• Cette sacrée gamine …

     

     

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    Brigitte Bardot

    La petite Brigitte fait son apparition au sein de la famille Bardot le 28 septembre 1934, dans le Paris de l'entre-deux guerres.

     

    Son père,Louis, dit “Pilou”, poète à ses heures perdues, dirige avec ses trois frères une entreprise de distribution de produits gazeux.

     

    Sa mère,Anne-Marie, née Mucel et dite “Toty”, reste à la maison.

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    Le 5 mai 1938, la famille s'agrandit avec la naissance de Marie-Jeanne, très vite appelée “Mijanou” - les surnoms sont de règle chez les Bardot - qui deviendra elle-même actrice avant d'épouser le comédien Patrick Bauchau. Mais laissons-la vivre sa propre histoire.

     

     

    Rapidement confiée aux soins de différentes "nounous" qu'elle chérira toute sa vie, la fillette qui nous intéresse se partage très vite entre des études ennuyeuses, menées dans différents établissements privés, et l'apprentissage de la danse où elle trouve davantage l'épanouissement, malgré les difficultés d'un temps où le pavé de la capitale vibrait au pas des bottes cloutées.

     

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    A sept ans, à la suite d'une bêtise d'enfants, les deux soeurs sont punies par "Toty" qui les oblige définitivement à vouvoyer leurs parents, créant ainsi un fossé que même l'événement éloigné du décès de "Pilou" (1975) ne pourra combler.

    Brigitte aborde son adolescence avec le complexe d'une laideur qui lui fait verser des larmes devant le miroir, souffrance aiguisée par la préférence marquée de son entourage pour Mijanou, source d'une méfiance et d'une jalousie naissantes.

     

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    Et les disputes parentales incessantes ne font qu'aggraver son mal-être. Heureusement, il y a la danse …

     

     

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    Bardot, la petite fille modèle

     

     

    Brigitte Bardot a reçu une éducation bourgeoise ; celle d’une petite fille issue d’un milieu aisé, née d’un père industriel, propriétaire

    des Usines Bardot et d’une mère au foyer,

    qui aimait la mode et la danse.

    Ses tout premiers chaussons de danse, le diplôme du Conservatoire de Paris où elle obtient un premier accessit témoignent de sa passion pour la danse classique.Afficher l'image d'origine

     

    Future vedette …

    Faisant partie des 10 candidates retenues parmi une sélection de 150, l'adolescente est admise au Conservatoire de Danse de Paris (1947) dont elle sort, tout comme sa copine Christiane Minazzolli, honorée d'un premier accessit.

    Premiers spectacles, nouvelle classe, et la voici appelée à faire des photos de mode pour quelques magazines

    ("Le Jardin des Modes Junior", "Elle", …).

     

    L'une d'entre elles tombe sous les yeux du réalisateur Marc Allégret

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    Brigitte et sa maman sont reçues par l'un de ses assistants, le jeune Roger Vadim.

    A l'issue des essais, chaperonnée par Vadim, Brigitte est sélectionnée pour un premier film, 

    «Les lauriers sont coupés» (1952) … qui ne se fera pas ! Elle y gagne tout de même la découverte de l'amour.

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    Les dents longues …

     

    Brigitte Bardot

    Chevalier servant attentionné, Vadim lui fait bientôt rencontrer des gens célèbres (Colette, Jean Cocteau).

     

     

    Cette sacrée gamine …BRIGITTE BARDOT

    Son premier imprésario, un ami de son père, lui obtient un rôle de jeune paysanne cupide dans une production de Jean Boyer, «Un trou normand» (1952), tournage dont elle ne garde qu'un mauvais souvenir.

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    Après «Manina, la fille sans voiles» (il faut bien se nourrir et se rhabiller), l'actrice en herbe peut enfin épouser son mentor, le 12 décembre 1952, à Paris.

     

     

    Les témoins, Daniel Gélin et Danièle Delorme, reproduisent à l'envers la courte scène du film qu'ils venaient de terminer ensemble, «Les dents longues» (1952).

     

     

    Son nouvel impresario, Olga Horstiz, lui décroche une apparition qui lui permet de croiser Kirk Douglas dans un couloir («Un acte d'amour», 1953) et lui conseille de s'inscrire au cours d'art dramatique de René Simon. Ce qu'elle fit … pour une seule et unique leçon !

     

    Dans la foulée, elle tient pourtant ce qui sera son unique apparition sur une scène de théâtre, le rôle d'Isabelle dans «L'invitation" de Jean Anouilh (1953). En 1955, l'actrice fait ses débuts de chanteuse (en play-back tout de même) parmi les «Futures vedettes» entourant avantageusement Jean Marais.

     

     

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    La même année, elle figure dans une grosse production hollywoodienne tournée en Italie, «Hélène de Troie». (1955).

     

     

    Les Américains de la Warner lui proposent bientôt un contrat qu'elle refusera en apprenant l'exécution du couple Rosenberg. un peu plus tard, lors des«Grandes manoeuvres» (premier tournage qui trouve grâce à ses yeux), elle cotôie Michèle Morgan et Gérard Philipe sous la direction agréable de René Clair.

     

     

    «Cette sacrée gamine» (1955) n'en finit pas d'étonner son monde, se révélant délicieuse dans l'art de la comédie futile.

     

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    Et Vadim créa Bardot …

     

    Brigitte Bardot

    Roger Vadim travaille déjà à soigner l'image de son épouse qu'il confie, avec son propre scénario, à son maître 

    Marc Allégret. 

     

     

     

     

    «En effeuillant la marguerite» (1956), on finit par la découvrir dans sa tenue la plus naturelle, tendre fruit à peine mûri qui réclame sa part de plaisir à la chaleur de «La lumière d'en face» (1955).

     

     

    Enfin, grâce à la participation de Curd Jürgens, Vadim peut concrétiser son ambition de devenir metteur en scène.

     

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    Il étale son monde au long des plages tropéziennes, véritable Eden méridional pour lequel, n 'en doutons plus, «Dieu créa la femme» (1956, quoiqu'en dise la Bible).

     

     

     

     

    Quelques semaines avant le tournage,Brigitte s'est laissé aller, dans une boîte cannoise, à une danse sensuelle devant les yeux ébahis de son mari, donnant naissance sans le vouloir à l'une des plus célèbres séquences du film.

     

     

    Si l'oeuvre ne fut accueillie qu'avec tiédeur par la critique française, son succès au Etats-Unis et sa rencontre avec le public lui assurent une place pérenne dans l'histoire du 7ème art. 

     

     

    Brigitte y acquiert une renommée internationale jusque là mal assise.

     

     

    Elle y rencontre surtout l'amour de Jean-Louis Trintignant, immense bain de fraîcheur dans une vie qu'elle commence à trouver pesante.

     

    Le divorce de la jeune starlette et de son pygmalion de metteur en scène est d'autant plus rapidement prononcé que le couple n'avait plus en commun qu'une raison sociale.

     

     

    Brigitte Bardot
    Une ravissante idiote …

     

     

    Brigitte Bardot retourne au genre qui lui sied le mieux dans les premières années de sa carrière, la comédie légère qui lui permet de jouer délicieusement les ravissantes idiotes : 

     

    «La mariée est trop belle» (1956), «Une Parisienne» (1957),

    «Voulez-vous danser avec moi ?» (1959).

     

    Elle poursuivra dans cette voie jusqu'au titre éponyme réalisé en 1963 par Edouard Molinaro.

     

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    Plus éprouvant se révèle le tournage des «Bijoutiers du clair de lune» (Roger Vadim, 1961), surtout lorsqu'une vague de boue envahit le petit village de Torremolinos, au sud de l'Espagne. Les séquences durent être reprises aux studios niçois de La Victorine.

     

     

    Heureusement, quelques metteurs en scène vont enfin penser à l'utiliser pour ce que sa beauté mutine et son esprit rebelle savent le mieux exprimer.

     

    Et tout d'abord Claude Autant-Lara qui, dans «En cas de malheur» et pour notre plus grand bonheur (1958), la distribue en délinquante n'ayant rien d'autre à offrir que son corps pour régler les émoluements de son avocat.

     

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    Face à un Jean Gabin qu'elle emprunte à Edwige Feuillère, la petite Brigitte ne démérite pas, et l'on comprend que Maître Gobillot aille jusqu'à compromettre sa réputation et sa carrière pour l'entretenir.

     

    Hélas, parallèlement, l'actrice vit des moments difficiles, ballotée entre Trintignant et Bécaud (qui compose «Croquemitoufle» en son honneur), trouvant une délivrance illusoire autant qu'éphémère dans la consommation abusive de somnifères.

     

     

     

    Heureusement, dans une veine cinématographique semblable à celle de «En cas de malheur», elle se montre tout aussi criante de «Vérité» (1960) entre les mains manipulatrices d'Henri-Georges Clouzot et les bras réconfortants de Sami Frey.

    Il faut dire qu'elle ne jouait plus !

     

    Vie privée …
    Brigitte Bardot

    Entre temps, en mai 1958, elle fait l'acquisition, aux environs de Saint-Tropez, d'une maison de pêcheur, "La Madrague", sujet de la charmante chanson qui agrément cette page.

     

    Appelée à devenir aussi célèbre que sa propriétaire, cette bâtisse, lieu de repos et de plaisir où se donneront d'inoubliables fêtes nocturnes, devient vite le refuge de nombreux animaux.

     

    Elle est aujourd'hui la propriété de La Fondation Brigitte Bardot, bien que l'actrice en garde l'usufruit.

     

     

    Mais pourquoi s'encombre-t-elle alors d'un compagnon (Sacha Distel à l'aube d'une gloire artificielle) davantage soucieux de sa propre publicité que de lui apporter cette joie de vivre qui lui manque tant ? Heureusement, sur le plateau de «Babette s'en va-t-en guerre» (1959), elle soulage « Le repos du guerrier» (1962) bien au delà du champ de bataille. Il faut dire que le premier d'entre eux arbore le charmant visage de 

    Jacques Charrier.

     

     

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    Le 11 janvier 1960, Brigitte Bardot et Jacques Charrier deviennent les parents d'un petit garçon,prénommé Nicolas Charrier.


    Son appartement parisien,avenue Paul Doumer,étant littéralement assailli par les journalistes et photographes du monde entier,Brigitte fut enfermée durant plusieurs semaines chez elle, ne pouvant pas sortir. Et c'est donc à son domicile qu'elle accouche. La naissance fut un véritable événement mondial.
    Trooooooop chou son bébé!

     

     

    Hélas, il voulait un enfant, elle n'en voulait pas. Il le lui volera ! Alors, le 18-6-1959, on se présente devant monsieur le maire de Louveciennes, cérémonie qui se déroule dans des conditions invraisemblables.

     

    A peine, formé, le couple se déforme, se déchire, se raccommode, se perd.

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    Dans cette atmosphère, Brigitte s'apprête à traverser les heures les plus noires de sa vie.

     

    On imagine une femme riche, heureuse comblée : sa vie est un enfer dans lequel elle multiplie, avec plus ou moins de consciences, des actes suicidaires, tandis que son jeune mari s'ouvre les veines pour échapper à l'enrôlement qui, à cette époque, avait le désagrément de vous envoyer en Algérie.

     

    Le 11 janvier 1960, le petit Nicolas vient au monde.

     

    A l'annonce rituelle, "C'est un garçon", la maman ne trouve qu'une réplique, "Je m'en fous, je ne veux plus le voir !". Phrase isolée de son contexte, qui n'en demeure pas moins terrible et justifie à elle seule la lecture de ses mémoires (1996).

     

     

    A l'aube des années soixante, sa «Vie privée» (1962, un film de Louis Malle qui doit beaucoup à celle de sa vedette) fait les choux gras d'une presse malsaine et n'inspire à la moitié de ses compatriotes qu'un seul sentiment : «Le mépris» (Jean-Luc Godard, 1963).

     

     

    Brigitte Bardot
    Brigitte s'en va-t-en guerre …

     

    En janvier 1965, Brigitte Bardot s'envole pour l'Amérique du Sud. Elle a choisi de relever le défi d'une confrontation cinématographique avec la grande Jeanne Moreau en acceptant le projet de Louis Malle, «Viva Maria».

     

    On s'attend à des crêpages de choucroutes ! Combat, il y eut, mais entre filles bien élevées : à la malice de Jeanne, Brigitte répondit par des audaces de cascadeuse qu'elle ne se soupçonnait pas.

     

    Et toute l'équipe de se souvenir longtemps de celui qui occupa l'espace de son coeur pendant quatre mois ... un canard ! Verdict de la presse et du public : match nul !

     

    Brigitte Bardot

    Parallèlement, elle entame un combat qu'elle poursuivra certainement jusqu'à ses derniers jours, s'attachant à défendre les conditions de vie des animaux.

     

    Choquée par les pratiques d'abattage, elle décide de devenir végétarienne avant d'organiser une émission sur le sujet pour «Cinq colonnes à la une».

     

    Reçue par le ministre Roger Frey pour promouvoir l'usage des pistolets en remplacements des gourdins, elle fait, quelques années plus tard une irruption, à grand renfort de publicité, dans le refuge-mouroir de Gennevilliers (1965).

     

    Par ailleurs, sa vie privée défraye tout autant la chronique. Le 17 juillet 1966, elle épouse le milliardaire bavarois Gunter Sachs, rencontré 6 mois plus tôt à Saint-Tropez.

     

    L'annonce de cette union surprend le monde entier, mais davantage encore le pauvre Bob Zagury, son compagnon depuis plus de trois ans, qui l'apprend comme nous par la presse.

     

     

    En 1967, un auteur-compositeur aux feuilles de choux, Serge Gainsbourg, lui présente une chanson écrite pour elle, «Harley Davidson». Ensemble les nouveaux amoureux préparent un album dont une piste au moins devrait faire du bruit : «Je t'aime … moi non plus». Hélas, le mari bafoué obtient au dernier moment le retrait du titre sulfureux : il faudra se contenter de «Bonnie and Clyde». Quant au brave Serge et à sa chanson, une autre se chargera, quelques mois plus tard, de les aimer …elle aussi !

     

     

    Dear Brigitte …

     

    C'est sans enthousiasme que notre vedette rejoint Sean Connery et sa nouvelle moumoute sur le tournage de «Shalako», un western d'Edward Dmytryk (1968) que le public reçoit avec le même sentiment.

     

     

    Plus heureuse sera sa participation à l'oeuvre de Michel Deville, «L'ours et la poupée» (1969). Si la bête est sobrement incarnée parJean-Pierre Cassel, la belle se présente aux spectateurs dans toute la splendeur de ses 35 ans, laissant aux premiers cinéphiles post-soixante-huitards un souvenir impérissable.

     

     

    Oublions ces «Novices» (1970) qui n'étaient pas nées de la dernière pluie pour nous intéresser à un ours tout aussi bien léché, Lino Ventura. Rencontrant, «Boulevard du Rhum» (1971), celle que tout le monde appelle B.B. , le plantigrade saura respecter son serment de ne pas embrasser ses partenaires à l'écran : un vrai dur, ce Lino !

     

     

    Après avoir joué «Les pétroleuses» avec Claudia Cardinale (1971), dans une parodie de western paëlla susceptible de couper l'appétit d'un boulimique affamé, et concédé à Roger Vadim, qui la place dans le même lit que Jane Birkin, l'inversion sexuelle de «Don Juan» (1973), Brigitte Bardot devient, sous la direction de Nina Companeez , l'une des héroïnes de «L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemises», objet de convoitise d'un Francis Huster déjà convaincu de faire une carrière éclatante.

     

     

    Brigitte Bardot
    Les années Bardot …
    Brigitte Bardot

    Au beau milieu du tournage de «Colinot …»

    Brigitte Bardot annonce son intention de mettre un terme à sa vie d'actrice.

     

     

    Les raisons de cette décision sont assez faciles à comprendre. De son propre aveu, elle n'a jamais été une comédienne et son statut de vedette lui est devenu insupportable. Ayant enregistré près d'une centaine de chansons (à celles déjà citée, rajoutons pour mémoire «Sidonie", «La fille de paille»«Tu veux ou tu veux pas ?»«Le soleil de ma vie»«Vous ma lady»), elle aima davantage cette activité à laquelle elle n'eut pas à s'adonner par nécessité.

     

     

    A son corps défendant, celle qui refusa toujours de se reconnaître comme un sex-symbol aura marqué d'une manière indélébile ces 'sixties' que tous ceux qui ne furent pas Vietnamiens sur Terre s'accordent à dire qu'elles furent les années les plus douces de l'histoire de l'humanité.

     

     

    Bouleversant le paysage cinématographique international, elle mit à la retraite toute une génération d'actrices “vampires”, personnifia la République Française, fixa les modes, donna naissance à toute une lignée de “sous Brigitte”, participa enfin, par la liberté de son comportement, à la libération (sexuelle et bien plus encore) de la femme du XXème siècle pour qui " … il s'agissait d'être vertueuse et Bardot ne l'était pas !" (Françoise Sagan) …

     

    Les grandes manoeuvres …

     

    Mais là n'était pas son ambition. Harcelée en permanence par les paparazzi et agressée à plusieurs reprises par ses détracteurs les plus excessifs, victime d'une image -  qu'on a certes construit pour elle mais qu'elle a entretenue avec plus ou moins de conscience - , elle ne pouvait que tomber dans une misanthropie galopante que le comportement de ses contemporains, à son égard ou envers ses amies les bêtes, justifie à ses yeux. Paraphrasant le grand Pascal, plus elle voit les hommes, plus elle aime ses chiens.

     

    C'est à ces derniers en particulier et à tous les animaux en général, qu'elle va, dès lors consacrer son existence. Ses interventions, respectables et salutaires, contre le massacre des bébés phoques ou des tourterelles du Médoc sont dans toutes les mémoires. Face à des adversaires qui n'hésitèrent pas à éliminer un à un les pensionnaires de sa propriété de Bazoches, elle ne baissera jamais les bras. De ce combat inégal, on lui saura gré d'être à l'origine de trois lois votées par la communauté européenne.

     

     

    Elevée au grade de Chevalier de la Légion d'Honneur par François Mitterrand (1985), créatrice d'une fondation qui porte son nom, elle est récipiendaire de nombreux prix internationaux pour ses actions "animalitaires".

     

     

    Côté coeur, il lui resta encore un peu de place pour épouser en 4ème noces, le 16 août 1992, Bernard D'Ormale, rencontré deux mois plus tôt au cours d'un repas chez Jean-Marie et Jany Le Pen.

    Au tournant de cette année 2013, son actualité la plus récente est reliée à l'affaire des éléphants tuberculeux du Parc de laTête d'Or : exigeant une intervention présidentielle sur le sujet, elle menace, succombant à l'épidémie galopante, de s'expatrier en Russie. On la comprend, les différents régimes soviétiques qui se sont succédé depuis sa naissance s'étant toujours montrés respectueux du droit des animaux.

    Documents

    Sources : «Initiales B. B.» par Brigitte Bardot (Grasset, 1996, à lire absolument pour ne pas s'en tenir à des idées préconçues),«Spécial Bardot» (reportage d'Eddy Matalon et François Reichenbach, 1968), «Et Bardot créa Bardot», documentaire de Benjamin Roussel (2007), «Le mystère Bardot», documentaire de Sophie Agacinsky, Gilles Nadeau et Mei-Chen Chalais (2012), plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

    Brigitte Bardot : 

    "Je n'ai jamais été une actrice dans l'âme.

    Ce que je préférais dans le cinéma, c'était le soir, quand le travail    était fini et que je pouvais enfin me détendre et penser à autre    chose."

    SOURCES : article écrit par © Christian Grenier (janvier 2013)

    http://encinematheque.fr/acteurs/F07/index.asp

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    Zizi Jeanmarie:

     

     

    Zizi Jeanmaire c’est de longues jambes à la Cyd Charisse,

    gainées de noir,

    de grands yeux en amandes

    et un sourire gourmand.

     

     

    C’est un casque de cheveux noirs, coupés ras, et une allure un peu androgyne.

     

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    C’est le grand escalier du Casino de Paris, les grands éventails de plumes de « zanimaux » et cette voix gouailleuse, un peu rauque, qui bat la mesure du spectacle.

     

     

             Il faut être au faîte de son art pour devenir une meneuse de revue et posséder toutes les ficelles du spectacle.

     

     

    C’est le cas de Zizi Jeanmaire.

     

     

    Elle est et reste avant tout une danseuse, entrée à la fameuse Ecole de danse de l’Opéra de Paris en 1933, en même temps qu’un certain Roland Petit.

     

     

    Elle sera engagée dans le Corps de ballet en 1940 et acquerra

    dès lors cette rigueur et cette technique impeccable,

    qui sont aussi une école de vie ;

    elle le dira d’ailleurs elle-même : 

     

     

    « On est armé pour la vie après ».

     

     

     

            Certains artistes se sentent un peu à l’étroit dans ces vénérables institutions (voir aussi la Comédie-Française) ;

     

     

     

    ils veulent grandir au plein air, pas sous cloche.

     

    C’est ainsi que Zizi Jeanmaire quitte l’Opéra de Paris en 1945 et rejoint celui qui sera à la fois son compagnon, son mentor et

    son Pygmalion, Roland Petit, qui dirige alors les Ballets des Champs-Elysées,

    devenus un peu plus tard les Ballets de Paris.

     

     

     

    C’est avec cette formation qu’ils créent « Carmen », en 1948, et triomphent aussi bien en Angleterre (au « Prince’s theater »), en France (au Théâtre Marigny) que, surtout, à New-York, où le spectacle reste sept mois à l’affiche de Broadway.

     

     

     

     Zizi Jeanmaire à L’Alhambra, Paris:

     

     

     

    Entre Zizi et le public américain, c’est la naissance d’une idylle ininterrompue.

     

    Celle que les Américains appelleront d’abord « Jeanmaire », tout simplement, y ajoutant plus tard le surnom, venu de l’enfance, de « Zizi », évoquera ces années d’Amérique dans le spectacle « Hollywood Paradise ».

     

     

     

    Elle y fera aussi carrière au cinéma, nous y reviendrons.

     

     

              C’est dans le ballet de Roland Petit « Croqueuse de diamants », en 1950, avec des chansons écrites par Raymond Queneau, que Zizi Jeanmaire chantera pour la première fois sur scène.

     

     

    Une autre vocation est née, qui éclipsera la danse pour quelques années.

     

    La voix, un peu rauque et nasale, n’a pas un registre très étendu, mais la point de gouaille qui la colore, un jeu de scène élaboré, la qualité du répertoire, l’émotion qui sourd de certains textes ou l’euphorie qui jaillit d’autres, donnent aux tours de chant de Zizi Jeanmaire un ton singulier.

     

     

    Elle chantera à l’Alhambra dès 1957, puis se produira à Bobino, au Casino de Paris, dans la revue « Zizi je t’aime » en 1971, où, en sus des éventails, de longs boas caressaient ses jambes fuselées, au Zénith (« Zizi au Zénith ») et sur d’autres scènes prestigieuses.

     

     

    Elle y défendra d’autres chansons que « Mon truc en plumes », des chansons, très nombreuses, de son ami Serge Gainsbourg (« Elisa », entre beaucoup d’autres), de Jean Ferrat, Barbara, des textes de Boris Vian, Raymond Queneau (« La vie Zizi », en 2000)…..Elle chantera aussi de célèbres « standards » américains, comme « Stormy weather » (le grand succès de la sublime et intemporelle Lena Horne), « Just a gigolo » et bien d’autres.

              

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    Au milieu des années soixante-dix, elle reviendra à la danse, montrant que ,malgré les années, elle n’a rien perdu de sa maîtrise.

     

    Son corps est plus souple et délié que jamais et ses jambes sculpturales, au galbe parfait, esquissent avec la même grâce les pas de deux de sa jeunesse.

     

     

    Elle participe donc, à l’Opéra de Paris, en 1975, à « La symphonie fantastique », la création de Roland Petit et elle danse, avec le Ballet de Marseille créé par son compagnon, dans « Chauve-souris » et « Parisiana 25 ». Elle reviendra aussi à Broadway, pour y triompher dans « Can Can », sur une musique de Cole Porter.

     

     

             

     

    Dans les années cinquante, Zizi Jeanmaire entreprendra aussi une carrière hollywoodienne qui tournera court assez vite.

     

    AU CINEMA :

     

    -« Hans Christian Andersen et la danseuse » (« Hans Christian Andersen »-1952)-Charles Vidor : rôle de Dora.

     

    -« Quadrille d’amour » (« Anything goes »-1955)-Robert Lewis : rôle de Gaby Duval.

    -« Folies Bergères/Un soir au music-hall » 1956)-Henri Decoin : rôle de Claudie.

    -« Charmants garçons » (1957)-Henri Decoin : rôle de Lulu Natier.

    -« Guinguette » 1958-Jean Delannoy : rôle de Renée, dite « Guinguette ».

    -« Les collants noirs/Un, deux, trois, quatre » (« Black tights »-1960)-Terence Young.

     

               Dans tous ces films, Zizi Jeanmaire incarne une danseuse ou une chanteuse, mais ses rôles sont plus variés et lui permettent aussi de jouer la comédie.

     

     

    Dans « Un soir au music-hall », elle joue le rôle de Claudie, danseuse

    aux Folies-Bergères, qui rencontre un soldat américain (Eddie Constantine).

     

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    Il s’en éprend et décide de rester à Paris ; mais les deux amoureux se disputent, puis se réconcilient, pour triompher ensemble dans la revue des Folies-Bergères.

     

     

     

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     Dans le film d’Henri Decoin, « Charmants garçons », sur un scénario de Charles Spaak et une musique de Guy Béart et Michel Legrand, Lulu (Zizi Jeanmaire) est encore une artiste de cabaret qui cherche l’amour ;

     

     

     

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    elle hésite entre François Périer, déjà marié, Henri Vidal, trop attiré par la boxe, ou Daniel Gélin, qui exerce le périlleux métier de voleur professionnel ;

    elle finira par succomber aux charmes discrets de Jacques Berthier, qui lui offrait des fleurs tous les soirs, après le spectacle.

     

     

     

    Roland Petit

     

     

    C’est dans ce film sympathque qu’elle chantera, pour la première fois, la chanson qui allait devenir son emblème à travers le monde, « Mon truc en plumes ».

     

     

    Zizi Jeanmaire - one of my all time favourite entertainers - pure class and style and a wild and boundless talent.:

     

    « Guinguette », où elle incarne une ancienne prostituée, propriétaire de la guinguette de ses rêves, au bord de l’eau, la voit s’éprendre de Marco (Jean-Claude Pascal), petit truand voleur de voitures.

     

     

     

                Elle dansera bien sûr, sur des chorégraphies de Roland Petit, dans « Hans Christian Andersen », où le conteur, incarné par Danny Kaye, lui écrit un ballet

    « La petite sirène », et dans « Les collants noirs », avec aussi Moira Shearer

     

     

    (l’interprète des « Chaussons rouges », de Michael Powell), qui reprennent en fait quatre chorégraphies de Roland Petit, dont « La croqueuse de diamants »

    ou « Deuil en 24 heures ».

     

    A LA TELEVISION :

     

    -« Carmen » (1980)-Dirk Sanders : rôle de Carmen.

    -« La belle au bois dormant » (1991)-José Mantes Baquet : rôle de la fée Carabosse.

     

              Il s’agit là de deux ballets dont un , « Carmen », créé dès 1948 avec les Ballets de Paris. Zizi Jeanmaire n’y apparaissait donc pas, à proprement parler, comme une comédienne bien que le ballet, comme l’opéra, requière de ses interprètes un véritable talent d’acteur.

     

     

             Ce talent, elle le manifestera aussi au théâtre.

     

    AU THEATRE :

     

    -« La dame de chez Maxim » (1965), de Georges Feydeau- Mise en scène de Jacques Charon- Théâtre de Palais Royal.

     

     

    -« Marcel et la belle excentrique » (1992), de Jean-Pierre Grédy, d’après Marcel Jouhandeau- Mise en scène de Roland Petit- Théâtre Montparnasse.

     

               « La dame de chez Maxim », mise en scène par Jacques Charon, un des comédiens les plus doués de sa génération et un amoureux exigeant du théâtre, permit à Zizi Jeanmaire , dans un vrai rôle de composition, de montrer des dispositions d’actrice comique.

     

     

    La pièce adaptée par Jean-Pierre Grédy d’un texte de Jouhandeau , où Zizi Jeanmaire donnait la réplique à Michel Duchaussoy, aurait pu devenir une expérience stimulante si la maladie n’y avait mis un terme.

     

     

               http://kmalden.centerblog.net/14.html

     

     

     

    Née Renée Marcelle, Zizi Jeanmaire étudie la danse classique et commence sa carrière comme danseuse à l'Opéra de Paris.

     

     

    Elle rejoint ensuite la compagnie de danse de Roland Petit qui devient son mari. Raymond Queneau écrit pour elle 'La Croqueuse de diamants', ballet dans lequel elle chante pour la première fois.

     

     

    Quatre ans plus tard, en 1954, elle change de voie et se consacre au music-hall.

     

     

    C'est à l'Alhambra, où elle se produit avec la troupe de Roland Petit, qu'elle devient réellement une vedette.

     

    Bernard Dimey lui écrit 'Mon truc en plumes',

    Marcel Aymé 'La Chabraque' et 'Le Jardin d'Elvire'.

     

     

     

     

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    Elle interprète des auteurs comme Guy Béart, Jean Ferrat et surtout Serge Gainsbourg, pour qui elle donne un spectacle hommage au Zénith en 1995 au cours duquel elle interprète les chansons qu'il lui avait écrites.

     

     

     

    Le chemin de Zizi Jeanmaire la fait passer par l'Olympia, Bobino, le théâtre des Champs Elysées et autres lieux mythiques.

     

    Sa carrière est étroitement liée à celle de son mari.

     

    Lorsque celui-ci reprend le Casino de Paris, elle peut y jouer sa propre

    vision du music-hall.

     

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    Elle retourne à l'Opéra de Paris pour la re-création des ballets de Roland Petit et le spectacle qu'elle donne en 2000 à l'Opéra Bastille est chorégraphié par... son mari. En imposant son propre style de music-hall, Zizi Jeanmaire a inscrit son nom parmi les artistes les plus marquantes tandis que la collaboration avec son mari fait de sa vie un parcours singulier et original.

    Lire la suite: http://www.greatsong.net/BIOGRAPHIE-ZIZI-JEANMAIRE,99999082.html

     

     

     

    Zizi Jeanmaire et Roland Petit avec leur fille Valentine
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    "J'ai 84 ans, quelle barbe… La scène me manque. J'ai encore du mal à me mettre dans la tête que c'est fini. Mais je ne peux pas, je ne peux plus" :

     

    en quelques mots sincères et touchants, exceptionnellement exempts de sa gouaille naturelle, Zizi Jeanmaire s'autoprotraiture, dans un instantané nostalgique.

    L'ancienne meneuse de revue popularisée par son tube Mon truc en plumes(interprété par… les star-académiciens il y a quelques semaines) s'est confiée au Parisien, alors que paraît dans le même temps son autobiographie

     

    Et le souvenir que je garde au coeur.

     

    Une autobiographie qui ne fait rien pour cacher, mais au contraire proclame avec effusion, que sa vie, c'est son amour partagé avec le chorégraphe Roland Petit, devenu son époux en 1954.

     

     

     

    "Ce livre, je l'ai surtout écrit comme une déclaration d'amour à mon époux

    ,livre-t-elle sans ambages.

     

    Pour parler de tout ce qu'il a fait dans sa vie, de sa réussite et par conséquent de la mienne.

    Il l'a lu avec attention.

     

    A la fin, il m'a serrée dans ses bras et il m'a dit : 't'as mis le paquet !'".

     

     

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    Elle se rappelle comment, cinquante ans en arrière,

    elle a quitté l'Opéra pour se lancer dans le music-hall, liant leurs deux destins :

     

     

    "J'ai été attirée par Roland dès que je l'ai connu, se souvient-elle. Nous étions amis, il me conseillait pour m'habiller…

    Pendant les périodes où nous ne travaillions pas ensemble, il me manquait au quotidien. Quand je suis partie le retrouver à New York, c'était sans arrière-pensée, juste pour vivre près de lui. Et là, c'est arrivé !

    Moi, je ne pensais même pas au mariage,

    c'est lui qui a voulu.

    Après, rien n'aurait pu nous séparer.

    Je lui ai dit : '

     

    Fais-moi un enfant' et notre Valentine est arrivée."

     

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    Un parcours hors du commun, revisité à l'aune d'un grand amour. Une belle histoire à lire.

     

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    Avec Roland Petit, décédé le 10 juillet 2011 à 87 ans, disparaît un des plus grands chorégraphes français.

     

    Ses créations, dès le milieu des années 1940, se sont inscrites d’emblée dans le foisonnement artistique de l’après-guerre.

     

     

    À ses chorégraphies seront associés les noms de grands danseurs,

    comme Rudolph Nouréev et Margot Fonteyn, Jean Babilée, Nina Vyroubova ou Maurice Béjart, mais aussi ceux de peintres, musiciens et écrivains, comme Picasso, Dutilleux, Prévert, Cocteau, Kosma, Carzou…   

     

     

      

    Né le 14 janvier 1924 à Villemomble (Seine Saint-Denis) d'une mère italienne et d'un père cafetier aux Halles, il avait débuté à 10 ans à l'Ecole de danse de l'Opéra de Paris.

    A l'automne dernier, il était revenu à l'Opéra de Paris avec trois de ses plus célèbres ballets, "Le Rendez-vous", "Le Loup" et "Le Jeune homme et la mort", créés dans les années 50. "A chaque fois qu'il vient, c'est le retour de l'enfant prodigue", soulignait alors Brigitte Lefèvre, directrice de la danse de l'Opéra.

    Roland Petit, qui était marié avec Zizi Jeanmaire, habitait depuis une dizaine d'années à Genève.

    Une vie consacrée à la danse

    Au cours de sa longue carrière, il est passé par les Ballets des Champs-Elysées (1945), les Ballets de Marseille (1972-1998), Hollywood où il a collaboré avec des grandes compagnies de danse classique, et par le Casino de Paris où il invente en 1961 un spectacle complet autour de Zizi Jeanmaire, sa femme et sa muse.

    Membre en 1945 des "Ballets des Champs-Elysées", il crée "Les Forains", puis "Le Jeune homme et la mort" avec Babilée. En 1948, il fonde les "Ballets de Paris" et crée "Les Demoiselles de la nuit" pour Margot Fonteyn.

    Dès leur création, ses chorégraphies, qui témoignent de sa conception théâtrale du ballet, deviennent des classiques qui entrent au répertoire. Son ballet "Carmen" (1949), avec Zizi, marque le début de sa notoriété.

    A son retour des Etats-Unis, Roland Petit adapte la comédie musicale américaine au goût français et monte avec "la Revue des Ballets de Paris", "Mon truc en plumes", pour Zizi (1961-62). En 1966, il triomphe avec "L'Eloge de la folie".

    Nommé en 1970 directeur de la danse à l'Opéra de Paris, il renonce rapidement à sa charge et monte de grands spectacles au Casino de Paris qu'il a racheté ("La Revue", "Zizi je t'aime"). Puis le couple abandonne l'entreprise en 1976.

    Avec "Les ballets de Marseille", Roland Petit crée des oeuvres magistrales ("Pink-Floyd ballet", "Le Chat botté", "La Dame de pique", "Ma Pavlova", "Le Guépard", "Le Lac des cygnes et des maléfices").

    Après Marseille, il continue de créer de nouveaux ballets ("Clavigio") et remonte ses oeuvres à travers le monde.

    L'automne dernier, il était revenu à l'Opéra de Paris avec trois de ses plus célèbres ballets, "Le Rendez-vous", "Le Loup" et "Le Jeune homme et la mort".

    Grand prix national des Arts et des Lettres (1979), officier de la Légion d'honneur, le chorégraphe a publié "J'ai dansé sur les flots" (1993) et "Temps liés avec Noureev" (1998).

    Roland Petit et Zizi Jeanmaire ont eu une fille, Valentine.

     

     

     

     

     

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    Vichy sous l'Occupation. Chaque semaine, à l'Hôtel du Parc, le maréchal Pétain confie sa tête au jeune Emile, jusqu'alors apprenti coiffeur dans le salon de son père. Emile sait se rendre indispensable. Il recueille les radotages et satisfait les caprices du vieux, confiné dans sa chambre. Il se trouve malgré lui embarqué dans la plus rocambolesque des conspirations.

     

     

    Vichy sous l'Occupation.

    Chaque semaine, à l'hôtel du Parc, le maréchal Pétain confie sa tête au jeune Émile, jusqu'alors apprenti coiffeur dans le salon de son père.

    Quoi de plus rassurant pour l'état-major du maréchal que ce gamin docile qu'on laisse traîner dans les couloirs et chaparder aux cuisines? À l'hôtel, où s'agitent les enragés de la Collaboration, Émile sait se rendre indispensable.

    Il recueille les radotages et satisfait les caprices du Vieux, confiné dans sa chambre. Il épie les manigances de Laval, couche comme tout le monde avec la belle Emma, n'échappe pas aux avances suspectes du capitaine Vincent et se trouve bientôt embarqué dans la plus rocambolesque des conspirations.

     

     
     

    Emile-a-l-hotel-FORLANI.jpgExtrait:

    Trois jours avant la Saint-Sylvestre, n'en pouvant plus de me ronger le crâne et les sangs et de me faire inquisitionner par ma mère et enguirlander par le rouquin, j'ai repris ma petite valoche de coiffeur. Et en avant.

    Et le chef de l'Etat français m'a accueilli avec son sourire numéro un, celui auquel avaient droit les petites filles endimanchées qui lui remettaient des bouquets plus gros qu'elles dès qu'il posait le pied dans la rue principale d'un riant village de France.

    - Alors Figaro, on boude son Maréchal?

    On se posait des questions. On était sur le point de te porter déserteur.

    Il avait beau avoir l'air tout miel, ça ne pouvait que faire frissonner ce qu'il me sortait là. Les déserteurs, on savait comment il les avait arrangés, en dix-sept, ce triste con. C'est que, à l'occasion, le cher grand militaire, il ne se privait pas de faire fusiller des pauvres types. Pour l'exemple.

    Je n'ai pas eu droit au "Fais ton office, bourreau".

    Il ne m'a plus rien dit, tout occupé qu'il était à coller dans un épais cahier relié en cuir des photos de lui découpées dans des journaux.

    Il faisait tant attention à ne pas faire déborder la colle qu'il en tirait la langue. Une moche petite langue rougeaude de vieillard.

    Je l'ai artistiquement rafraîchi, j'ai bien brossé le col de sa vareuse. En uniforme il était, ce matin-là, avec ses médailles. Sûrement pas toutes, il n'aurait pas eu la place, un brave aussi brave.

    S'étant levé, tout en se regardant de face et de profil dans son miroir ancien, il m'a demandé combien j'avais de frères et de soeurs.

    - Je n'en ai pas, monsieur le Maréchal.

    - Fils unique, alors?

    - Oui, monsieur le Maréchal. Mes parents n'ont eu que moi.

    Il m'a fixé longuement. Ses yeux bleus se sont durcis.

    - Fils unique! Ca te semble normal?

    - Je...je sais pas, monsieur le Maréchal.

    - Eh bien moi, je sais. Je sais que c'est la natalité qui fait la force d'une nation. Sa force et sa grandeur. Une nation sans enfants c'est comme un oiseau sans plumes.

    Tu imagines le coq gaulois tout déplumé, tout nu? Il ne serait plus bon qu'à devenir poule au pot.

    Eh bien notre France c'est du pareil au même. Une poule au pot! Une désolante poule au pot.

    Et il s'est mis à l'être, désolé. De cruels, ses yeux sont devenus pleurnichoux. Pour un peu, il m'aurait fait peine.

    - Et pourtant ce n'est pas faute de. Je leur ai dit. Jésus leur a dit. Nous leur avons dit et répété. Mais autant compisser une mandoline. Il suffit de regarder pour voir.

    Pour voir quoi? Des femmes aux jupes de plus en plus courtes et plus soucieuses d'exhiber leurs mamelles que d'allaiter.

    Même les mieux pourvues en ventre, en hanches, même les plus prédisposées à l'enfantement. Paresseuses des entrailles. Frivoles. Inconséquentes. Se contentant d'un mioche, d'un dérisoire fils unique. Et fruit d'un "accident" qui plus est! Toutes partantes pour être épousées, pour avoir un homme buveur de Pernod et joueur de belote dans leur lit pour qu'il assouvisse leurs besoins de chattes sans cesse en chaleur.

    Mais, mères, le moins possible! Sans parler de toutes les gueuses recourant aux bons offices des faiseuses d'anges. Combien de petites Jeanne d'Arc tuées dans l'oeuf chaque année?

    Combien de Blaise Pascal, de Pasteur, de père de Foucauld? Combien? Pendant ce temps-là, la femme allemande, la mère allemande, la matrone bolchevique...

    Ce n'était plus de la pleurniche.

    Des larmes jaillissaient de ses yeux, à père-grand.

     

    On suit avec bonheur le jeune Emile dans ses aventures, de son entrée à "l'hôtel" pour effectuer  sa première coupe de cheveux hebdomadaire du "Vieux", à son installation quasi définitive en ce lieu pour fuir un contexte familial pesant (son père étant resté à moitié débile suite à une attaque cérébrale, sa mère en profite pour laisser son amant s'installer à la maison).

     

    Tout au long du roman, Emile semble rester sans opinion sur le régime de Vichy, même si l'on sent poindre une certaine forme de mépris lorsqu'il décrit les occupants de l'hôtel,

    qu'il s'agisse du Maréchal, qui semble parfois perdre la tête, de Mme la Maréchale, avec laquelle le Vieux entretient des relations tendues, ou encore des miliciens qui se livrent à la torture dans les caves.

    La routine commence à s'installer pour Emile lorsqu'un beau jour, quelques-uns des occupants de l'hôtel décident de kidnapper le Vieux sous prétexte de mieux le protéger. Emile se retrouve entraîné dans la conspiration, et se voit chargé de verser un somnifère dans l'infusion du Maréchal.

     

     

    Le but des "franciscains", comme ils se font appeler, est de faire couronner Pétain par le Pape, puis de l'amener à abdiquer au profit d'un Bourbon ou d'un Orléans lorsque les temps seront devenus meilleurs pour la France.

     

    Une idée tout à fait rocambolesque, qui n'est cependant pas pour déplaire au Vieux qui s'imagine très bien dans la peau d'un monarque.

    L'histoire connaît cependant un épilogue tragique, lorsque des miliciens viennent délivrer le Vieux, ne laissant aucun survivant derrière eux. Parmi les victimes, la petite Bernadette, jeune villageoise dont Emile venait de tomber amoureux.

    Un livre vraiment très agréable à lire. Même si certains faits relatés sont d'une extrême noirceur (torture, viol d'Emile...), l'humour n'est jamais très loin, et l'on se régale vraiment du portrait

    que Remo Forlani dresse du Maréchal Pétain, présenté ici comme un vieillard mégalomane et sénile.

     

    Sources

    http://durocligne10.over-blog.com/article-emile-a-l-hotel-remo-forlani-1999-116787313.html

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