• Afficher l'image d'origineDanièle Delorme, (de son vrai nom Gabrielle, Danièle, Marguerite, Andrée Girard), est née le 9 octobre 1926 à Levallois-Perret est une actrice et productrice de cinéma française.

    Afficher l'image d'origineElle est la fille du peintre et affichiste André Girard. 

    Danièle Delorme a créé l’Atelier An. Girard à Paris et dirige la galerie.

    Elle fait des études de piano pour devenir concertiste mais la guerre l’oblige à les interrompre. Elle se réfugie à Cannes où elle suit les cours de théâtre de Jean Wall puis elle débute dans la compagnie théâtrale de Claude Dauphin et en 1942 Marc Allégret l’engage dans Félicie Nanteuil. Après guerre elle se perfectionne avec Tania Balachova et René Simon. Son interprétation de Gigi d’après Colette en 1949 lui apporte la renommée et sur cette lancée tourne de nombreux films où sa grâce, sa pudeur et sa passion à fleur de peau dans des rôles d’héroïne fragile souvent marquée par le destin font impression. Dans les années 1950 et 1960 elle joue au théâtre les grands auteurs tels Ibsen, Jean Anouilh, Paul Claudel, Pirandello.

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    Après un rôle à contre-emploi de femme machiavélique dans Voici le temps des assassins de Julien Duvivier elle prend au début des années 1960 quelque distance avec son métier d’actrice pour faire de la production. On la revoit dans les films d’Yves Robert dans les années 1970 et incarne en 1980 pour la télévision Colette dans La Naissance du jour de Jacques Demy. En 1982 elle crée la collection vidéo Témoins, biographies de personnalités contemporaines.

    Danièle DelormeElle fut mariée à Daniel Gélin de 1945 à 1955, mariage dont est issu Xavier Gélin.

    Elle a ensuite été mariée à Yves Robert, de 1956 jusqu’à la mort de ce dernier. Ensemble ils ont créé la maison de production La Guéville qui a notamment produit La Guerre des boutons etAlexandre le bienheureux.

    Elle a été présidente de la Commission d’avance sur recettes du Centre national de la cinématographie (CNC) en 1980 et 1981. Elle a également été présidente du Jury de la Caméra d’Or au Festival de Cannes 1988. Toujours en 1988, elle a fait partie de la commission des sages qui proposa la création du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) en remplacement de la Commission nationale de la communication et des libertés (CNCL).

    Elle est membre du comité d’honneur de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).

    Danièle Delorme - Demain, tout commenceBiographie : Demain, tout commence

    Présentation de l’éditeur
    Danièle Delorme :  » une petite gueule marrante « , disait d’elle Colette, lorsqu’elle tourna Gigi en 1949. En soixante ans de carrière, cette enfant de la balle s’est imposée comme l’une des héroïnes préférées des Français, à la fois fraîche, sensible et combative, sur les planches comme à l’écran.

     

    Au travers d’elle, de son parcours, ce sont autant de figures aimées que nous retrouvons : celle de Gérard Philipe, son premier amour à Antibes durant la guerre, quand ni lui ni elle n’étaient acteurs, mais aussi celles de ses deux maris, Daniel Gélin puis Yves Robert, auprès de qui elle a vécu un demi-siècle. Privilège rare, Danièle Delorme a créé des pièces d’Anouilh ou de Salacrou. Elle a tourné sous l’œil de Clouzot ou de Duvivier et fréquenté des écrivains majeurs : Suarès, Genet ou Ionesco. De portrait en portrait, nous retrouvons aussi ses partenaires de jeu, qui forment une classe d’amis au talent fou, tous singuliers : Jean Gabin, Louis Jouvet, Simone Signoret, Bernard Blier, Jean Carmet, Antoine Bourseiller, Philippe Noiret ou Jean Rochefort…

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    De Colombe à La Guerre des boutons, de Maison de poupée à Un éléphant, ça trompe énormément, sans oublier la saga du Grand Blond ou celle de Pagnol, La Gloire de mon père et Le Château de ma mère, Danièle Delorme n’a jamais cessé de s’engager, comme comédienne, comme productrice et comme femme, pour un répertoire populaire et de qualité. Femme de cœur et d’action, elle livre un récit qui regarde en arrière – pour mieux aller de l’avant.

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    Un livre pudique devant les douleurs, toujours tendre et joyeux.

     

    Demain, tout commence
    Edité par Robert Laffont (2008)
     

    SOURCES - http://www.atelier.angirard.com/daniele-delorme/

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    Jules Berry fut sans doute l'un de nos acteurs les plus excentriques.

    Magicien, dandy, mondain, roublard, tous ces qualificatifs le dépeignent tel qu’il était.

     

     

     

     

    Joueur il l’aura été toute sa vie, dans tous les domaines.

     

     

    Ainsi  se caractérisait cet homme, talentueux à l’extrême, mais peu exigeant dans ses choix souvent imposés par sa nécessité du moment.

    Quel dommage !

     

    Consolons-nous en le retrouvant dans son histoire et souvenons-nous de ce diable de Jules dans «Les visiteurs du soir» pour nous persuader, si besoin se faisait sentir, qu’il fut bien un artiste exceptionnel

     

    JULES BERRY (1883-1951)

    Il incarna une flopée d’escrocs avec une gourmandise qui donne faim ! Il aimait forcer le trait– « surjouer », comme on dirait aujourd’hui. Il accentuait à l’envi le grincement particulier de sa voix. Son phrasé était ponctué de fausses hésitations, ce qui faisait dire aux mauvaises langues qu’il ne connaissait pas bien son texte.

     

     

     

    Il jouait de ses mains avec exubérance, comme le font les prestidigitateurs afin de distraire l'attention des spectateurs et dissimuler les secrets de leurs tours : mains virevoltantes sortant souvent du cadre ; main s'ornant d'une cigarette ; main négligemment glissée dans une poche du veston…

     http://lechouandesvilles.over-blog.com/article-de-quelques-comediens-elegants-d-autrefois-66744248.html

     

    JULES BERRY

     

    Marie Louis Jules Paufichet naît le 9 février 1883, à Poitiers où ses parents sont commerçants quincailliers.

    Ils s’installent par la suite à Paris.

    Jules Berry 

    Le futur Jules Berry bon élève, fait ses études secondaires et songe à devenir architecte.

     

    Mais il adore la littérature et se sent irrésistiblement attiré par le théâtre.

     

    Il décroche un premier engagement dans un théâtre parisien, puis travaille en province et même en Belgique francophone.

    En 1908, Jules Berry a sa première expérience cinématographique

    avec Louis J. Gasnier.

    Jules Berry 

    Mais pour lui, il s’agit d’un passe-temps, son vrai métier c’est le théâtre où il excelle. Il se laisse néanmoins convaincre, en 1928, de travailler sous la direction de Marcel L’Herbier pour le film «L’argent».

    Photo Dédicacé  

    Il a pour partenaires Brigitte Helm mais aussi le futur metteur en scène belge Raymond Rouleau.

    Jules Berry 

    Il a, entre temps, rencontré la comédienne Jane Marken 

    qui sera sa compagne à la ville.

     

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    En 1932, Jules Berry tourne sous la direction de André Berthomieu son premier film parlant «Mon cœur et ses millions» avec en vedette féminine Suzy Prim. Grand acteur habitué à la scène, le sonore, sert encore mieux son talent.

     

    Les engagements ne manquent pas. La même année il tourne à Berlin, sous la direction de Robert Siodmak, «Quick» avec la vedette britannique fétiche des studios de la UFA, Lilian Harvey.

     

     

    Jules Berry 

    En 1933, il est à l’affiche, avec Renée Saint-Cyr dans «Arlette et ses papas» et avec Elvire Popesco pour «Une femme chipée». L’année 1935 lui réserve des scénarii inquiétants: il est l’abominable Batala dans «Le crime de monsieur Lange» de Jean Renoir, tandis que «Baccara», deYves Mirande, est une sombre affaire d’escroquerie.

     

    En 1936, il retrouve Robert Siodmak, pour un trafic de prostituées vers l’Amérique latine «Le chemin de Rio» avec l’actrice d’origine hongroise 

    Käthe von Nagy. L’acteur travaille bientôt presque uniquement au cinéma.

     

    Cette activité lui permet de gagner plus aisément que sur les planches les sommes dont il a besoin pour assouvir sa passion du jeu.

     

    Il est ainsi à l’affiche de quarante films entre 1936 et 1940, dont «Le jour se lève» (1939) de Marcel Carné avec Jean Gabin et «Derrière la façade» (1939)

    avec Erich von Stroheim.

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    Sous l’occupation, il tourne un peu moins.

     

    L’année 1942 va lui procurer de très beaux rôles: avec «Les visiteurs du soir» de Marcel Carné, aux côtés de Arletty et Alain Cuny, où il est un Méphisto très convaincant avec ses traits accusés et sa voix caractéristique grinçante; et aussi

    «Le voyageur de la Toussaint» de Louis Daquin.

     

     

    Mais Jules Berry n’a pas le cœur en fête. Sa femme, la jeune comédienne Josseline Gaël, de trente ans sa cadette, mère de sa petite fille Michèle, vient de le «plaquer» pour vivre dans un luxe ostentatoire avec un truand français qui travaille pour la Gestapo.

     

    Jules continue néanmoins à apparaître dans quelques productions dont «L’assassin a peur la nuit» (1943) de Jean Delannoy avec la très belle mais, elle aussi, bien inconséquente Mireille Balin.

     

    En 1945, l’acteur est au générique de «Étoile sans lumière» auprès de Edith Piaf et Yves Montand débutant. En 1946, en intervenant d’une manière très chevaleresque devant les tribunaux, il évite le pire à son épouse emprisonnée et jugée pour ses agissements sous l’occupation.

     

    Puis Jules Berry tourne encore une dizaine de films, le plus souvent alimentaires, avant de s’éteindre, des suites d’une crise cardiaque, à l’Hôpital Broussais de Paris, le 23 avril 1951.

    © Caroline HANOTTE

     

     

    1908 CM Tirez s’il vous plaît – de Louis J. Gasnier
    1911 CM Cromwell / Olivier Cromwell – de Henri Desfontaines avec Germaine Dermoz
    1912 CM Le secret du lac – de ? avec Harry Baur 
    CM Les amis de la mort – de ? avec Pierre Bressol
    1913 CM Shylock, le marchand de Venise – de Louis Mercanton & Henri Desfontaines avec Harry Baur
    1928 L’argent – de Marcel L’Herbier avec Brigitte Helm
    1932 Mon cœur et ses millions – de André Berthomieu avec Gaston Dupray 
    Quick – de Robert Siodmak avec Hans Albers 
    Quick – de Robert Siodmak & André Daven avec Lillian Harvey 
        Version française de « Quick »
    Le roi des palaces / Le roi du Palace Hôtel – de Carmine Gallone avec Betty Stockfeld
    1933 Arlette et ses papas – de Henry Roussel avec Renée Saint-Cyr 
    CM Un petit trou pas cher – de Pierre-Jean Ducis avec Julien Carette
    1934 Et moi, j’te dis qu’elle t’as fait de l’œil – de Jack Forrester avec Ginette Leclerc 
    Une femme chipée – de Pierre Colombier avec Elvire Popesco 
    Jeunes filles à marier – de Jean Vallée avec Mady Berry 
    CM Le crime de monsieur Pegotte – de Pierre-Jean Ducis avec Suzy Prim
    1935 Le crime de monsieur Lange – de Jean Renoir avec René Lefèvre 
    Touche à tout – de Jean Dréville avec Fernand Gravey 
    Baccara – de Yves Mirande avec Marcelle Chantal
    1936 Le disque 413 / Symphonie d’amour – de Richard Pottier avec Gaby Basset 
    Le chemin de Rio / Cargaison blanche – de Robert Siodmak avec Käthe von Nagy 
    27 rue de la Paix – de Richard Pottier avec Gaby Basset 
    Une poule sur un mur – de Maurice Gleize avec Saturnin Fabre 
    Le voleur de femmes – de Abel Gance avec Annie Ducaux 
    Monsieur Personne – de Christian-Jaque avec Henri Marchand 
    Rigolboche / Reine de Paris – de Christian-Jaque avec Mistinguett 
    La bête aux sept manteaux – de Jean de Limur avec Junie Astor 
    Les loups entre eux – de Léon Mathot avec Bernard Lancret 
    Le mort en fuite – de André Berthomieu avec Michel Simon 
    Aventures à Paris – de Marc Allégret avec Arletty 
    L’homme à abattre – de Léon Mathot avec Madeleine Robinson
    1937

    L’habit vert – de Roger Richebé avec Victor Boucher 

     


    Arsène Lupin, détective – de Henri Diamant-Berger avec Rosine Deréan 
    Rendez-vous aux Champs-Élysées – de Jacques Houssin avec Pierre Larquey 
    Les rois du sport – de Pierre Colombier avec Fernandel 
    L’inconnue de Monte Carlo – de André Berthomieu avec Dita Parlo 
    L’inconnue de Monte Carlo ( la signora di Montecarlo ) de Mario Soldati avec Oswaldo Valenti 
        Version italienne de « L’inconnue de Monte Carlo »
    L’Occident – de Henri Fescourt avec Charles Vanel 
    Un déjeuner de soleil – de Marcel Cravenne avec Jacques Baumer 
    Hercule / l’incorruptible – de Alexandre Esway & Carlo Rim avec Gaby Morlay 
    Balthazar – de Pierre Colombier avec Danièle Parola

    1938 Mon père et mon papa – de Gaston Schoukens avec Alice Tissot 
    Eusèbe député – de André Berthomieu avec Elvire Popesco 
    Son oncle de Normandie / La fugue de Jim Baxter – de Jean Dréville avec Eddy Lombard 
    Cas de conscience – de Walter Kapps avec Roger Karl 
    Le club des aristocrates – de Pierre Colombier avec Armand Bernard 
    Les deux combinards – de Jacques Houssin avec Josseline Gaël 
    Café de Paris – de Yves Mirande avec Véra Korène 
    Accord final – de Ignacy Rosenkranz avec Georges Rigaud 
    L’avion de minuit – de Dimitri Kirsanoff avec Pierre Sergeal 
    Carrefour – de Curtis Bernhardt avec Charles Vanel
    1939

    Clodoche / Sous les ponts de Paris – de Raymond Lamy avec Denise Bosc 
    L’héritier des Mondésir – de Albert Valentin avec Fernandel 
    Le jour se lève – de Marcel Carné avec Jean Gabin 
    Derrière la façade / 32 Rue de Montmartre – de Georges Lacombe & Yves Mirande avec Erich von Stroheim 
    La famille Duraton – de Christian Stengel avec Blanchette Brunoy 
    Retour au bonheur / L’enfant dans la tourmente – de René Jayet avec Gina Manès 
    Paris-New York – de Yves Mirande & Claude Heymann avec Jacques Baumer 
    L’embuscade – de Fernand Rivers avec Valentine Tessier 
    Face au destin – de Henri Fescourt avec Gaby Sylvia

     

     

     

    1940 Chambre treize – de André Hugon avec Josseline Gaël 
    La comédie du bonheur – de Marcel l’Herbier avec Jacqueline Delubac 
    L’an quarante – de Yves Mirande avec Fernand Charpin 
    Soyez les bienvenus – de Jacques de Baroncelli avec Gabrielle Dorziat 
    Parade en sept nuits – de Marc Allégret avec Janine Darcey
    1941

    Les petits riens – de Raymond Leboursier avec Claude Dauphin 
    Après l’orage – de Pierre-Jean Ducis avec Lysiane Rey 
    La symphonie fantastique – de Christian-Jaque

    avec Jean-Louis Barrault 
    La troisième dalle – de Michel Dulud avec Milly Mathis

    1942 Le grand combat – de Bernard-Roland avec Blanchette Brunoy 
    Des jeunes filles dans la nuit – de René Le Hénaff & Yves Mirande avec Gaby Morlay 
    Le camion blanc – de Léo Joannon avec Marguerite Moreno 
    Les visiteurs du soir – de Marcel Carné avec Alain Cuny 
    Le voyageur de la Toussaint – de Louis Daquin avec Assia Norris 
    Marie-Martine – de Albert Valentin avec Renée Saint-Cyr
    1943 L’assassin a peur la nuit – de Jean Delannoy avec Mireille Balin 
    L’homme de Londres – de Henri Decoin avec Héléna Manson 
    Béatrice devant le désir / Béatrice – de Jean de Marguenat avec Renée Faure 
    Le soleil de minuit – de Bernard-Roland avec Aimé Clariond
    1944 Le mort ne reçoit plus – de Jean Tarride avec Thérèse Dorny 
    Tristi amori – de Carmine Gallone avec Luisa Ferida 
    Je t’aimerai toujours ( t’amerò sempre ) de Mario Camerini avec Alida Valli
    1945 Messieurs Ludovic – de Jean-Paul Le Chanois avec Bernard Blier 
    Monsieur Grégoire s’évade – de Jacques Daniel-Norman avec Yvette Lebon 
    Dorothée cherche l’amour – de Edmond T. Greville avec Suzy Carrier 
    Etoile sans lumière – de Marcel Blistène avec Edith Piaf 
    L’assassin n’est pas coupable – de René Delacroix avec Albert Préjean
    1946 Désarroi – de Robert-Paul Dagan avec Valentine Tessier 
    La Taverne du Poisson Couronné / Au poisson couronné – de René Chanas avec Michèle Martin
    1947 Si jeunesse savait – de André Cerf avec Paul Azaïs 
    Rêves d’amour – de Christian Stengel avec Pierre Richard-Willm
    1948 Pas de week-end pour notre amour – de Pierre Montazel avec Luis Mariano
    1949 Histoires extraordinaires – de Jean Faurez avec Fernand Ledoux 
    Le portrait d’un assassin – de Bernard-Roland avec Maria Montez 
    Tête blonde – de Maurice Cam avec Denise Grey 
    Sans tambour ni trompette – de Roger Blanc avec Anouk Ferjac 
    CM Vedettes en liberté – de Jacques Guillon avec Madeleine Robinson 
        Seulement apparition
    1950

    Le gang des tractions-arrière – de Jean Loubignac

    avec Roland Armontel 
    Les maîtres nageurs – de Henri Lepage avec Henri Vilbert

     

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    Jiří Trnk

    Marionnettiste, cinéaste, illustrateur, peintre, sculpteur et décorateur pour la scène, Jiří Trnka passe pour l’un des plus grands créateurs de films de marionnettes de tous les temps.

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    A partir des années 1930 et jusqu’à sa disparition en 1969, à l’âge de 57 ans, il a illustré près de 150 livres, tourné une vingtaine de films d’animation, dont cinq longs-métrages, et créé un millier de marionnettes pour le cinéma et le théâtre.

     

    Artiste éclectique, habile, laborieux, au style inimitable, homme taciturne et sensible, Jiří Trnka est né il y a 100 ans, le 24 février 1912.

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    A cette occasion, plusieurs événements se tiennent, tout au long de cette année, en République tchèque et ailleurs, notamment une exposition itinérante consacrée à Trnka qui voyage à travers le monde et qui est accueillie par les Centres tchèques

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    Ce Petit monde, photo: ina.frCe Petit monde, photo: ina.fr

     

    « C’est tout un Petit monde qui se présente aujourd’hui au Palais du Louvre : le Petit monde du bon géant qu’est Jiří Trnka, peintre, illustrateur, marionnettiste et cinéaste tchécoslovaque.

     

    Un Petit monde à la fois poétique et truculent que chacun de nous, un jour, a vu apparaître sur les écrans. »

     

     

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    Le spot publicitaire dont vous venez d’entendre un extrait a été tourné en décembre 1959, à l’occasion de l’ouverture de l’exposition « Ce Petit monde » sur le travail de Jiří Trnka

    au Palais du Louvre.

     

     

    Jiří TrnkaJiří TrnkaNé à Plzeň, en Bohême de l’Ouest, dans une famille ouvrière où la fabrication de jouets était une tradition, Jiří Trnka se passionne, dès son enfance, pour les marionnettes. Il les taille dans du bois et les met en scène pour ses petits camarades.

     

    Son professeur de dessin au lycée, Josef Skupa, qui deviendra lui-même un marionnettiste renommé, encourage Trnka, fait de lui son proche collaborateur et lui suggère de tenter le concours d’entrée

    à l’Ecole des Arts et Métiers de Prague où le jeune homme de 17 ans est aussitôt admis.

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    Diplômé, Jiří Trnka entame sa carrière comme illustrateur de livres, dessinateur pour les journaux et décorateur au Théâtre national. Fidèle à sa passion, il ouvre, en 1936,

    un théâtre de marionnettes à Prague.

     

    'L’Année tchèque''L’Année tchèque'Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, Jiří Trnka est appelé à diriger le célèbre studio d’animation tchèque Bratři v triku (Les frères en pull rayé).

     

     

    Trnka réalise alors plusieurs dessins animés (comme le conte « Grand-père plante une betterave » ou « Le Cadeau »), mais il se détourne vite de ce genre qui lui apparaît trop « plat », superficiel, burlesque mais en même temps peu vivant, pour fonder en 1946 un studio du film de marionnettes.

     

    Il tourne alors, avec des acteurs en bois, ses chefs-d’œuvre, inspirés souvent des contes, mythes et coutumes populaires de son pays, comme 

    « L’Année tchèque », « Le Prince Bayaya », « Les Vieilles légendes tchèques »

    ou encore « Le Brave soldat Chveïk ».

     

     

    Loutka Jiřího Trnky - Staré pověsti české

     

     

    Le plus grand succès de Trnka sera probablement le long-métrage 

     

    « Le Songe d’une nuit d’été », adapté de Shakespeare et

    présenté à Cannes en 1959.

     

     

    Pour être crédible et le plus proche possible des caractères humains, Jiri Trnka s’appuyait, en créant ses marionnettes, sur le jeu d’acteur.

     

    Il demandait par exemple à son ami comédien Ladislav Pešek de lui répéter des gestes et postures, qui étaient ensuite reproduits par les marionnettes. Michaela Mertová de la Cinémathèque nationale explique :

    'Le Songe d’une nuit d’été''Le Songe d’une nuit d’été'

    « Les marionnettes de Trnka ne sont toutefois pas une copie des êtres humains. Ce sont des masques qui représentent différents caractères.

     

    Voilà pourquoi ses marionnettes ne parlent pas, ne bougent pas les lèvres et font peu de gestes mimiques.

     

    Les émotions, les états d’âme des personnages, Trnka les exprimait par l’éclairage et la composition des prises de vue.

     

     

    S’il travaillait avec Ladislav Pešek et aussi avec le mime Ladislav Fialka, c’était justement au niveau de la pantomime. Ladislav Fialka a collaboré à son célèbre film ‘Ruka’ (La Main), ainsi qu’au ‘Songe d’une nuit d’été’.

     

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    Pour ce film-là, Fialka a créé toute une chorégraphie de ballet.

     

     

    Cela a été tellement crédible que dans un festival, un critique de cinéma a soupçonné Trnka d’avoir fait un faux film d’animation. Il était persuadé qu’il ne s’agissait pas de marionnettes, mais de danseurs filmés de loin. »

     

     

    Le collaborateur de Trnka et animateur Břetislav Pojar parle, lui aussi, dans ses souvenirs, de ces moments forts, typiques pour Trnka, de « scènes silencieuses » où, après un geste brusque, l’image se fige, les marionnettes restent un instant immobiles et juste les vibrations de la lumière, des cheveux ou d’un bout de vêtement font croire que celles-ci étaient vivantes. Michaela Mertová :

     

     

    'Le Prince Bayaya''Le Prince Bayaya'« Le style de Trnka est très lyrique et poétique. Même avec des moyens minimalistes, il savait transmettre au spectateur l’émotion, l’ambiance de l’instant présent, ce qui est typique pour l’illustration, où un seul dessin raconte toute une histoire et aussi pour le théâtre de marionnettes.

     

     

    Chaque spectateur peut trouver dans ses films des choses qui l’interpellent.

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    Là se trouve aussi un piège, car la plupart des Tchèques ont vu les films de Trnka en tant qu’enfants. Comme ces films sont rarement diffusés à la télévision ou projetés au cinéma, les gens restent dans cette optique-là. Quand ils revoient les films à l’âge adulte, ils constatent avec stupéfaction qu’il ne s’agit pas vraiment de films destinés au public enfantin.

     

    Trnka, lui-même, ne créait pas pour un groupe spécifique de spectateurs, il s’adressait à tout le monde.

     

    En revanche à l’étranger, c’est le plus souvent le public adulte qui a accès aux films de Trnka.

     

    Il est toujours surpris d’apprendre qu’en République tchèque, Trnka est perçu comme auteur de films et de dessins pour enfants. »

     

     

    'Les Vieilles Légendes tchèques''Les Vieilles Légendes tchèques'Pour voir les films de Jiří Trnka, qui ne sont pas disponibles en DVD, le public tchèque doit, hélas, faire appel aux sites de téléchargement (soyons clairs :

     

    souvent illégal) sur Internet.

     

     

    Ou alors, Michaela Mertová suggère aux amateurs du cinéma d’animation tchèque de se déplacer… au Japon, ou les films de Trnka et d’autres animateurs tchèques sont appréciés et distribués.

     

    Pareil pour une éventuelle restauration et la numérisation des films de Jiří Trnka – elles ne sont pas à l’ordre du jour, faute de moyens financiers.

     

    Quant au projet du Musée Trnka qui pourrait être installé dans sa maison sur l’île pragoise de Kampa, il est en discussion depuis plusieurs années...

    Pour Michaela Mertová, coorganisatrice de l’exposition Trnka présentée successivement dans les Centres tchèques à l’étranger, le 100e anniversaire de la naissance de l’artiste est surtout une opportunité de redécouvrir non seulement les films de Trnka, mais également ses peintures, dessins, illustrations, sculptures et objets d’art appliqué. Ce sera aussi l’objectif de la rétrospective Trnka qui devrait avoir lieu à l’automne à Prague et d’autres manifestations encore, par exemple d’un festival Trnka préparé pour décembre prochain par la communauté tchèque de Nancy.

    'Le Jardin''Le Jardin'

     

     

    En 1962, Jiří Trnka a sorti son fameux livre « Zahrada » (Le Jardin), bien connu de plusieurs générations de Tchèques, un récit poétique et humoristique pour petits et grands qu’il a non seulement illustré mais également écrit.

     

    Pour parler de Trnka illustrateur (et cinéaste, les deux domaines étant indissociables chez lui), nous avons invité au micro le cinéaste français Bertrand Schmitt :

     

     

    « Je me rappelle que quand j’étais enfant, chez mes parents, il y avait une série de livres de l’éditeur Gründ, des contes d’Andersen, de Perrault et de Grimm.

     

    C’est à travers ces contes que j’ai découvert Jiří Trnka et son travail d’illustrateur.

     

    J’avais été assez impressionné par la qualité, le côté très fin et précis du travail de Trnka, mais également par la variété de celui-ci. Entre les contes d’Andersen et de Perrault par exemple, il avait fait un travail très différent.

     

     

    Aujourd’hui, quand je pense à des contes d’Andersen notamment ou de Grimm, j’ai souvent l’image des illustrations de Trnka qui me reviennent à la mémoire.

     

    C’est bien plus tard que j’ai vu les films d’animation de Jiří Trnka, mais je n’ai pas tout de suite fait le lien, je n’avais pas forcément compris que l’animateur était également l’illustrateur.

     

     

    Quand j’ai compris, je me suis dit que c’était vraiment un personnage impressionnant, parce qu’il avait réussi à créer un univers riche en tant qu’illustrateur et un univers très fort en tant qu’animateur.

     

     

    Ensuite, et c’est une troisième étape par rapport à son travail, je me suis un peu détaché de l’œuvre de Trnka.

     

     

    Je trouvais, certes, son animation riche et précise, car il a réussi à introduire presque du film joué d’acteur dans l’animation, mais à un moment donné, j’ai trouvé cela trop parfait. Aujourd’hui, en revoyant les films de Trnka, de nouveau l’émerveillement revient. »

     

     

    Reconnaît-on Trnka – peintre et illustrateur dans ses films ?

    'Le Songe d’une nuit d’été''Le Songe d’une nuit d’été'

     

    « Oui, par exemple dans ‘Le Songe d’une nuit d’été’, il y a un véritable travail sur les décors. C’est une fresque.

     

     

    Certains plans sont composés comme serait composé un tableau.

     

    C’est peut-être la première chose qui frappe chez Trnka :

     

    le travail sur les détails, la lumière, les mouvements de caméra qui sont impressionnants pour des films d’animation (on a souvent l’impression que les films d’animation sont ‘plats’).

     

     

     

    Chez Trnka, il y a un mélange entre un travail cinématographique, presque le mouvement à l’intérieur de l’image, et en même temps, chaque image est composé comme une fresque. »

    'Le Jardin''Le Jardin'

     

     « Le Jardin », dont vous venez d’entendre un extrait interprété par l’acteur Karel Höger, est inspiré de plusieurs jardins que Trnka a connus et aimés dans sa vie. Evidemment, c’est un jardin assez particulier, sauvage, mystérieux, habité par un nain, une baleine, des éléphants et un chat malin. Un jardin découvert par cinq petits garçons qui y vivent plein d’aventures.

    Jiří Trnka avait cinq enfants nés de ses deux mariages. Entourés dès leur petite enfance du monde magique de leur père, de ses marionnettes, dessins, tableaux, meubles créés par lui-même, ils ont tous été, dans leur vie professionnelle, proches des arts plastiques. Jiří Trnka junior, devenu architecte,

     

    se souvient avoir vu son père sculpter des marionnettes 

    « comme s’il épluchait des pommes de terre ».

     

     

     

    Dans ses souvenirs, il raconte une histoire qui exprime, peut-être, cette sorte de nostalgie omniprésente dans l’œuvre de Trnka, une nostalgie de l’enfance :

     

    « Un beau jour ensoleillé, ma sœur et moi, nous avions envie de jouer avec les marionnettes dans le jardin de notre maison à Košíře.

     

    C’était un beau, grand jardin avec de vieilles arbres creux, où nous pouvions poser les marionnettes et imaginer ensuite des histoires.

     

     

    Je me souviens d’une de ces marionnettes, d’un mignon petit renard. Puisque le renard doit se cacher dans un trou, nous l’avons mis dans un creux d’arbre. Mais ce creux-là était profond, le renard est tombé trop bas et nous n’arrivions plus à le sortir.

     

     

    En pleurant, nous sommes allés chercher papa, pour qu’il vienne nous aider. Papa a pris conscience de la gravité de la situation.

     

    Il a aussitôt interrompu son travail est il s’est mis à chercher le renard avec nous.

     

    Or, nous ne savions plus de quel arbre s’agissait-il et encore moins de quel creux.

     

    Et voilà, le renard avait disparu.

     

     

    A chaque fois que ma sœur et moi, nous sommes revenus dans ce coin-là du jardin, même après des années, nous avons toujours regardé et tâtonné dans les creux, en espérant que le renard allait apparaître.

     

    Mais nous ne l’avons jamais retrouvé.

     

     

    Afficher l'image d'origine

     

     

    Papa nous a promis de nous en faire un autre, mais il n’a plus eu le temps.

     

    Alors quelque part à Košíře, dans un creux d’arbre se cache aujourd’hui encore un joli petit renard en peluche. 

     

     

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