggo Mortensen pour lui donner la réplique. 

     

    Adjoint du shérif appelé pour ramener l'ordre dans une communauté terrifiée par une bande de bandits (menée par Jeremy Irons), 

     

    Viggo trouve naturellement sa place, comme on pouvait s'y attendre, au sein de l'Ouest légendaire.

     

     Il est enfin le héros de La Route de John Hillcoat, protégeant son fils dans un monde apocalyptique où l'humanité est contrainte à la survie et réduite à la barbarie.

     

    De ses débuts parfois frustrants, Viggo Mortensen s'est imposé comme un acteur d'importance, d'une grande présence physique et faisant preuve d'une implication impressionnante. 

     

    Privilégiant dès qu'il en a eu le pouvoir, l'originalité et les univers singuliers, il s'est imposé comme l'indétrônable roi venant faire valoir ses droits sur la Terre du milieu. 

     

    Il a dévoilé un autre aspect de son talent en campant les personnages 

    troubles de David Cronenberg. 

     

    Espérons que sa décision de mettre un terme à sa carrière (lassé par les promos et les tournages qui le tiennent éloigné de chez lui), 

     

    Nicolas HOUGUET.. auteur de l'article

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