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    Arletty, actrice française de son vrai nom Léonie Bathiat (1898-1992)

    Arletty, actrice française de son vrai nom Léonie Bathiat (1898-1992)

    Prod DB

    La publication, dans un livre événement, des lettres de l'actrice à son amant allemand, sous l'Occupation, braque les feux sur une passion interdite. Son plus mauvais rôle fut sa plus grande histoire d'amour. Récit.

    Finalement, de toute cette histoire, on ne connaît qu'une célèbre formule, attribuée à la gouaille provocante d'Arletty : "Mon coeur est français, mais mon cul est international !" Une "réplique" - peut-être apocryphe, d'ailleurs... - qui semble résumer à elle seule le parfum de soufre planant, depuis soixante ans, sur la relation que la comédienne entretint avec un bel officier allemand sous l'Occupation. L'inconscient collectif imaginait de troubles réceptions sur fond de croix gammées et une rumeur tenace prétendait même qu'Arletty avait été tondue à la Libération... 

    La réalité fut assez différente.

     

    L'Express peut aujourd'hui éclairer d'un jour nouveau la plus sulfureuse liaison de l'Occupation, en révélant en avant-première le contenu de la correspondance inédite de la "môme de Courbevoie" avec son officier de la Luftwaffe.

     

     

    Publiée la semaine prochaine par les éditions Textuel, elle nous fait découvrir une fiévreuse passion amoureuse qui - surprise ! - a continué bien après la guerre. 

     
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    Un mot, d'abord, sur le parcours tortueux de ces lettres :

     

    restituées à Arletty, non sans élégance, par la propre épouse de l'amant allemand au début des années 1960, elles ont mystérieusement atterri, après la mort de la comédienne, chez un marchand d'autographes de Genève, où une célèbre collectionneuse suisse, Anne-Marie Springer, les a achetées. C'est cette dernière qui a décidé de les rendre publiques aujourd'hui, sous forme de fac-similé, dans un magnifique volume intitulé Amoureuse et rebelle (Textuel), où l'on trouvera également deux correspondances poignantes d'Edith Piaf et d'Albertine Sarrazin. 

     

     

    Comme dans un roman galant du xviiie siècle, l'idylle se noue dans une loge de théâtre. Le 25 mars 1941, salle du Conservatoire, à Paris, Josée de Chambrun, fille de Pierre Laval, présente à son amie Arletty un officier allemand :

     

     

    Hans-Jürgen Soehring et Arletty

    il s'appelle Hans Jürgen Soehring, il est assesseur au conseil de guerre de la Luftwaffe à Paris. "Ce jeune homme singulièrement beau et d'une parfaite indifférence devait bouleverser ma vie", dira celle que la France entière adulait pour ses piquantes prestations dans Hôtel du Nord ou Fric-Frac. 

    Arletty a 42 ans ; Soehring, dix de moins.

     

    Né à Constantinople en 1908, ayant tenté sans succès de faire fortune en Argentine avant de devenir magistrat en Allemagne, lecteur fervent des poètes romantiques, s'exprimant dans un français parfait, mâchoire volontaire, regard métallique, l'Allemand dégage une impression d'autorité et de douceur.

     

    Signe particulier :

    il a les oreilles en pointe. Arletty le surnomme d'emblée "Faune".

     

    Toutes les lettres qu'elle lui écrira commenceront par ce mot magique, jeté dans la fièvre de son ample écriture bleu turquoise : "Faune". Elle, elle signera "Biche". 

     

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    Hans Jürgen Soehring

    Quelques semaines plus tard, la biche et le faune se donnent rendez-vous près de Paris, au château de Grosbois, siège de la Luftwaffe, où

     

    l'on tourne Madame Sans-Gêne. "Service, service, la cantinière était à l'heure, en costume d'amazone, badine en main. Et c'est ainsi que tout commença... Voilà tous mes forfaits !" écrira drôlement Arletty dans son livre de souvenirs, La Défense (Ramsay), au détour de l'un des très rares passages où il est question de "Hans S.".

     

    Leur passion est immédiate, totale, ravageuse. Dès qu'ils le peuvent, ils se retrouvent dans le luxueux appartement que loue la comédienne au 13, quai de Conti, à deux pas de l'Académie. A l'heure où la France vit au rythme des tickets de rationnement et des exécutions d'otages, on dîne de homards et d'huîtres de Marennes, on boit du champagne, fenêtres ouvertes sur la Seine. Puis le Faune s'installe au piano à queue pour une improvisation.

     

    Colette, Guitry, Valéry passent de temps en temps.

     

    On voit le couple aux premières à l'Opéra, on les aperçoit lors d'une escapade amoureuse à Megève. Ils ne se cachent pas. "J'étais soehringuisée au maximum !" résumera Arletty à son biographe et confident, Denis Demonpion. 

     

     

    A ce stade, évidemment, une question que l'on ne peut esquiver : Hans Jürgen Soehring était-il nazi ? Membre du Parti national-socialiste avant guerre, il fut un magistrat allemand loyal sans être fanatique, avant d'intégrer l'aviation.

     

    Certes, sous l'Occupation, il est un des hommes de confiance de Göring à Paris - une photo montre les deux hommes montant dans une immense Mercedes... Arletty sera d'ailleurs présentée au maréchal du Reich lors d'une réception.

     

    Mais il semble que sa liaison affichée avec la Garance des Enfants du paradis ait quelque peu nui à la carrière de Soehring.

     

    En 1943, il est envoyé se battre dans le ciel d'Italie, du côté de Monte Cassino. Après la guerre, il ne sera pas inquiété et sera même nommé consul de RFA en Angola,

    en 1954.

     

    Alors, ce Soehring, à la fois lecteur de Goethe et ami de Göring ?

     

    "Il savait nager", éludera énigmatiquement Arletty... 

     

     

    A la Libération, la comédienne, elle, va couler.

     

    Elle symbolise à elle seule cette "collaboration horizontale" honnie des Français, même si elle n'a pas tourné de films compromettants avec la Continental, la société contrôlée par les Allemands.

     

     

    En juillet 1944, pourtant, Soehring l'avait conjurée de fuir avec lui.

     

    Elle refuse. Affolée, le 23 août, Arletty entame une errance à vélo dans la nuit parisienne, avec la hantise d'être reconnue par des libérateurs à la détente facile.

     

     

    Elle atterrit chez des amis, à Montmartre, puis se cache chez une comtesse à Choisy-le-Roi et, enfin, à l'hôtel Lancaster, à deux pas des Champs-Elysées.

     

    Le 20 octobre 1944, deux messieurs viennent l'arrêter. Ce qui nous vaut un nouveau bon mot de la "môme de Courbevoie".

     

    A l'un des policiers qui l'interroge : "Alors, comment ça va ?",

     

    elle répond : "Pas très résistante..." 

     

     

    Interrogatoires, onze nuits dans un cachot de la Conciergerie, puis transfert au camp d'internement de Drancy.

     

    Contrairement à la légende, Arletty ne sera jamais tondue.

     

    Elle est libérée quelques semaines plus tard et assignée à résidence au château de la Houssaye, en Seine-et-Marne.

     

    Avec interdiction de tourner. Finalement, le 6 novembre 1946, le Comité national d'épuration la condamne à un "blâme", peine assez bénigne.

     

    Parmi les griefs qui lui sont reprochés :

     

    "A connu officier allemand en 1941. Liaison amoureuse avec ce dernier." 

     

    Les juges ne croient pas si bien dire. Ils l'ignorent, bien entendu, mais, en cet après-guerre, l'idylle avec l'"officier allemand" se poursuit secrètement.

    Les lettres passionnées exhumées aujourd'hui le prouvent.

     

    Le 18 mars 1946 :  "Ma vie, mon âme t'appartiennent."

     

    Le 18 septembre :

     

    "Je désespère. Sauve-moi."

     

    Le 9 novembre : "je t'aime si fort..." Mais les circonstances historiques séparent les deux amants : Arletty est assignée à résidence et Soehring vit à Marquartstein, près de Munich, dans la zone d'occupation américaine. Pour le rejoindre, la comédienne, qui a pris ses quartiers dans la chambre 312 du Plaza Athénée grâce à la générosité du propriétaire, un ami, a besoin d'une autorisation administrative qui ne vient jamais.

     

    Alors, "Biche" envoie des Lucky Strike en Bavière et "Faune", en indécrottable romantique, lui retourne des orchidées de montagne. Mais Arletty se sent si seule ! "Après avoir été la femme la plus invitée de Paris, je suis la femme la plus évitée", grince-t-elle. 

     

     

    Sitôt son horizon judiciaire éclairci, elle saute dans un train gare de l'Est et rejoint son amant en Bavière. Ils passent Noël 1946 ensemble. Soehring la demande en mariage. Refus, la comédienne plaçant toujours son indépendance au-dessus de tout.

     

    Six mois plus tard, la pestiférée du cinéma français se retrouve de nouveau face à une caméra, celle de Carné, pour La Fleur de l'âge.

     

    "Aujourd'hui, premier maquillage depuis le 31 mars 1944", écrit-elle, émue, à Soehring. Le tournage emmène l'équipe à Belle-Ile.

     

    Arletty rêve d'y jouer les Robinson avec son amant allemand. "J'ai acheté pour toi, aujourd'hui, avant de quitter cette île, une petite maison bretonne", lui révèle-t-elle le 26 juillet 1947. 

     

     

    Las ! le Faune n'y mettra jamais les pieds. Les deux amants se retrouveront bien, en 1949, à Paris. Mais l'intuitive Arletty sent qu'une autre femme est entrée dans la vie de l'Allemand. Leur passion s'éteint doucement.

     

    Certes, lorsque Soehring est nommé consul à Luanda, c'est Arletty qui va récupérer ses chaussures chez un bottier parisien, pour les lui envoyer en Afrique. Les lettres se font plus rares, pourtant. 

     

     

    Entre-temps, l'ancien officier de la Luftwaffe a été nommé ambassadeur de RFA à Léopoldville (Congo), où, au passage, il se lie d'amitié avec Claude Imbert, futur fondateur du Point. Le 9 octobre 1960, il part se baigner dans le fleuve Congo, avec son fils de 12 ans. Soudain, il est emporté par le courant et disparaît dans les eaux limoneuses.

     

    Ne surnage que son chapeau de paille. Son corps ne sera jamais retrouvé.

     

     

    Fin romanesque. Arletty est sonnée.

     

    Elle lui survivra trois décennies, s'éteignant en 1992, aveugle, à 94 ans.

     

    "Soehringuisée" à tout jamais.

     

    Après le Faune, cette femme au tempérament de braise n'a plus eu le moindre amant. Ni français ni international. 

     

     

     

    http://www.lexpress.fr/culture/cinema/le-beau-nazi-d-arletty_725138.html

     

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    Catherine Frot
     
     
    Catherine Frot MARTIN BUREAU / AFP

    Je ne serais pas arrivée là si…

    … Si ma grand-mère paternelle n’avait pas été une grande fidèle de la Comédie-Française, qui me racontait toutes les pièces qu’elle allait voir. Elle était commerçante et a été abonnée pendant quarante ans au Français. Elle m’a communiqué son amour du théâtre.

    Quels souvenirs gardez-vous de ses récits ?

    Elle ne s’est jamais remise de la représentation du Dindon. Elle rejouait sans cesse les répliques et partait dans des fous rires. Le plaisir rayonnant que je voyais sur son visage, c’était magique.

    Cela vous faisait rêver ?

    Cela m’impressionnait. Je recevais sa joie et surtout son amour des acteurs – Jacques Charon, Jean Le Poulain… C’était comme si elle les avait toujours connus.

    Elle ne vous a jamais emmenée avec elle au théâtre ?

    Non. Par contre, elle est venue me voir dans l’une de mes premières pièces. A peine entrée sur scène, elle a crié : « C’est ma petite fille ! » Tout le monde a entendu.

    Votre première envie professionnelle n’était pas la scène…

    Gamine, je voulais être géologue. Mon père, ingénieur, nous racontait sans cesse comment la Terre s’était fabriquée, nous expliquait la forme des montagnes. Je ramassais des cailloux, j’aimais leur graphisme, leurs taches, la possibilité d’évasion lorsqu’on les regarde ; comme dans la peinture de Pierre Soulages, que j’adore. Mais je me suis aperçue que je ne pouvais pas faire un métier scientifique. J’étais trop attirée par le domaine artistique.

    Pourquoi ?

    Parce que je voulais faire l’inverse de mes parents. Un peu par rebellion. Je refusais de faire de longues études. Avocat, médecin, etc., c’était « non ». J’aime depuis toujours l’état contemplatif. Très tôt, la notion de transformation était pour moi une idée artistique. La nature se transforme en peinture, les acteurs se transforment en personnages, cela m’a toujours interpellée.

    Votre première transformation, c’était Zavattine dans la cour de l’école ?

    Oui. J’étais en CM2. Dans la cour de récréation, il y avait comme une piste autour de trois arbres. Je m’y installais. Tous les enfants se mettaient autour de moi. C’était un rendez-vous quotidien.

    Pourquoi Zavattine ?

    Mon père nous sortait beaucoup au cirque et au cinéma, voir les grands comiques de l’époque, Jacques Tati, Chaplin… Lorsque j’ai découvert Zavatta, cela a été un choc énorme. Voir ce grand clown acrobate, qui pouvait rester immobile à l’horizontal, cela m’a subjuguée.

    Qu’est-ce qu’elle faisait, cette Zavattine ?

    C’était spontané. C’était plus fort que moi. Je disais par exemple : « Alors aujourd’hui, Zavattine va au marché, avec sa grand-mère ». Cela durait le temps de la récréation et ça cartonnait ! Ce fut mon premier public. Quand j’étais enfant, avec mon frère et ma sœur, on représentait beaucoup mes parents en spectacle : je jouais le rôle de mon père, ma sœur faisait ma mère et mon frère faisait les enfants. Mon père ricanait. Mais l’idée de devenir actrice est arrivée bien plus tard, un peu par hasard.

    Dans votre jeunesse, vous avez vécu beaucoup de déménagements, un divorce, vous dites n’avoir jamais ressenti de « sérénité familiale » ?

    C’est vrai. La notion de déracinement me pesait. Maintenant, j’accepte le chaos de la vie. Mais auparavant, j’avais du mal, j’avais besoin de repères. Je reste très proche de mon père. Ma mère, professeur de mathématiques, qui est maintenant décédée, je l’avais perdue de vue. C’est peut-être pour cela que j’ai eu des périodes d’instabilité.

    Petite, vous vous sentiez « atypique ». C’est-à-dire ?

    C’est la notion de se sentir un petit peu en marge, la difficulté à entrer dans les cadres. Mais je ne suis pas une vraie rebelle, je reste assez raisonnable. En revanche, j’ai vraiment des rêves et ils sont puissants. C’est comme quand je regarde de la peinture – ce qui me passionne – je cherche l’or, ce qui va me troubler, me bouleverser. Presque froidement. Je suis attirée par tout ce qui est extraordinaire, mais pas forcément spectaculaire. Dans mon travail, j’ai vraiment l’occasion d’aller chercher cela.

    Qui vous a encouragée à être comédienne ?

    Mes professeurs de théâtre me disaient toujours : « Il faut continuer dans cette voie, Catherine ». La première a été la comédienne et metteur en scène Marcelle Tassencourt, au conservatoire de Versailles. Mais, au départ, je me suis dirigée vers le théâtre comme n’importe quel ado. Ensuite, j’ai intégré des écoles du premier coup, mes professeurs me soutenaient. Je voyais que j’avais des facilités.

    L’école de la rue Blanche, le Conservatoire national et une proposition d’intégrer la Comédie-Française, que vous déclinez…

    Plus ou moins. Ce sont eux qui ont d’abord dit non. J’ai eu une première proposition à 16 ans. Un jour, mon père a reçu un coup de téléphone de Pierre Dux. C’était pour le rôle d’Agnès dans L’École des femmes. Finalement, ils ont retenu Isabelle Adjani. Trois ou quatre ans plus tard, on m’a proposé à nouveau d’intégrer la Comédie-Française. Mais je faisais alors partie de la jeune compagnie du Chapeau rouge, cela me plaisait beaucoup et je n’ai pas retenu l’idée du Français. Notamment à cause de mon premier échec. Mon père m’a dit : « Tu es folle ».

    Lorsque vous vous engagez dans ce métier de comédienne, avez-vous le soutien de vos parents ?

    Oui, de mon père. Mais il voulait absolument que je fasse la Comédie-Française, il était très critique sur la compagnie de théâtre. C’était un cauchemar, on a eu des grandes fâcheries à l’époque. J’ai travaillé neuf ans en troupe de manière intense, avec Pierre Pradinas, Jean-Pierre Darroussin, Yann Collette… On faisait tout, même les décors, et on a créé un lieu pendant le festival off d’Avignon. J’ai eu plusieurs vies dans ce métier. Le cinéma est venu plus tard.

    Pourtant, autour de la trentaine, après le film Escalier C, le cinéma, vous n’y croyez plus…

    Parce qu’il ne faisait pas appel à moi. J’avais décidé de quitter la compagnie pour faire un chemin plus solitaire. Je sentais que j’étouffais un peu, que je passais à côté d’autres choses, et pourtant c’était unefamille passionnante, amicalement et artistiquement. J’ai eu quelques années de vide. Je me questionnais, je me demandais si j’allais continuer. Je me disais, « ce n’est pas à 35 ans que tu vas faire une carrière de cinéma ». Mais à l’époque, j’avais un mari qui m’encourageait à ne pas lâcher, à accepter de faire des choses plus modestes, à me reconstruire.

    Le tournant, c’est le film de Cédric Klapisch, Un air de famille ?

    Oui, pour la popularité que ce film m’a apportée. J’avais 39 ans. Ce qui s’est passé était plus fort que moi. Je prends très à cœur mes personnages, je ne les lâche pas. Celui de Yolande dans Un air de famille était a priori considéré comme méprisable. J’ai eu envie qu’on l’aime parce que c’est un personnage de bonté, de pureté, comme un diamant caché : on ne la voit pas mais elle brille. J’adore ces personnages-là, j’en ai joué plusieurs. Odette Toulemonde ou Winnie dans Oh les beaux jours, c’est pareil. Ce sont des gens mis au ban, auxquels personne ne s’intéresse, mais qui ont un cœur gros comme ça.

    Qu’est-ce qui vous attire dans ces personnages ?

    Ces femmes n’ont pas peur, mais ne voient pas le mal autour d’elles. Elles ont une forme d’innocence face à l’existence. Cela m’attire. C’est Jacques Villeret dans Le dîner de cons, c’est l’idiot de Dostoïevski, ou celui de Jean-Luc Godard (joué d’ailleurs par Jacques Villeret). Ce sont des personnages inébranlables, que l’on retrouve partout.

    La pièce de Samuel Beckett, Oh les beaux jours, a, semble-t-il, beaucoup compté…

    Je me suis retrouvée face à une montagne. J’ai mis cinq ans à la monter, à trouver le bon metteur en scène, la bonne équipe pour m’aider à réaliser ce monologue infernal de Beckett. Mais j’aime la difficulté. Je ne voulais pas me contenter d’une carrière avec des personnages, drôles, sympas. Cela ne me suffisait pas du tout, du tout, du tout. Il me faut un os à ronger, que ce soit copieux. J’aime me surprendre, et je ne veux jamais me lasser de ce que j’ai à faire. L’interprétation d’une pièce comme

     

    Oh les beaux jours – que j’aimerais d’ailleurs reprendre – est inépuisable.

     

    Ce texte est extraordinaire. Je l’avais vu à 18 ans avec Madeleine Renaud. Roger Blin, le metteur en scène, m’avait reçue chez lui, il y avait des livres partout, il m’avait conseillé certaines lectures, ce fut une rencontre très importante.

    D’où vient ce besoin, ce goût, pour la difficulté ?

    Mon père a une forte personnalité, un peu extrême sur le dépassement de soi-même. J’étais très sportive quand j’étais jeune, lui aussi. Quand on était ensemble, il prenait toujours des risques. La notion de se surpasser était toujours présente, physiquement. Ce besoin de difficulté vient de là, sans doute. En voyant Zavatta, j’ai aussi ressenti cette notion de dépassement. Tout comme lorsque j’ai découvert El Greco, au Prado à Madrid, à l’âge de 13 ans. Cela positionne les choses à un endroit. On peut choisir de l’oublier, moi je n’y arrive pas. Donc je tente.

    Quelle est cette phrase de Jouvet que, paraît-il, vous gardez toujours avec vous ?

    Ah oui ! Je peux vous la dire par cœur. C’est Jouvet, en scène, qui raconte le sentiment de l’acteur face à son public : « Tous ses yeux qui vous regardent, cette vie intense et muette que l’on ressent en soi par ses regards, comme dans une salle de musée quand tous les tableaux vous regardent, cela donne un sentiment d’intimité, de volupté, comme un rêve, on en vient à douter de sa propre existence, on en est transformé. » A chaque fois que je dis cette phrase, j’en ai des frissons. Jouvet raconte le processus intime de l’acteur. Quand le rideau se lève, les deux secondes où il devient un autre. C’est d’une beauté pure. Le mois dernier, j’ai trouvé une autre citation de Jouvet qui me plaît aussi beaucoup : « On fait du théâtre parce qu’on a l’impression de n’avoir jamais été soi-même et qu’enfin on va pouvoirl’être. » Cette phrase est fantastique.

    Vous ne savez pas qui vous êtes ?

    La vie me semble plus floue que mon travail. Je suis quelqu’un d’assez hésitant. Le problème du choix dans la vie est un souci pour moi. Cette vie, je l’ai voulue, et en même temps ça me dépasse. J’ai plus de mal à parler de moi que de mes personnages. Honnêtement.

    Un César pour Marguerite, puis un Molière pour Fleur de Cactus, comment vivez-vous ces récompenses ?

    Je me sens petite et grande à la fois, comme mes personnages. Je suis émotive, j’aimerais l’être moins. Il y a vingt ans, j’avais été récompensée pour Un air de famille au théâtre et au cinéma. Le doublé, c’est ma spécialité ! Dans vingt ans, je remets ça ! Dans Fleur de Cactus, je me suis rarement sentie autant au diapason entre moi-même et la scène. J’ai vraiment aimé cette sensation, il y a quelque chose de gourmand et le public le ressent. Michel Fau propose vraiment un autre regard sur le théâtre, il est brillant. Quant à moi, en jouant Beckett, Barillet et Gredy, j’ai l’impression de faire œuvre utile. Je ne comprends pas cette coupure en France entre théâtre privé et public.

    Lors de la cérémonie des Césars, votre fille adoptive vous a accompagnée…

    C’était fort. Suzanne a vraiment voulu venir. On avait répété ensemble les chants pour Marguerite, elle m’enregistrait, on rigolait. Suzanne est d’origine mauritanienne. Je l’ai adoptée bébé. Elle va avoir 20 ans, elle m’impressionne et je veux la protéger. Elle n’a pas du tout envie d’être actrice, elle fait des études d’anthropologie et de droit européen.

    Sur quel film avez-vous eu le plus de retour du public ?

    Pour Vipère au poing. J’ai reçu énormément de courriers, de jeunes entre 10 et 15 ans. Et puis pour Odette Toutlemonde. Cela me fait plaisir d’être considérée comme une actrice populaire. Lors de la sortie de Vipère au poing, le film a été descendu par la critique. On disait que j’étais dans un contre-emploi ridicule. Je suis allée me coucher pendant deux jours, et le week-end, coup de fil des distributeurs : « ça y est, ça part ». Le film a fait plus d’un million d’entrées. Je ne regrette pas d’avoir pris ce risque, il faut grandir.

    Votre nature comique teintée de mélancolie, où la puisez-vous ?

    Je ne peux pas me situer, ni dans la comédie, ni dans la tragédie.

     

    Quand on doit essayer d’être dans une vérité, une justesse, elle est entre ce qui est drôle et ce qui ne l’est pas. Je ressens la vie, l’humanité de cette manière, c’est pour cela que j’adore le cinéma anglais, notamment celui de Mike Leigh. Je suis là pour donner de l’émotion.

     

    ARTICLE de Madame SANDRINE BLANCHARD, journaliste le MONDE

     

    http://www.lemonde.fr/journaliste/sandrine-blanchard/


    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2016/05/29/catherine-frot-je-me-sens-petite-et-grande-a-la-fois_4928445_3246.html#ieItYQKmmHsu42i7.99

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    BAUR Harry

    Production :

    Acteur Français

    Biographie :

    Harry Baur, de son vrai nom Henri-Marie Rodolphe Baur, est un acteur français né le 12 avril 1880 à Montrouge et décédé le 8 avril 1943 à Paris suite aux tortures infligées par la Gestapo.

    Ses cendres reposent au cimetière St Vincent de Paris.

     

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    De parents catholiques alsaciens, il étudit au collège de Saint-Nazaire.

     

    Très jeune, il part pour Marseille, pour fuir l'éducation religieuse que sa famille veut lui imposer. Il intègre d'ailleurs la section rugby de l'Olympique de Marseille.

     

    Harry Baur

     


    C'est à l'école d'Hydrographie de Marseille qu'il décroche les 1ers prix de tragédie pourLe Cid et L'Avare.

    BAUR Harry
    Il devient le secrétaire de Mounet-Sully et joue, à partir de 1904, dans de nombreux théâtres parisiens. En 1914, il est réformé à la suite d'un début de paralysie faciale. Ceci ne l'empêche pas de jouer. Il tient entre autres le rôle de César à la création de Fanny. En parrallèle, il collabore à la rubrique cinématographique du Crapouillot et signe parfois sous le pseudonyme d'Orido de Fhair.

     

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    Encore dans les mêmes temps, il joue pour le cinéma français encore muet comme dansLa Légende Du Bon Chevalier (1909),

    L'Assommoir (1909) de Marcel Carné d'après Emile Zola,

    L'Evasion De Vidocq (1910), Shylock (1910),

    Le Messager De Notre Dame (1910),

    La Fille Des Chiffonniers (1912) avec Mistinguett et 

    La Voyante (1923) avec Sarah Bernhardt dans son dernier film.

     

    En 1910, il épouse Rose Grane jusqu'à son décès en 1930 lors d'un voyage en Algérie. Ils eurent 3 enfants.

     

    L'avènement du parlant lui rend son immortalité, et tout commence avec le film David Golder (1930).

     

    Son succès durera 10 années sans faute jusqu'au tournage de L'Assassinat Du Père Noël (1941) avec Robert LeVigan où il impose un visage d'argileau caractère ombrageux et matois.

     

    Acteur français de renom, il est à l'affiche des meilleurs films du patrimoine français Poil De Carotte (1932) avec Robert Lynen (qui connaîtra la même mort que lui),

     

    La Tête d'un Homme (1933),

     

     

    Les Misérables (1934) d'après Victor Hugo où il incarne un Jean ValJean exceptionnellement inimitable,

     

     

     

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    Crime et Châtiment (1935) ou encore Un Carnet De Bal (1937) avec Marie Bell, Fernandel, Raimu et Louis Jouvet.

     

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    En 1936, il épouse Rika Radifé, actrice de théâtre, avec qui il n'aura pas d'enfants, et reste avec elle jusqu'à son décès le 8 avril 1943.

     

    Sa dernière apparition était dans le film allemand Symphonie Eines Lebens (1942).

     

    Faussement dénoncé comme étant juif communiste, il est arrêté en 1942, puis emprisonné et torturé par la Gestapo. Ses tortionnaires ayant finalement conclu qu'il ne l'était pas, il est libéré quatre mois plus tard, ne pesant plus qu'une quarantaine de kilos. Il ne se remettra jamais des tortures subies lors de son emprisonnement...

     

     

    Filmographie complète :

    • 1908 : Beethoven de Victorin-Hippolyte Jasset
    • 1908 : Le Bon Cambrioleur (anonyme)
    • 1909 : Arsène Lupin de Michel Carré
    • 1909 : L'Assommoir de Albert Capellani
    • 1909 : Don César de Bazan de Victorin-Hippolyte Jasset
    • 1909 : Hector est un garçon sérieux (anonyme)
    • 1909 : La Jeunesse de Vidocq ou Comment on devient policier (anonyme)
    • 1909 : La Légende du bon chevalier de Victorin-Hippolyte Jasset
    • 1909 : La Miniature de Michel Carré
    • 1909 : Les petits iront à la mer (anonyme)
    • 1909 : L'enlèvement de Mademoiselle Biffin (anonymes)
    • 1909 : Les Noces de Canuche de Michel Carré
    • 1909 : Octave (anonyme)
    • 1909 : Les Suicidés de Louf de Michel Carré
    • 1910 : Les Aventuriers du Val d'Or (anonyme)
    • 1910 : L'Évasion d'un truand de Michel Carré
    • 1910 : Le Four à chaux de Michel Carré
    • 1910 : Sur la pente de Michel Carré
    • 1910 : La Haine de Albert Capellani
    • 1910 : La Note de la blanchisseuse Frisette, blanchisseuse de fin de Georges Denola
    • 1910 : Le Mauvais pilote (anonyme)
    • 1910 : Les Messagers de Notre-Dame de Léon Boulnois
    • 1910 : L'évasion de Vidocq de Georges Denola
    • 1911 : Vidocq de Gérard Bourgeois
    • 1912 : Les Amis de la mort (anonyme)
    • 1912 : Le Cheveu d'or de Pierre Bressol
    • 1912 : Le Secret du lac (anonyme)
    • 1913 : Monsieur Lecoq de Maurice Tourneur
    • 1913 : Le Naufragé de Michel Carré
    • 1913 : Le Roman de Carpentier (anonyme)
    • 1913 : Shylock, le marchand de Venise de Henri Desfontaines
    • 1915 : Chignon d'or de André Hugon
    • 1915 : Strass et Cie de Abel Gance
    • 1916 : Quand l'amour meurt de Raoul d' Auchy
    • 1916 : Le Suicide de Sir Letson de Jacques de Baroncelli
    • 1917 : 48, avenue de l'Opéra de Georges Denola
    • 1917 : L'Ame du bronze de Henry Roussell
    • 1917 : Sous la griffe de Albert Dieudonné
    • 1918 : L'Angoisse dans la nuit (anonyme)
    • 1923 : La Voyante de Léon Abrams, Louis Mercanton
    • 1930 : David Golder de Julien Duvivier
    • 1931 : Le Cap perdu de Ewald Andreas Dupont
    • 1931 : Cinq gentlemen maudits (Les) de Julien Duvivier
    • 1931 : Le Juif polonais de Jean Kemm
    • 1932 : Criminel de Jack Forrester
    • 1932 : Poil de carotte de Julien Duvivier
    • 1932 : Rothschild de Marco de Gastyne
    • 1932 : La Tête d'un homme de Julien Duvivier
    • 1932 : Les Trois mousquetaires de Henri Diamant-Berger
    • 1933 : Cette vieille canaille de Anatole Litvak

     

    • 1934 : Les Misérables - Film tourné en trois époques : Une tempête sous un crâne,
    • Les Thénardier, Liberté, liberté chérie de Raymond Bernard

     

    • 1934 : Golgotha de Julien Duvivier
    • 1934 : Le Greluchon délicat de Jean Choux
    • 1934 : Les Nuits moscovites de Alexis Granowsky
    • 1934 : Un homme en or de Jean Dréville
    • 1935 : Crime et châtiment de Pierre Chenal
    • 1935 : Le Golem de Julien Duvivier
    • 1935 : Moscow nights (Les nuits moscovites) de Anthony Asquith
    • 1935 : Samson de Maurice Tourneur
    • 1935 : Tarass Boulba de Alexis Granowsky
    • 1935 : Les Yeux noirs de Victor Tourjansky
    • 1936 : Les Hommes nouveaux de Marcel L'Herbier
    • 1936 : Nitchevo de Jacques de Baroncelli
    • 1936 : Paris de Jean Choux
    • 1936 : Un grand amour de Beethoven d' Abel Gance
    • 1937 : Mollenard de Robert Siodmak
    • 1937 : Nostalgie de Victor Tourjansky
    • 1937 : Sarati le terrible de André Hugon
    • 1937 : Les Secrets de la Mer Rouge de Richard Pottier
    • 1937 : Un carnet de bal de Julien Duvivier
    • 1938 : La Tragédie impériale de Marcel L'Herbier
    • 1938 : Le Patriote de Maurice Tourneur
    • 1939 : L'Homme du Niger de Jacques de Baroncelli
    • 1939 : Le Président Haudecoeur de Jean Dréville
    • 1940 : Volpone de Maurice Tourneur
    • 1941 : L'Assassinat du Père Noël de Christian-Jaque
    • 1941 : Péchés de jeunesse de Maurice Tourneur
    • 1942 : Symphonie eines Leben (Symphonie d'une vie) de Hans Bertram

     

     

     

    SOURCES / http://www.bd-cine.com/fiche_intervenant.php?id=94

     

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  • Mireille Balin

     

    Mireille Balin, femme, fatale pour Gabin dans de grands films d'avant-guerre, échappe aux griffes de la Continental.

     

    On la voit, toujours séduisante et mystérieuse dans divers films, dont L'Assassin a peur la nuit (Delannoy, 1942) et Dernier atout (Becker, 1942).

    Balin

    Amoureuse, elle aussi, elle vit une histoire passionnée avec un officier d'origine viennoise.

     

    Découverte à la Libération dans une cachette de la région de Nice avec son amant, elle est brutalisée, violée et jetée en prison.

     

     

     

     

     

     

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    ARLETTY

    Production :

    Actrice Française

    Biographie :

    Arletty, de son vrai nom Léonie Marie Julie Bathiat, est une actrice française née le 15 mai 1898 à Corbevoie, et décédée le 23 juillet 1992 à Paris.

     

     

    Sa mère Marie Dautreix est lingère et son père Michel Bathiat, chef du dépôt des tramways originaire de l'Auvergne. Elle fait de bonnes études dans une institution privée, puis entreprend d'étudier la sténographie chez Pigier. 

     

    La Guerre de 1914 fauche sur le champ de bataille son premier amour qu'elle surnommait "Ciel", à cause de la couleur de ses yeux.

     

    En 1916, son père meurt, écrasé par un tramway.

     

    Arletty, son frère et sa mère se trouvent expulsés du dépôt.

     


    Elle se laisse alors séduire par un banquier, de confession israélite, Jacques-Georges Lévy.

    Ils ont le même âge. Il l'amène dans sa villa 18, Avenue Alphonse de Neuville, à Garches.

    Ils ont pour voisins Coco Chanel et André Brulé.

     

     

     

     Arletty, actrice française de son vrai nom Léonie Bathiat (1898-1992)

    Jacques-Georges lui fait connaître le théâtre, les grands couturiers, les bons restaurants et la plus haute société parisienne. Mais elle le quitte.


    Puis, un jour, elle rencontre Paul Guillaume, l'homme qui imposa l'Art Nègre et le Cubisme. Il lui conseille de tenter sa chance au théâtre.

     

     

    Afin de la pistonner, il lui donne une lettre de recommandation pour le directeur du Théâtre des Capucines, qui  l'engage comme petite femme de revue.

     Arletty

    En souvenir d'une héroïne de Guy de Maupassant, on décide de l'appeler Arlette. Elle rajouterra un “i” au bout, puis transformera le i en y pour faire plus “chic anglais up to date”.

     

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    En 1930, le cinéma parlant commence à s'imposer en France, Arletty avait refusée de tourner dans les films muets, accepte un petit rôle dans le film La Douceur d'Aimer. Elle ne s'apprécit pas mais continue de tourner dans quelques films :

     

     

    Arletty

     

     

    Un Chien Qui Rapporte(1931), Une Idée Folle (1932), Mademoiselle Josette, Ma Femme (1933) avec Annabella, Je Te Confie Ma Femme (1933) et Pensions Mimosa (1934) entre autres.

     

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    En 1938, elle est dirigée dans un film qui l'impose comme vedette : Hôtel Du Nord avec Annabella et Jean-Pierre Aumont. 

     

    En 1939, Jacques Prévert la révèle sous un jour différent en lui composant le rôle de Clara du Jour se Lève (1939) avec Jean Gabin.
    Elle tient à diversifier ses styles de composition.

     

    Elle tourne donc dans 2 comédies : Fric-Frac (1939) 

    et Criconstances Atténuantes(1939).

     


    En 1941, Arletty tourne dans le célébrissime Madame Sans-Gêne.

     

    Elle interprète si bien son rôle qu'il semble être spécialement écrit pour elle.

     

    En 1942, se sont dans Les Visiteurs Du Soir où elle s'impose malgré son âge.

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    En 1943, Les Enfants Du Paradis avec Pierre Brasseur qui l'immortalise dans ce chef-d'oeuvre mondial. Cependant le tournage rencontre des difficultés et le film ne verra le jour qu'au début de 1945 alors qu'Arletty est en résidence surveillée.

     

     

    On retient d'Arletty, qui n'a jamais tourné pour la Continental,

    elle a toujours refusé de tourner pour la Continental !

    sa Madame Sans-Gêne réalisée par Roger Richebé (1941) et ses rôles magnifiques chez Carné:

    Les Visiteurs du soir (1942) et Les Enfants du para­dis (1943-45).


    Mais, à la Libération, elle est arrêtée et jugée à cause de sa liaison amoureuse avec un général de l'armée allemande.

    Elle était enceinte, a perdu son bébé, son amant l'a demandée en mariage, elle a refusé,

     

    Arletty

     

     

    Pendant 4 ans, Arletty se fait discrète afin d'éviter tout problème avec la guerre en France. En 1947, elle revient avec un nouveau film avec La Fleur De L'Age mais le film demeure inachevé pour raison de faillite. Buffalo Bill Et La Bergère subira le même sortEn 1949, Arletty fait enfin sa rentrée sur les écrans avec Portrait d'un Assassin

    avec Pierre Brasseur et Erich Von Stroheim ne connaît qu'un succès très moyen.

     

     

     

    Elle connaît le succès avec 2 pièces de Tennessee Williams qu'elle reprend : Un Tramway nommé Désir (en 1950) et La Descente d'Orphée (en 1959)

     

     

    Entre temps, elle tourne encore dans quelques films comme Le Père De Demoiselle (1953), Huis Clos (1955), Le Passager Clandestin(1957), Maxime (1958) avec Charles Boyer et Michèle Morgan, Un Drôle De Dimanche (1958) avec Bourvil, Danielle Darieux et Jean-Paul Belmondo.
     

     

     

    En 1962, elle fait partie du casting exceptionnel du film Le Jour Le Plus Long avec Henry Fonda, Bourvil, Richard Burton, Sean Connery, John Wayne, Robert Mitchum, Sal Mineo, Mel Ferrer entre autres.

     

     

    Un grave accident des yeux la contraint d'abandonner les studios.

     

    Se sera dernière apparition au cinéma français Le Voyage à Biarritz avec Fernandel. Tempo Di Roma sera son dernière film avec Charles Aznavour.

    Elle ne s'est jamais mariée et n'eut aucun enfant.

    Filmographie complète :

    • 1930 : La Douceur d'aimer de René Hervil : Une dactylo
    • 1931 : Un chien qui rapporte de Jean Choux : Josyane Plaisir
    • 1932 : Enlevez-moi de Léonce Perret : Lulu
    • 1932 : Une idée folle de Max de Vaucorbeil : Anita, une danseuse
    • 1932 : La Belle Aventure de Reinhold Schünzel et Roger Le Bon : Mme Desminières
    • 1933 : Je te confie ma femme de René Guissart : Totoche
    • 1933 : Le Voyage de monsieur Perrichon de Jean Tarride : Anita
    • 1933 : Un soir de réveillon de Karl Anton : Viviane
    • 1933 : La Guerre des valses de Ludwig Berger, Raoul Ploquin : La chocolatière
    • 1934 : Pension Mimosas de Jacques Feyder : Parasol
    • 1934 : Le Vertige de Paul Schiller : Emma
    • 1935 : La Garçonne de Jean de Limur : Niquette
    • 1935 : Amants et Voleurs de Raymond Bernard : Agathe
    • 1935 : La Fille de madame Angot de Jean Bernard-Derosne : Mme Ducoudray
    • 1935 : Aventure à Paris de Marc Allégret : Rose de Saint-Leu
    • 1936 : Le Mari rêvé de Roger Capellani : Ève Roland
    • 1936 : Faisons un rêve de Sacha Guitry : Participation dans le prologue du film
    • 1936 : Messieurs les ronds-de-cuir d'Yves Mirande : La belle-sœur de La Hourmerie
    • 1936 : Feu la mère de madame - court métrage de Germain Fried : Yvonne, l'épouse de Lucien
    • 1936 : Mais n'te promène donc pas toute nue - court métrage de Léo Joannon : Clarisse Ventroux
    • 1937 : Mirages ou Si tu m'aimes d'Alexandre Ryder : Arlette
    • 1937 : Désiré de Sacha Guitry : Madeleine, la femme de chambre
    • 1937 : Aloha, le chant des îles de Léon Mathot : Ginette
    • 1937 : Les Perles de la couronne de Sacha Guitry et Christian-Jaque : La reine d'Ethiopie
    • 1938 : Hôtel du Nord de Marcel Carné : Mme Raymonde, la prostituée
    • 1938 : La Chaleur du sein de Jean Boyer : Bernadette, la plus jeune mère
    • 1938 : Le Petit Chose de Maurice Cloche : Irma Borel
    • 1939 : Circonstances atténuantes de Jean Boyer : Marie-Jeanne dite « Marie qu'a d'ça »
    • 1939 : Fric-Frac de Claude Autant-Lara et Maurice Lehmann : Loulou
    • 1939 : Le jour se lève de Marcel Carné : Clara, la partenaire de Valentin
    • 1940 : Tempête de Dominique Bernard-Deschamps : Ida Maulaincourt
    • 1941 : Madame Sans-Gêne de Roger Richebé : Catherine Hubscher, blanchisseuse
    • 1942 : Boléro de Jean Boyer : Catherine, l'amie d'Anne-Marie
    • 1942 : Les Visiteurs du soir de Marcel Carné : Dominique, troubadour dépêché par le diable
    • 1942 : L'Amant de Bornéo de Jean-Pierre Fzydeau et René Le Hénaff : Stella Losange, artiste en renom
    • 1942 : La Femme que j'ai le plus aimée de Robert Vernay : La Divette, la locataire
    • 1942 : La Loi du 21 juin 1907 - court métrage de Sacha Guitry : Gertrude
    • 1943 : Les Enfants du paradis - première époque Le boulevard du crime de Marcel Carné : Garance, la beauté
    • 1943 : Les Enfants du paradis - deuxième époque L'homme en blanc de Marcel Carné : Garance, la beauté
    • 1947 : La Fleur de l'âge - film inachevé de Marcel Carné
    • 1948 : Madame et ses peaux-rouges (Buffalo Bill et la bergère) - film inachevé de Serge T. de Laroche
    • 1949 : Portrait d'un assassin de Bernard-Roland : Marthe
    • 1950 : Georges Braque - documentaire d'André Bureau : Arletty assure le commentaire
    • 1951 : L'Amour, Madame de Gilles Grangier : Elle-même
    • 1951 : Gibier de potence de Roger Richebé : Mme Alice
    • 1953 : Le Père de Mademoiselle de Marcel L'Herbier et Robert-Paul Dagan : Edith Mars
    • 1954 : Le Grand Jeu de Robert Siodmak : Mme Blanche
    • 1954 : Huis clos de Jacqueline Audry : Inès
    • 1954 : L'Air de Paris de Marcel Carné : Blanche Le Garrec
    • 1956 : Mon curé chez les pauvres d'Henri Diamant-Berger : Nine, l'épouseuse
    • 1956 : Vacances explosives de Christian Stengel : Arlette Bernard
    • 1958 : Le Passager clandestin de Ralph Habib : Gabrielle, l'amie de Lotte
    • 1958 : Et ta sœur de Maurice Delbez : Lucrèce du Boccage
    • 1958 : Un drôle de dimanche de Marc Allégret : Juliette Harmier
    • 1958 : Maxime d'Henri Verneuil : Gazelle
    • 1959 : Paris la belle - court métrage documentaire de Pierre Prévert et Marcel Duhamel : Arletty assure le commentaire
    • 1960 : Les Primitifs du XIIIe - court métrage documentaire de Pierre Guilbaud : Arletty assure le commentaire
    • 1961 : Les Petits Matins ou Mademoiselle stop de Jacqueline Audry : Gabrielle la maîtresse de Rameau
    • 1962 : La Loi des hommes de Charles Gérard : La comtesse
    • 1962 : La Gamberge de Norbert Carbonnaux : La mère d'Albert
    • 1962 : Le Jour le plus long (The Longest day) de Ken Annakin et Andrew Marton : Mme Barrault
    • 1962 : Tempo di Roma de Denys de La Patellière : Cri-cri
    • 1962 : Le Voyage à Biarritz de Gilles Grangier : Fernande
    • 1967 : Dina chez les Rois - court métrage documentaire de Dominique Delouche : Arletty assure le commentaire et lecture d'un poème
    • 1977 : Jacques Prévert - moyen métrage documentaire de Jean Desvilles : Voix d'Arletty et témoignages
    • 1985 : Carné, l'homme à la caméra - documentaire de Christian-Jaque : Voix de la caméra

     

     

    SOURCES / http://www.bd-cine.com/fiche_intervenant.php?id=93

     

     

     

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