• LA GRANDE ILLUSION ( 1937 )

     

     

     

     

     

    "La Grande Illusion" de Jean RENOIR

    Rôles principaux : 

    Jean Gabin, Pierre Fresnay, Erich Von Stroheim, Dita Parlo, Marcel Dalio, Julien Carrette, ...

    La Grande Illusion est sans conteste l’une des œuvres majeures du cinéma français, par son esthétisme, la profondeur psychologique de ses personnages, mais également au regard du contexte historique et politique dans lequel elle fut réalisée (le film sort en 1937).

    Témoignant des souffrances encore vives de la Première Guerre Mondiale, ce film semble lancer un appel pacifiste et désespéré face à l’imminence d’un nouveau conflit contre l’Allemagne nazie.

     

     

     

     

    Fils du peintre impressionniste Auguste Renoir, Jean Renoir s’était engagé en 1912 dans un régiment de cavalerie.

     

      

    En 1914, il a vingt ans. Sous-officier au 1er Régiment de Dragon, Renoir est blessé par une balle qui lui facture la jambe en 1915, dans les Vosges. Il retrouve le front en 1916 et, bien qu’handicapé, sert en tant qu’aviateur au sein d’une escadrille de reconnaissance. Après guerre, il entame une carrière de cinéaste, gagnant une notoriété internationale dans les années trente avec Boudu sauvé des eaux, le Crime de Monsieur Lange, les Bas-fonds...

     

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    Le tournage de la Grande Illusion témoigne de l’adhésion de Jean Renoir pour les idéaux du Front Populaire. Il place dans un huis-clos (un camp de prisonniers) des soldats de grades et surtout de milieux sociaux différents, que la guerre a uni mais qui n’ont pas rompu avec certaines tensions de classes.

     

    Le capitaine de Boëldieu (aristocrate interprété par Pierre Fresnay) et le lieutenant Maréchal (ouvrier campé par Jean Gabin), sont aviateurs.

     

    Leur appareil est abattu par un as de l’aviation allemande, Von Rauffenstein (joué par Erich Von Stroheim), un aristocrate qui, en tant de paix, avait fait connaissance de la famille de Boëldieu. En captivité, les deux officiers français se lient d’amitié avec d’autres prisonniers, dont le lieutenant Rosenthal, fils d'une famille juive fortunée, et le sergent Cartier, un Titi parisien gouailleur.

     

     

     

    La vie en captivité est rythmée par le partage communautaire, les nouvelles du front (notamment de la bataille de Verdun), et un projet d’évasion qui finalement avortera.

     

     

    La Grande illusion © Réalisations d'Art Cinématographique

     

    Les geôliers sont le reflet social des prisonniers, ce qui favorise certains échanges.

     

     La Grande illusion de Jean Renoir

     

     

    Les deux aviateurs français sont transférés dans une forteresse en montagne, commandée par Von Rauffenstein qui, grand mutilé de guerre, n’est plus que l’ombre de lui-même.

     

    Jean Gabin et Pierre Fresnay

    Ce dernier entretient une relation privilégiée avec de Boëldieu, avec lequel il partage le rang et les valeurs d’une aristocratie qu’ils savent tous deux sur le déclin.

     

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    Alors que les officiers français (rejoints par le lieutenant Rosenthal) tentent une ultime évasion, Von Rauffenstein abat de Boëldieu, lequel se sacrifie par devoir pour sauver ses camarades.

     

     

    En fuite, Rosenthal et Maréchal trouvent refuge dans une ferme allemande, accueillis par une veuve de guerre, Elsa – qui, du reste, aura une liaison avec Maréchal.

     

    Après quelques semaines de répit et d’apparent bonheur, les officiers français sont contraints de prendre leur route vers la Suisse.

     

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    Le film s’achève sur la séparation douloureuse et symbolique de Marechal et d’Elsa.

     

     

    La Grande Illusion n’est pas un film de guerre,

    mais un film contre la guerre.

     

     

    Renoir met en scène des hommes en perpétuel conflit intérieur, balançant entre sens du devoir, nostalgie d’un monde perdu et quête vaine du bonheur.

     

     

    Photo de La Grande illusion

     

     

    Les frontières sociales et culturelles sont en perpétuel mouvement.

     

    En 1916, deux officiers français sont faits prisonniers et enfermés dans un stalag réservé aux gradés.

    Entre les détenus règne une ambiance de solidarité et de sympathie soutenue par les tentatives d’évasion.

    Cette atmosphère se maintient avec les différents lieux d’incarcération, notamment le troisième lieu, dont deux officiers réussissent à s’évader grâce au sacrifice d’un capitaine.

    Les fugitifs, sur le chemin de la Suisse, sont accueillis par une fermière dont le mari et les frères ont été tués au front.

     

    Dans un contexte de très grave tension internationale où l’Europe menace de s’enflammer sous la montée des totalitarismes, Renoir dénonce l’antisémitisme, met en cause le nationalisme aveugle et exhorte à la fraternité entre les peuples, au-delà des conditions sociales.

     

    Ce discours pacifiste d’avant-guerre, repris par une partie de l’opinion publique française, illustre également l’état d’esprit d’un grand nombre d’anciens combattants de la Grande Guerre (dont Renoir) qui avait cru à l’illusion de la « der des ders ».

     

     

     

    « La Grande illusion » : une restauration qui revient de loin

    Par Jacky Bornet Publié le 15/02/2012

    sources :

    http://www.francetv.fr/culturebox/la-grande-illusion-une-restauration-qui-revient-de-loin-81566

     

     

    De Jean Renoir (France, 1937), avec Jean Gabin, Pierre Fresnay, Erich Von Stroheim, Dalio, Carette, Dita Parlo - 1h44 - réédition

    Synopsis : Première Guerre mondiale. Deux soldats français sont faits prisonniers par le commandant von Rauffenstein, un Allemand raffiné et respectueux.

     

    Conduits dans un camp de prisonniers, ils aident leurs compagnons de chambrée à creuser un tunnel secret. Mais à la veille de leur évasion, les détenus sont transférés.

     

    Ils sont finalement emmenés dans une forteresse de haute sécurité dirigée par von Rauffenstein.

     

    Celui-ci traite les prisonniers avec courtoisie, se liant même d'amitié avec Boeldieu. Mais les officiers français préparent une nouvelle évasion.

     

     

     

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    « Ennemi cinématographique numéro un »


    « La Grande illusion » de Jean Renoir, sorti en 1937, demeure un des plus grands films de l’histoire du cinéma.

     

    Réunissant une pléiade d’acteurs, parmi les plus grands de l’époque – Jean Gabin, Pierre Fresnay, Erich Von Stroheim, Dalio, Carette – sur un scénario de Jean Renoir et Charles Spaak, le film connu une curieuse destiné et plusieurs mutilations que répare la magnifique restauration opérée par la Cinémathèque de Toulouse, aujourd’hui en salles.

     

    Immense succès en France à sa sortie, comme en Europe, « La Grande illusion », bien que couronné d’un prix spécialement créé pour lui au Festival de Venise, s’est vu interdit dans l’Italie mussolinienne, l’Allemagne hitlérienne, puis la France occupée, pour son manque de patriotisme.

     

    Goebbels, chef de la propagande nazie qualifiait le film d’« ennemi cinématographique numéro un », pour son discours humaniste, pacifiste, et l’exposition d’un rapprochement entre soldats français et allemands durant la Première guerre mondiale.

     

     

     

    Pierre Fresnay et Erich Von Stroheim dans

     

    "La Grande illusion" de Jean Renoir

     

    Quelle illusion ?


    Le titre du film est demeuré pour beaucoup une énigme.

     

    De quelle illusion s’agit-il ?

    Celle que nourrissent les prisonniers français dans leurs tentatives d’évasion ?

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    Celle d’un rapprochement entre les classes que met en perspective le film ?

    En fait le mot est prononcé à deux reprises, toujours en rapport avec la guerre. La première fois, il s’agit de l’illusion que représente une fin prochaine du conflit.

     

    La seconde, à la toute fin, se réfère encore à une hypothétique fin de la guerre, Jean Gabin ajoutant :

     

     

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    « en espérant que c’est la dernière ».

     

    Ce à quoi Dalio répond :

     

    « Ah, tu te fais des illusions ! ».

     

    Un dialogue prémonitoire en 1937, alors que les tensions entre la France et l’Allemagne vont croissantes, jusqu’à la déclaration de guerre en août 1939, deux ans après la sortie du film.

     

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    « La Grande illusion » est également clairement celle de l’imperméabilité entre les classes. Celles-ci sont clairement définies dans le rapprochement entre le capitaine français, de Boeldieu, qu’interprète Pierre Fresnay, et le commandant Von Rauffestein, joué par Erich Von Stroheim,

     

    Ce dernier n’a de cesse de privilégié l’officier français, répétant à loisir qu’eux deux appartiennent à l’élite aristocratique, en opposition aux autres prisonniers.

     

     

    De Boelieu lui démontrera l’inverse en se sacrifiant pour facilité l’évasion de son mécanicien (Jean Gabin), qui relève de la classe ouvrière, et Rosenthal (Dalio), qui se réclame de la bourgeoisie juive.

     

     

     

    Jean Gabin et Pierre Fresnay dans "La Grande illusion"

    de Jean Renoir ©

     

    Paris-Berlin-Moscou-Toulouse

     


    La restauration de « La Grande illusion » est le fruit d’une étroite collaboration entre le Gosfilmofond – les archives cinématographiques – de Moscou et la Cinémathèque de Toulouse, désormais détentrice du négatif original.

     

    Mais comment un tel patrimoine national a pu se trouver à Moscou ?

     

     

    Quand en 1940 les troupes allemandes occupent Paris, elles font main basse sur nombre d’œuvres d’art et notamment des négatifs de films qu’elles envoient à Berlin comme trésor de guerre.

     

    Lors de la prise de Berlin par l’armée rouge en 1945, les soviétiques font de même.

     

    Au milieu des toiles de maîtres et de nombreux négatifs de films américains, allemands et français, figure celui de

     

    « La Grande illusion » de Jean Renoir.

     

    Les Soviétiques les nommaient leurs « films trophées ».

     

     

    BANDE-ANNONCE LA GRANDE ILLUSION 1937 DE JEAN RENOIR AVEC JEAN GABIN PIERRE FRESNAY ERIC VON STROHEIM JULIEN CARETTE MARCEL DALIO ... TRAILER V.F HQ

     

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    Après-guerre,

     

    « La Grande illusion » fera l’objet de plusieurs rééditions, mais les différents montages ne seront jamais exhaustifs, tel que Renoir avait réalisé le film en 1937.

     

    Le cinéaste passera une grande partie de sa vie à le reconstituer et y parvient quasiment en 1958.

     

    Il y restaure les allusions aux maladies vénériennes des militaires coupées à la première sortie du film en France ; redonne toute son ampleur au rôle d’Elsa (Dita Parlo) qui accueille les évadés (Gabin et Dalio) ; réinstaure les scènes coupées lors de la courte sortie du film en Allemagne, où le personnage de Dalio exprime la générosité juive.

     

      

      

    Aujourd’hui enfin visible dans une version inédite par sa haute teneur technique,

     

    « La Grande illusion » retrouve toute sa verve, sa beauté et son propos, dans une version numérique qui restitue toute la finesse des images, sans une seule égratignure et une restauration sonore d’une qualité inespérée, à faire pâlir les prises de son contemporaines.

     

    Comme le film à son origine, cette réédition s’avère un chef-d’œuvre, à voir en salles dès le 15 février, avant sa sortie en DVD et Blu-Ray le 21.

     

     

     

     

     

     

     Les admirateurs de Renoir adorent aussi Le Caporal épinglé (1961), autre histoire d’évasion, étude de caractères moins idéologique et dernier long métrage de cinéma du cinéaste, avant son “Petit théâtre” final.

     

     

     

     

     

     

     

     

      http://www.culture-alsace.org/cinema-audiovisuel/bureau-accueil-tournage/ils-ont-tourne-en-alsace-agence/la-grande-illusion

      

      

      

     

    « ROBIN RENUCCILINO VENTURA »
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