• La loi sur le statut des juifs en 1940, bouleverse la vie culturelle française.(2/2)

     

    La loi sur le statut des juifs en 1940, bouleverse la vie culturelle française.(2/2)

    Exposition 1941

    Seconde partie.

     

    En établissant -avant même que l'occupant ne lui réclame- un statut des juifs, le gouvernement de Vichy provoque la disparition de nombreux et talentueux artistes juifs. Dès lors, une véritable "chasse aux sorcières" touche toute la profession des arts et du spectacle...

    Avant que les Allemands vainqueurs ne lui demandent, le gouvernement de Pétain, réfugié à Vichy, organise l'exclusion des juifs des professions de la culture.

    Le 3 octobre 1940, en effet, est édictée la première loi sur le statut des juifs: il leur est interdit tout emploi dans les services étatiques culturels, et toute fonction de responsabilité dans les métiers liés aux journaux, salles de spectacles, distribution et fabrication de films, ainsi que de radiodiffusion. Elle précède la loi allemande du 18 octobre 1940 qui impose << la déclaration de toutes entreprises juives afin de les mettre en gérance et de les vendre >>.

    Affiche expoAinsi, pour travailler dans le cinéma, une carte d'identité professionnelle est désormais obligatoire. Délivrée après examen d'un extrait de naissance, elle élimine les juifs et les étrangers.

    Très exposés, les gens du spectacle sont la cible de dénonciations par vengeance et jalousie. Sacha Guitry devra se défendre d'avoir des parents juifs russes, tandis que Charles Trenet sera accusé d'être un fils de rabbin. Abel Gance se verra reprocher de faire appel à des producteurs juifs pour financer ses films.

    Ces mesures racistes provoquent la disparition de nombre de professionnels de tous les domaines du spectacle, obligés de s'exiler: auteurs, producteurs, réalisateurs, acteurs, techniciens.

    Le vide créé va profiter à certains car la demande de spectacles s'accroît après la défaite de mai 1940. Dans le cinéma notamment, l'exclusion des juifs et la fin de la concurrence américaine d'Hollywood, va créer des opportunités que saisiront les jeunes réalisateurs français (Becker, Bresson, Cayatte, Clouzot, Autan-Lara, Allegret, etc.)

    Pour compléter les lois de Vichy, les Allemands publient, en octobre 1940, "Les listes Otto": ce sont des listes d'ouvrages à détruire, écrits par des réfugiés politiques ou des écrivains juifs. Ils sont accusés d'empoisonner l'opinion publique française. Sont condamnés au pilon, en vrac: De Gaulle, Aragon, Kessel, Malraux, Einstein, Marx, Freud, Blum, Zweig...

    Les Allemands vont demander aux éditeurs français d'établir eux-mêmes des listes de livres à interdire et tenter ainsi de leur faire porter la responsabilité de la censure. En fait, les éditeurs doivent se plier aux ordres des services de la propagande et de l'ambassade allemande.

    Le second statut des juifs de 1941, édité par Vichy, renforce les exclusions et la loi du 17 novembre 1941 interdit aux juifs l'édition et l'impression d'ouvrages quelconques. Ainsi, le monde de l'édition sera lui aussi repris en main par Vichy pour éliminer toute production "judéo-bolchéviste".

    Le gouvernement de Pétain s'est donc aligné, de son plein gré, sur les positions de l'Allemagne: bannir les juifs de la culture et de sa diffusion.

     

    Michel Vigourt

    Seconde Guerre mondiale 1939-1945. N° 3 / 07-08 02

     

    Fin de l'article.

     

    Ci-dessous les actualités françaises de 1941 relatant l'exposition "Le juif et la France".

     

     
     

     

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